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Comédies

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23 juillet 2026

Des figues, des bananes, des noix

Je devais avoir quatorze ans.

Un âge auquel pour rien au monde, chaque midi, je n’aurais manqué le feuilleton radiographique que diffusait une toute jeune radio commerciale intitulée d’un nom prometteur, EUROPE 1.

Signé Furax.

Deux auteurs : Pierre Dac et Francis Blanche.

Une chanson pour ouvrir ou clore l’épisode, ma mémoire défaille, bien que musique et texte me soient toujours familiers.

 

Des figues, des bananes, des noix
Des noix, des bananes, des figues (bis)

Tout le monde y pue
Y sent la charogne
Y a qu’Monique Barbut

Qui sent l'eau d'Cologne
Tout le monde y pue
Il fait mal au cœur
Y'a qu’Monique Barbut
Qu'a la bonne odeur

Chaviro
Rotantacha
Chamipataro
Rogrillapatacha (bis)

Des figues, des bananes, des noix
Des noix, des bananes, des figues (bis)


Une chanson que je continue à interpréter lors des rassemblements familiaux ou amicaux, au cours des nuits de mariages aussi bien que celles qui concluent les enterrements.

Ma mémoire, cette maudite mémoire qui défaille sans que je lui un donne l’autorisation, la restitue, j’en suis certain, sans trahir le texte original.

Je m’émerveille en constatant qu’avec septante et quelques années d’avance, Pierre Dac et Francis Blanche avaient anticipé sur l’irruption au sein de la famille des Politiques d’une certaine Simone Barbut, une héroïne contemporaine dont les Médiatouilleurs font aujourd’hui même leurs choux gras.

Mes yeux ne peuvent contenir un flot de larmes (amères).

Je génie de ces deux-là, Pierre et Francis, a nourri et nourrit encore tant et tant de mes dérives.

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13 juillet 2026

Ordures

Le néant.

Ou ce qui lui est assimilable.

Les caniculaisons qui se succèdent me transforment en ce qui prend les apparences de l’ectoplasme.

Une existence végétative entre phases d’un sommeil approximatif et brefs instants consacrés à la sustention.

Une sustentation a minima.

La quasi-incapacité d’écrire.

La lecture de quelques pages des livres que j’ai accumulés tout contre les oreillers sur lesquels s’écrivent les traces jaunâtres de mes intempestives transpirations.

Je moribonde.

Privé de toute certitude.

Quelques et rares incursions vers le cœur de la ville.

Incursions qui, de temps à autre, me révèlent les tares de cette société que je quitterai sans aucun regret.

Mercredi 8 juillet, par exemple.

Le thermomètre électroniquant de la pharmacie Rondelet, aux alentours de 13h30, indique 45° centigrades.

En lettres rouge sang.

A quelques pas de là, un Nicolliniste vide les poubelles dans lesquelles touristes et autochtones accumulent des résidus pour l’essentiel alimentaires.

En souffrance, le malheureux Nicolliniste, qui recherche les très rares zones d’ombre qu’offre parcimonieusement la « toiture » de la station de tram.

Cette toiture-là n’a pas été conçue pour protéger les badauds (qui sont également des voyageurs) des effets délétères des rayonnements du soleil.

Le Nicolliniste au maigre salaire se résigne à souffrir.

Ce qui me met en rage.

Non contre ce jeune homme armé de sa seule conscience professionnelle, mais contre ceux qui ne lui permettent pas d’échapper à la fournaise dont il sera tôt ou tard la victime.

Ses ignobles patrons, les fils de Loulou, dont le sous-produit de la Dépêche du Midi vient de me révéler qu’ils négociaient la vente de leur boutique à un groupe américain qui « fait » dans l’environnement et l’eau.

Le torche cul local, par contre, ne fait pas référence à une quelconque réaction du jeune et sémillant bourgmestre montpelliérain.

Alors que le ramassage des ordures relève du service public, les taxes afférentes étant collectées par les services de l’Etat.

Une manne dont la tribu Nicollin a su profiter pour ériger sa fortune.

Une manne dont je continue à affirmer que la Puissance Publique a le devoir de contrôler méticuleusement l’usage.

Ce qui supposerait, bien sûr, un retour du ramassage et du traitement des ordures ménagères dans le giron du service public.

Une affaire à suivre.

D’autant plus que l’homme qui détient le pouvoir dans la sous-préfecture occitane semble révéler d’inquiétantes fragilités dans la défense de ce service public.

Comme en témoigne sa propension à confier au privé la gestion des crèches.

 

Le fascisme ne serait-il qu’une éventualité liée aux prochaines échéances électorales ?

De toute évidence, non.

Comme en témoigne le vote récent par les députés des droites d’une loi accordant aux policiers la présomption d’innocence dès lors que ceux-ci feraient usage de leurs armes.

Depuis une bonne trentaine d’années, l’idéologie commune à ces droites-là imprègne une société française à laquelle les gauches s’avèrent incapables de faire barrage.

Le fascisme est déjà là.

Le fruit est mûr.

J’y reviendrai très vite.

(Du moins si les caniculaisons ne m’enlisent pas dans une torpeur fatale.)

 

5 juillet 2026

L'invivable

Caniculaison.

Encore que le terme ne soit peut-être plus approprié.

Une caniculaison établie sur une durée dont je ne parviens plus à établir le décompte du nombre des jours.

Une seule certitude : je vis en reclus.

Une brève sortie matutinale afin d’effectuer quelques emplettes alimentaires.

Puis le repli dans l’appartement où j’use parcimonieusement de la climatisation.

Du lit au lit, où je lis, l’esprit embrumé.

Le peu  de temps consacré aux activités culinaires.

A minima.

Des crudités pour l’essentiel.

Quelques produits du commerce, de ces produits qui se consomment sans qu’il soit nécessaire de leur imposer une cuisson.

Des fruits, melons, pêches, nectarines, abricots.

Déconnection d’avec le monde que l’on dit « réel ».

Celui où des gens qui ne l’avaient pas demandé meurent quasiment d’un coup d’un seul.

Combien sont-ils, celles et ceux que la puissance publique ne prend plus en compte ?

Ne point affoler, donc taire la réalité.

Quelques milliers de morts en plus ?

Les Pompes Funèbres y trouvent leur compte.

Je survis.

Combien de temps encore ?

Au fond de moi, je sens que la machinerie connaît des ratés qui ne lui sont pas familiers.

Les caniculaisons deviennent l’ordinaire.

En cette année 2026, le mois de juin, qui vient à peine de s’achever, n’aura offert aucune véritable trêve.

Le mois de juillet qui lui succède s’ouvre sur des bases identiques.

Du côté de Météo France, les Ingénieux Ingénieurs scrutent un ciel qui, de toute évidence, ne leur suggère rien de bon.

Ici, à Montpellier, les thermomètres indiquent des températures diurnes frôlant ou dépassant les 40°.

Les incendies succèdent aux incendies.

Hier, les confins de l’Aude et de l’Hérault, aujourd’hui les Pyrénées Orientales.

Que nous réserve le prochain épisode de Mistral ?

Voilà le monde que je vais laisser à mes petits-enfants.

Le monde de l’invivable.

J’appartiens à cette génération qui n’a voulu ni voir ni entendre.

J’appartiens à cette génération moutonnière qui, délaissant tout esprit critique, a accompagné le capitalisme dans son entreprise d’anéantissement.

Un aveuglement collectif qui conduit aujourd’hui encore tant de mes concitoyens et mes concitoyennes à se comporter comme si de rien n’était, qui continuent à vivre comme avant-hier lorsque nous feignîmes de croire que la prospérité nous était due.

La société des Humains, c’est une certitude, fonce  désormais à toute allure vers la catastrophe finale, celle qui aboutira à sa néantisation.

Une perspective que les générations qui me survivront n’auront évidemment pas rêvée.

3 juillet 2026

Sauramps Requiem

Au cours d’une messe basse, les juges ont fredonné ce matin quelques notes d’un Requiem annonçant aux rares bigotes rassemblées dans les travées du Temple le décès de ce qui fut un des hauts lieux de la culture à Montpellier.

Requiem æternam dona eis, Domine : et lux perpétua lucéat eis.

… Et que sur eux luise à jamais le repos éternel…

Eux ?

Les cinquante-quatre salariés, victimes collatérales de l’incurie de Celui qui s’était proclamé, voici quelques années de cela, le Sauveur Suprême.

Un gribouilleux en architecture, paraît-il.

Riche, mais pas au point de sacrifier sa fortune dans le sauvetage d’un monument de la culture locale qui, en cet an de grâce 2026, est censé fêter ses 80 ans.

Sauramps.

Une mise à mort attendue.

Il y a un peu plus d’un an de cela, j’avais libellé une chroniquouillette pour exprimer mon effarement au terme d’une visite dans les travées de la librairie dont je fus un fidèle client depuis mon installation à Montpellier, soit donc une bonne vingtaine d’années.

Se confronter au vide génère une angoisse que je ne puis supporter.

Il y a un peu plus d’un an de cela, face à cette peur du vide (en l’occurrence l’absence des ouvrages récemment publiés de deux Auteurs qui me sont chers), j’avais fredonné quelques notes de mon Requiem à moi puis pris la décision de m’affilier à une autre Librairie, certes plus modeste, mais s’évertuant, elle, à s’inventer un avenir.

Cet avenir qui chez Sauramps, et dans l’esprit du Sauveur Suprême, ne relevait déjà plus des préoccupations quotidiennes.

Voilà.

La messe est dite.

Le vieux Lecteur que je suis réveillera de temps à autre le souvenir de celles et ceux avec lesquel(le)s il évoquait ses lectures, réclamait de temps à autre une suggestion plus qu’un conseil.

Des femmes et des hommes aux indéniables compétences.

Dont le responsable des rayons « Littérature ».

Dont Marion.

Cinquante-quatre « employés ».

Qui déjà, dès aujourd’hui, ne sont plus rien que d’anonymes clients des agences Pôle Emploi.

Requiem.

Le Sauveur Suprême, lui, continuera peut-être à gribouiller, sans que jamais lui vienne l’idée d’esquisser le croquis d’un impossible rêve.

L’impossible rêve, en effet, ne relève pas du domaine des boutiquiers et des affairistes. 

 

 

25 juin 2026

Bagatelle

Foutre dieu !

Le fisc n’y va pas avec le dos de la cuillère !

Une bagatelle : 331 millions d’euros !

La somme rondelette que lui devrait Mohed Altrad.

Conséquence d’oublis involontaires dans des déclarations transmises aux services de Bercy.

Dont les Inspecteurs s’en prennent sournoisement (?) à cet Entrepreneur dont les activités florissantes en ont fait un des rares fleurons de la créativité franchouillarde.

Sans aucune considération pour l’âge vénérable qui est celui de Mohed Altrad.

Septante et huit ans, un cap que pour ma part j’ai franchi voilà six ans, ce qui m’autorise à témoigner sur les fluctuances de la mémoire chez un homme qui s’installe progressivement dans l’âge de vieillesse.

Oui, un homme infiniment respectable qui par deux fois se dressa contre Mickaël, l’héritier issu de la cuisse gauche de Georges (et toujours bourgmestre de Montpellier).

Un homme d’un courage et d’une combativité remarquables qui s’engagea dans l’exaltant combat politique dont l’objectif était de tenter de sauver ce qui pouvait l’être encore dans une ville soumise aux errances d’un Potentat prétendument socialiste.

Cet homme-là que les Electrices et les Electeurs du cru n’ont pas récompensé à la hauteur de ses immenses mérites.

Mais qui connut l’indicible bonheur de s’associer avec une Insoumise virevoltante dans une coproduction politicienne dont je me plais encore à revoir quelques épisodes.

Mais qu’importe, après tout, puisqu’il fit acte de présence lors de ces joutes dans lesquelles nul n’a le moindre euro à gagner.  

D’autant que les euros qu’il a amassés tout au long d’une carrière consacrée au labeur, il les a investis dans un sport dont je suis un spectateur assidu, le rugby.

Un investissement à perte, j’en suis certain.

Entretenir, au bon sens du terme, une quarantaine de solides gaillards chargés de porter bien  haut les couleurs de la capitale languedocienne non seulement aux quatre coins (???) de l’hexagone mais aussi jusque dans les provinces les plus reculées du pays des Grands Bretons !

Des aléas, sans aucun doute.

Des défaites au goût amer.

Mais aussi les instants fastueux d’une gloire bien sûr éphémère, celle qui rejaillit tout de même sur l’ensemble de la cité (y compris jusqu’au dernier étage de l’Hôtel de ville que fit ériger Georges ?).

L’amitié désintéressée de Nanard, un fin connaisseur de Jeu à 15.

Une année faste qui, peut-être, s’achèvera ce samedi 27 juin, dans l’apothéose dont les répercussions fédéreront toutes les énergies régionales : vaincre l’Ogre toulousain, au Stade de France, lors de la finale du championnat de France.
Recevoir des mains de l’Enarchiant ce bouclier de Brennus qui sanctionnerait une saison conduite de main de maître grâce à la perspicacité de Nanard.

Un moment d’exception d’ores et déjà gâché par quelques fonctionnaires tâtillons et mesquins.

En raison d’une bagatelle qui n’a rien de célinienne.

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24 juin 2026

A bas la calotte!

Caniculaison.

Moins virulente cependant en la bonne ville de Montpellier qu’à Charleville où je naquis longtemps après qu’Arthur eût mit cul par-dessus tête une bourgeoisie dont la vulgarité inspire celle qui, de nos jours, prétend toujours incarner le beau et le bien.

L’Assemblée Nationale a voté en faveur de l’autonomie de la Corse.

Affaire à suivre, puisque les gâtouilleux qui somnolent dans les travées de l’EHPAD le plus chic de France voteront, c’est une certitude, contre cette autonomie.

(A moins que la caniculaison ne vienne prématurément à bout de tous ces vieillards ayant déjà outrepassé le stade de la finitude…)

Quitte à réveiller la goutte qui me fit tant souffrir (du pied gauche !) voilà deux semaines de cela, je m’en vais décapsuler une bouteille de Pietra et savourer cette bière à la châtaigne que mon ami Eugène me fit découvrir en des temps qui s’effacent de ma mémoire.

Caniculaison rime avec somnolaison.

La vieille chose que je suis désormais n’accomplit que le stricte nécessaire à sa survie.

Ce qui est déjà beaucoup trop.

La lecture du Quotidien de référence m’est une redoutable épreuve.

J’ai tout de même appris qu’au pays du Béarniais, sur ces terres qui virent naître celui qui devint Henri le quatrième, une commission d’enquête a évalué le nombre de personnes ayant eu à subir, dans l’enceinte d’une officine à scolarisables, les violences, physiques et sexuelles, perpétrées par le personnel éducatif, avant que quelques voix ne s’élèvent et ne contraignent en raison de leur insistance, les autorités à jeter un œil pudique sur de scandaleuses pratiques.

(Deux gorgées de Pietra et mon gosier se réjouit !)

En gros et pour solde de tout compte : 1500 victimes de ces pratiques.

Au bas mot.

Effarant, non ?

Des tortionnaires, des salauds protégés par tout ce que la France compte d’institutions respectables.

Dont, bien sûr, la très sainte et si vertueuse Eglise Cathodique.

Et ses Serviteurs.

Parmi lesquels ledit Béarniais qui confia à cette engeance sa nombreuse et innocente marmaille.

Quand donc l’Etat auquel je paie l’impôt va-t-il cesser de financer ce enseignement qui se dit « privé » ?

Quand donc cet impôt servira-t-il au seul bon fonctionnement de la seule Ecole de la République, laïque, gratuite et obligatoire, celle-là ?

Quand donc seront jugés tous les tortionnaires et les salauds ?

La commission préconise le versement de réparations financières aux victimes.

Un moindre mal pour toutes ces vies gâchées par ces prélats obséquieux, larbins d’une machinerie totalitaire dont les Maîtres ont le cul cousu d’or.

Mais qui ne suffira pas à apaiser les souffrances.

Pas plus que l’embastillement des prélats visqueux qui prirent possession des corps innocents d’enfants.

Fermer définitivement la boutique.

Interdire aux Vaticancaneurs d’ouvrir une boutique de substitution.

Les priver, pour les mille années à venir, des subsides de l’Etat.

J’en passe, et des meilleures !

(Deux nouvelles gorgées de Pietra…)

 

A Voce Rivolta !

 

22 juin 2026

Erri De Luca

Une grande, une profonde tristesse.

Lorsque j’ai découvert les propos tenus à Jérusalem par l’un de mes écrivains de référence, Erri De Luca.

Erri De Luca, omniprésent sur les rayonnages de ma bibliothèque, les rayonnages les plus proches du lit où je passe l’essentiel des heures quotidiennes que je consacre à la lecture.

Une bonne trentaine d’années d’une proximité sans faille.

Et voici que des mots, brutaux, cruels, comme définitifs, s’en viennent me lacérer.

Oui, une grande, une profonde tristesse.

Conséquence de cette découverte à laquelle je n’étais pas préparé.

« Ce qui s’est passé à Gaza, c’est une guerre brutale et moderne, où le nombre de victimes civiles est énorme et effroyable… C’est la conséquence inévitable du fait de combattre un ennemi qui se retranche parmi ses propres civils. C’est terrible, mais ce n’est pas un génocide. »

Foutre dieu, une « guerre moderne » !

Que vient donc faire la modernité là-dedans ?

Trouve-t-elle ses origines dans cette phrase que l’on prête à Arnaud Armory, le chef des croisés venus, en 1209, régler leurs comptes aux Cathares biterrois, « Massacrez-les, car le Seigneur connaît les siens. » ?

N’y aurait-il donc rien de délibéré dans les massacres perpétrés à Gaza par une soldatesque dont les reflets qu’elle a laissé entrevoir renvoient indubitablement vers d’autres massacres ?

Les monceaux de cadavres de femmes et d’enfants ne seraient-ils donc si peu de choses que l’Histoire qui s’écrira n’en retiendra que le côté « accidentel », quasiment involontaire, dont les responsabilités se partageraient entre l’un et l’autre camp ?

Les mots dont Erri De Luca a fait usage me semblent relever d’une traduction idéologique conforme à ce qu’exigent ceux que je considère appartenir au camp des génocidaires.

D’autant plus irrecevables, ces mots, que le Romancier italien se déclare « sioniste », apportant ainsi une caution que j’estime désolante, à ceux des Israéliens qui ont entrepris de s’approprier la Cisjordanie, avec le soutien de leurs gouvernants.

Erri De Luca apporte ainsi un soutien clair et sans nuance au colonialisme israélien et à ses pratiques barbares.

Son mutisme sur les droits du peuple palestinien est-il le révélateur de choix idéologiques et politiques ?

Je l’ignore.

Je n’ai qu’une certitude : je vais m’éloigner d’Erri De Luca et de sa littérature.

 

22 juin 2026

Immondes charognards

Une pleine page de pub dans le Quotidien de référence (vendredi 19 juin).

(Une page qui a dû coûter fort cher à son commanditaire…)

Deux photos.

Côté droit, un cliché quadricomique et contemporain.

Une jeune femme et un jeune homme, tout sourires, dans un coin de campagne.

Un cliché insipide, d’une affligeante banalité.

Côté gauche, un cliché en noir et blanc, facile à dater en cette période de commémoration.

1936, le Front Populaire, les tout premiers congés payés.

Une jeune femme et un jeune homme, les yeux dans les yeux.

Ils s’aiment.

Le bonheur qui les réunit se lit dans leur attitude.

« 90 ans plus tard, la joie de partir en vacances est toujours la même. »

Les charognards n’ont aucun scrupule.

Ils s’approprient ce qu’au fond d’eux-mêmes ils ont toujours haï, les fruits de cette capacité de la classe ouvrière de faire sienne ce que leur refusait jusqu’à ce jour prodigieux du printemps 1936 leurs patrons, le droit de s’évader hors les murs des usines, des ateliers, des bureaux.

Les capitalistes d’aujourd’hui n’ont aucun scrupule.

Depuis belle lurette, ils ont compris que ces congés payés, obtenus par la classe ouvrière au prix de longues luttes, étaient sources de profits.

Ils ont inventé une nouvelle industrie, source de faramineux profits, celle du tourisme.

Aujourd’hui, en juin 2026, ils s’arrogent le droit de tout acheter pour, du moins l’espèrent-ils, mieux vendre aux gogos, leurs « produits » frelatés.

« airbnb » a acheté le droit d’utiliser la photo de gauche, le noir et banc tout empreint d’authenticité et donc de vérité.

Détournée, cette magnifique et émouvante image, des intentions premières de son auteur, Roger-Violet, lequel ne revendiqua rien d’autre durant l’été 1936, que le pouvoir de témoigner sur ce bonheur insensé que vécurent alors celles et ceux qui s’initièrent aux plaisirs de la découverte d’un ailleurs auquel elles et ils avaient si longtemps rêvé.

Au crétin qui osa la rédaction de la phrase citée ci-dessus, je déclare sans vergogne que la joie de partir, en 1936, fut d’une nature que ce morveux (ou cette morveuse ?) est incapable de concevoir.

Quelques chose de subliminal, étranger aux médiocres et triviales opérations commerciales que propose « airbnb ».

17 juin 2026

Les Immondes

Écoute-moi

Pauvre monde, insupportable monde

C'en est trop, tu es tombé trop bas

Tu es trop gris, tu es trop laid

Abominable monde…

Ils ont massacré.

Combien d’enfants ?

Combien de femmes ?

Combien d’innocents ?

Les Immondes.

Et leurs Collatéraux.

Les muets du sérail.

Deux mois de guerre.

Et ceux qu’ils prétendaient anéantir au nom de leur démocratie, cette démocratie dont il faut bien reconnaître qu’elle n’est qu’un leurre, ceux-là sortent renforcés de ces deux mois de guerre.

Oui, les Immondes.

Réunis à Evian, où ils font ripaille.

Les Immondes qui sont en quelque sorte les Führer des sept pays soi-disant les plus riches du monde.

Ils ont convié le Clown ukrainien.

Leur faire-valoir.

Leur redevable.

Ça se goinfre sur le dos des pauvres des pays riches.

Comme de coutume.

Ça flatte l’Ignoble salaud américain.

A qui il manque son alter ego israélien.

Une absence qui ne le chagrine pas.

Quel pacte faustien ont-ils noué entre eux, les deux Monstres, les deux Tueurs Fous ?

Le monde occidental à la dérive, désormais expurgé de toute conscience morale.

La fin de l’Histoire de ce monde-là ?

Avec le fragile espoir que lui succédera un autre monde, soucieux de préserver le peu de l’Humanité qui aura survécu à l’autre monde ?

 

 

 

 

 

13 juin 2026

Archevêque

Le Quotidien de référence vient de publier une série de trois articles tous signés Florence Beaugé et rassemblés sous le titre « En Algérie, les plaies de la colonisation », un titre accompagné de cette précision « Les mémoires blessées de la guerre d’indépendance ».

Si effectivement les deux premiers volets font longuement état des mémoires blessées, celles, hommes et femmes, des torturés par la soldatesque commandée par des Engalonnés que la Raie Publique en leur conférant une pléthore de médailles, le troisième volet prend, lui, une autre tournure.

S’il y est effectivement fait appel aux souvenirs de Louisette Ighilahriz, jeune femme alors âgée de 19 ans et violée plusieurs fois dans l’enceinte du poste de commandement qu’occupait Jacques Massu, héros parmi les héros des guerres  que la France à peine délivrée du pétainisme mena en Indochine puis en Algérie (sans oublier Madagascar), il est pour le moins surprenant que l’essentiel d’un article censé informer sur le comportement criminel de « nos » héros soit largement ouvert aux réflexions et suggestions de l’archevêque d’Alger, un certain Paul Vesco.

Non que les propos de ce dernier soient dénués d’intérêt.

Né en 1962, soit donc l’année de la fin de la guerre, il appartient à une génération qui ne connait de cette guerre que les récits des historiens et les témoignages de celles et ceux qui en furent (souvent à l’insu de leur plein gré côté français) les acteurs.

Ce qui me gêne et m’irrite dans son propos, c’est la propension à dédouaner sa boutique de la part importante qu’elle prit dans les aventures coloniales de l’Etat français.

L’indissoluble union du sabre et du goupillon, les missionnaires mandatés par l’église catholique accompagnant la soldatesque lors de chacune des conquêtes, avec l’obligation de convertir les autochtones, fusse en usant de méthodes coercitives guère différentes de celles que les paras de Massu mirent en œuvre en Algérie.

Sans doute y eut-il chez quelques exécutants au service du saint-siège des consciences qui refusèrent de s’accommoder de ces pratiques barbares.

(J’ai même le souvenir de la présence de quelques chrétiens dans les mouvements qui s’opposèrent à cette guerre et d’un hebdo, Témoignage Chrétien, que le notables aux commandes de la boutique interdisaient la diffusion à proximité des lieux de culte.)

Mais l’essentiel du mouvement conjoint des deux forces associées évoque des méthodes qui se généralisèrent sous l’égide de l’Allemagne nazie.

L’archevêque n’évoque strictement rien de ce moment de l’histoire de sa boutique.

La journaliste qui l’a interrogé ne s’est pas fait violence pour obtenir de lui ne serait-ce qu’un début de mea-culpa.

Ce qui est dommage. 

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