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27 février 2014

Hélène

Vous ne changerez donc pas !

Fidèle parmi les fidèles à cette machinerie anachronique qui s’affuble encore, allez savoir pourquoi, d’un mot dont la plupart de ses mécanos ignore le sens.

Socialiste.

Vous soutenez l’Illimitable !

Non point comme le ferait une mère maquerelle.

Mais telle la militante que vous n’avez pas cessé d’être.

Ce qui n’a rien de déshonorant, Hélène.

Ce qui démontre toutefois que vous ne mesurez pas l’ampleur de la trahison perpétrée au plus haut niveau de l’Etat par ce Monarque qui fut un libéral affiché bien avant que d’accéder au trône.

Ce qui révèle votre exceptionnelle capacité à pardonner les affronts que vous eûtes à subir en ces années où vous vous émancipâtes de la tutelle de l’Imperator.

Toute cette clique aujourd’hui regroupée autour de l’évanescent leader dont le seul mérite consiste à entretenir la flamme dont vous ne fûtes vous, Hélène, et pour reprendre le mot du poète, que « l’aliment ».

C’est qu’il n’y a plus rien d’authentiquement socialiste dans cette famille-là.

Rien de rien.

Elle se compose d’une toute petite foule d’ignorants, de naïfs, de gentils.

Elle subit la férule des mercenaires, ces individus sans scrupule dévoués à la cause d’un homme.

Ceux-la même qui vous assassinèrent au lendemain du jour où votre fidélité aux Solférinistes vous entraîna à l’affrontement avec l’Imperator.

Des tueurs fous dont les cris de haine ne se sont pas effacés de ma mémoire.

Un crime politique, comme il s’en commet quasiment chaque jour.

Non point que le pouvoir rende fou comme d’aucuns le prétendent.

Non : le pouvoir ne se partage pas.

Le pouvoir est l’exclusive propriété d’un homme et de son clan.

Vous vous étiez immiscée, comme à l’insu de votre plein gré, dans ces espaces au sein desquels vous fûtes tout juste tolérée.

Poussée là par l’Imperator qui n’avait ni respect ni estime à votre égard.

Tout un juste pion avancé sur un damier où de toute évidence tout serait mis en œuvre pour vous empêcher d’atteindre au statut de reine.

Vous pardonnez.

C’est votre affaire.

Vous soutenez l’Ectoplasme qui n’est qu’un jouet dans les mains de Fifille ?

J’en suis peiné.

Je vous aurais préférée silencieuse.

Je vous avais imaginée jouant une dernière fois le seul rôle qui ait été à votre ressemblance, celui de « maire courage ».

Vous vous souvenez, Hélène, de ce livre sur lequel crachèrent tous les médiocres, tous les lâches, tous les inféodés à l’Imperator ?

Unanimes.

Vous accusant de sorcellerie.

Exigeant l’autodafé.

Je ne me renie pas, Hélène.

Mes mots d’hier restent mes mots d’aujourd’hui.

Vous fûtes une fort convenable « maire courage ».

Avec vos défauts, avec vos faiblesses.

Mais avec cette honnêteté, ce peu d’appétence pour le pouvoir qui vous caractérisèrent.

Avec une belle constance et de la générosité.

Ce qui transparaît dans votre dernière déclaration publique, ce lundi 17 février, jour où vous prononçâtes vos adieux devant l’assemblée communale.

En dépit de vos choix politiques souvent incohérents, je vous garde mon estime et mon respect, Hélène.

Vous qui avez rendu une vraie part d’humanité à l’exercice du pouvoir.

Je vous souhaite, bien fraternellement, de vivre une vieillesse heureuse.

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