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Comédies

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1 septembre 2026

A droite toute!

Le paysage politique montpelliérain se clarifie.

Je sais désormais que je survis dans une ville dont le Bourgmestre ne cache plus ses affinités droitières.

Un revirement logique pour un pseudo socialiste qui n’eut pas besoin d’accomplir beaucoup d’efforts pour faire connaître aux habitants de sa commune son soutien à l’Histrion Heureux, candidat à la succession de l’Enarchiant lors de la Farce qui tiendra la France en haleine jusqu’en mai 2027.

Issu je le rappelle de la cuisse droite de l’Imperator, le Bourgmestre s’affiche selon les vieux et anachroniques critères du mollétisme auquel j’eus à me confronter voilà bientôt trois-quarts de siècle.

L’ancien Hamoniste, à l’instar de sa tutrice toulousaine, feint subitement d’avoir découvert les immenses et exceptionnelles vertus de l’Histrion Heureux.

Lequel n’est cependant qu’une sorte d’étron glaireux, semblable à tous ceux que les élites politiques défèquent depuis des lustres.

Le spectacle que mettent en scène ces élites sera, je n’en doute pas, un des ultimes révélateurs de l’agonie de la 5° République et le facteur majeur d’une crise qui conduira la France à s’offrir aux forces fascistes.

Soit.

Montpellier s’est dotée, à l’insu de son plein gré, d’un Bourgmestre de droite.

Celles et ceux qui l’ont accompagné lors d’une campagne durant laquelle le modeste professeur d’histoire/géographie entretint le mythe de son appartenance à la gauche, celles-ci et ceux-là devraient s’interroger sur un compagnonnage qui relève désormais de l’escroquerie.

 

 

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25 août 2026

Tornade

Lundi 24 août.

Pour un bel orage, ce fut effectivement un superbe orage.

Un avis que ne partagent évidemment pas les habitants de Pomas, une bourgade audoise, qui eurent à subir les effets dévastateurs d’une impressionnante tornade.

Mais à Montpellier, le ciel daigna se montrer plus clément.

Quoique, aux environs de 19 heures, après que de lourdes nuées se fussent installées au-dessus de la sous-préfecture occitendue, les éléments se déchaînèrent.

Une trentaine de minutes durant lesquelles des trombes d’eau effacèrent le paysage auquel je suis d’ordinaire habitué.

Un paysage urbain, mais un paysage tout de même, avec, au nord, le Pic Saint-Loup comme ultime repère par-dessus quelques immeubles et une forêt de grues qui m’indiquent qu’à Montpellier, les bâtisseurs ont toujours un bel avenir devant eux.

L’orage…

L’apothéose intervient à 19h25, lorsque l’éclair et le coup de tonnerre, dans une simultanéité stupéfiante, ébranlèrent les murs de l’immeuble où je réside.

S’en suivit une lente et progressive accalmie au terme de laquelle – du moins je le suppose – les indigènes furent autorisés à reprendre le cours d’une vie dite normale.

Alors qu’allongé sur mon lit, je m’enthousiasmais à la lecture du plus récent des romans de dame Joffrine Donnadieu.

Alors que cinq étages plus bas, la terre absorbait à la va comme je te pousse les effarantes quantités d’eau que l’orage lui avait concédées au terme de trois mois d’une sécheresse quasiment saharienne.

Sinon ?

Il paraît que le Gugus Heureux…

Oui, bon, je continue à réfléchir.

Non sur le Cas du Gugus Heureux, mais sur cette élection, la présidentielle, dont je continue à penser qu’elle est l’instrument de l’anéantissement de la démocratie.

 

22 août 2026

Antiguerre

Le vertueux Quotidien de référence, englué à l’insu de son plein gré dans de nobles missions d’enlisement de ses lecteurs (voir même de ses lectrices ?) en quête d’une vérité à géométrie variable mais conforme aux canons que suggère l’idéologie dominante.

Un certain BQ, depuis Moscou, nous apprend que se durcit « la répression du Kremlin contre les voix antiguerre ».

Naïf, ce gentil garçon.

Qui paraît ignorer que toute nation engagée dans une guerre de longue durée agit de même manière.

L’octogénaire que je suis se souvient de ses vertes années, celles d’une guerre que nos Mollet, Mitterrand et consorts s’interdisaient de définir comme telle.

La glorieuse guerre d’Algérie, au cours de laquelle nos pioupious, encouragés, exaltés par un certain Massu, Engalonné de son état, se livrèrent sur « leurs » prisonniers algériens à des actes de torture, (souvent assortis de corvées de bois) inspirés des méthodes élaborées de 1940 à 1945 par les amis teutons d’un certain Louis-Ferdinand Céline.

La censure « démocratique » s’en donna à cœur joie et la Justice s’en prit à celles et ceux qui dénoncèrent en ces années-là les tortionnaires et leurs commanditaires.

Il n’est aucun pouvoir lancé dans des guerres qui n’ait fait taire les voix opposées à ces tueries « légales ».

Au Kremlin comme à l’Elysée.

Remarquons d’ailleurs que nos Engalonnés bénéficient d’une protection singulière que résume la formule dont usent l’Enarchiant et ses sbires : le « secret défense », secret éminemment démocratique qui leur permet de façon totalement discrétionnaire de préférer nous doter de Rafales que de Canadairs.

 

Quant à Mélenchon ?

La canicule ne caniculant plus, je tenterai d’y voir un peu plus clair au cours des prochains jours.

Et donc d’affiner ma réflexion sur cette candidature qui contrarie mes aspirations à une sortie franche et définitive du système instauré par certain Général, génial concepteur de « sa » Cinquième République.

16 août 2026

Saint Roch

Le hasard…

Une rencontre fortuite…

Le site de la Métropole sur laquelle règne un Intransigeant Laïciste, le Bourgmestre de Montpellier, membre de surcroit de la secte socialiste.

Quelques pages quadricomiques sur la commémoration de Saint Roch.

Commémoration qui est, normalement, l’affaire exclusive des Ensoutanés.

Mais que l’Intransigeant Laïciste présente comme relevant du bien commun.

A-t-il cherché dans les ossements dudit Saint Roch le peu de substantifique moelle ayant éventuellement survécu aux six siècles et demi (environ) nous séparant de la mort du Héros des Vaticancaneurs de l’année caniculaire que je subis depuis bientôt trois mois ?

S’est-il extasié au spectacle de la bénédiction par un Postillonneur d’eau bénite des toutous des bourgeoises du cru ?

(Je greffe ici cette interrogation, ma mémoire me restituant les images elles aussi quadricomiques publiées voici un ou deux ans dans l’avatar de la Dépêche du Midi et relatant une manifestation de ce genre ?)

Ne manquerait éventuellement à ce tableau iconique qu’une assomptionnaison du vibrionnant Bourgmestre.

Ou bien encore celui d’une éclipsaison ?

Une fantaisie lunaire qui émervouilla des millions des compatriotes ce récent vendredi, à l’heure du crépuscule.

31 juillet 2026

Répudier

Ils sont partis.

Sans doute au cours de cette journée qui s’essaya à m’offrir le spectacle de l’orage.

Rien de de démentiel, cependant.

Quelques frémissements.

Deux ou trois gouttes de pluie.

Une certitude cependant : ils sont partis.

Les martinets.

La compagnie d’à peine plus de dix unités qui durant trois mois (environ) chassa dans le ciel les insectes qui s’essaient encore à fréquenter le pays languedocien.

Un long, un très long voyage vers l’Afrique, où ils trouveront, je le leur souhaite, des conditions d’existence plus favorables que celles qui leur furent imposées dans la contrée où je survis.

L’Afrique « orientale » me précise Wikipédia, là où ils se reproduiront.

J’émets aujourd’hui l’hypothèse que leur départ ne relève peut-être pas d’un quelconque instinct naturel leur dictant le calendrier de leurs migrations.

Tout au long de ces derniers jours, le ciel se nimba de voiles bleuâtres porteuses d’odeurs faciles à identifier, celles que génèrent les incendies qui ravagent l’Aquitaine.

A l’altitude où d’ordinaire volent les martinets, ces effluves oppressantes les ont – du moins je l’imagine ainsi – incités à anticiper leur départ.

Un monde qui d’un coup d’un seul n’était plus le leur.

Un monde qu’ils ont fui plus qu’ils ne l’ont quitté.

Effarés, pourquoi pas, par les propos ineptes que l’Enarchiant s’en vint prononcer à Bordeaux ?

Ce récent lundi, jour des tentatives avortées sur les provinces languedociennes de manifestations orageuses.

Des remerciements à l’égard de celles et ceux contre lesquels il avait lancé ses chiens de garde voilà quatre ans de cela (si je ne me trompe pas) au motif qu’elles et ils avaient eu l’outrecuidance de manifester pour réclamer les moyens de mener à bien leurs missions de service public.

L’Enarchiant n’a jamais dérogé à ses grands principes, ceux que lui dictent les vrais Maîtres du monde.

L’Enarchiant en bientôt dix années de règne s’est acharné à détruire ce que bâtirent mes ancêtres, nos ancêtres, des temps du Front Populaire à ceux du Conseil National de la Résistance.

Une œuvre amorcée d’anéantissement amorcée par ses prédécesseurs, de Gichecard Déchetain jusqu’à Hollande, l’ignoble traître qui introduisit le loup dans la bergerie.

Une œuvre que l’Enarchiant a quasiment mené à son terme.

Les incendies de ces dernières semaines illustrent dramatiquement les effets délétères d’une politique concertée visant à en finir avec l’Etat et ses missions de protection des citoyens.

La France brûle, ce qui ne relève pas d’une quelconque fatalité.

La France brûle, parce que les services de l’Etat sont privés des moyens de lutte contre les incendies.

La France brûle, parce que le Marché est censé seul régler les problèmes de cette lutte.

Je survis dans un pays dont les prétendues élites prêchent la foi en ce Marché qui porte un nom dont presque personne ne fait plus usage, le Capitalisme.

L’Enarchiant – le gamin hurlant voilà dix ans de cela ses infantiles sermons censés enthousiasmer les foules – n’est que l’exécutant.

Un exécutant obstiné, qui méprise le Peuple, de la même façon que le faisaient les Monarques de l’Ancien Régime.

A Bordeaux, ce récent lundi, il a eu le culot (d’une obscénité révulsante) d’en appeler à l’unité de la Nation dans le combat contre ces incendies.

Un Peuple qu’il n’a eu de cesse d’humilier au cours de ses dix années de règne.

Contre lequel il a en permanence lancé ses chiens de garde dès que celui-ci tentait de faire entendre sa colère.

Qu’il a traité en ennemi, tant il est vrai qu’à ses yeux il n’est de vrais Français que parmi la caste des Fortunés.

Que ce Peuple, s’il lui reste un peu de sa capacité à s’indigner, a le devoir de répudier avant que ne survienne la catastrophe finale.

 

 

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23 juillet 2026

Des figues, des bananes, des noix

Je devais avoir quatorze ans.

Un âge auquel pour rien au monde, chaque midi, je n’aurais manqué le feuilleton radiographique que diffusait une toute jeune radio commerciale intitulée d’un nom prometteur, EUROPE 1.

Signé Furax.

Deux auteurs : Pierre Dac et Francis Blanche.

Une chanson pour ouvrir ou clore l’épisode, ma mémoire défaille, bien que musique et texte me soient toujours familiers.

 

Des figues, des bananes, des noix
Des noix, des bananes, des figues (bis)

Tout le monde y pue
Y sent la charogne
Y a qu’Monique Barbut

Qui sent l'eau d'Cologne
Tout le monde y pue
Il fait mal au cœur
Y'a qu’Monique Barbut
Qu'a la bonne odeur

Chaviro
Rotantacha
Chamipataro
Rogrillapatacha (bis)

Des figues, des bananes, des noix
Des noix, des bananes, des figues (bis)


Une chanson que je continue à interpréter lors des rassemblements familiaux ou amicaux, au cours des nuits de mariages aussi bien que celles qui concluent les enterrements.

Ma mémoire, cette maudite mémoire qui défaille sans que je lui un donne l’autorisation, la restitue, j’en suis certain, sans trahir le texte original.

Je m’émerveille en constatant qu’avec septante et quelques années d’avance, Pierre Dac et Francis Blanche avaient anticipé sur l’irruption au sein de la famille des Politiques d’une certaine Simone Barbut, une héroïne contemporaine dont les Médiatouilleurs font aujourd’hui même leurs choux gras.

Mes yeux ne peuvent contenir un flot de larmes (amères).

Je génie de ces deux-là, Pierre et Francis, a nourri et nourrit encore tant et tant de mes dérives.

13 juillet 2026

Ordures

Le néant.

Ou ce qui lui est assimilable.

Les caniculaisons qui se succèdent me transforment en ce qui prend les apparences de l’ectoplasme.

Une existence végétative entre phases d’un sommeil approximatif et brefs instants consacrés à la sustention.

Une sustentation a minima.

La quasi-incapacité d’écrire.

La lecture de quelques pages des livres que j’ai accumulés tout contre les oreillers sur lesquels s’écrivent les traces jaunâtres de mes intempestives transpirations.

Je moribonde.

Privé de toute certitude.

Quelques et rares incursions vers le cœur de la ville.

Incursions qui, de temps à autre, me révèlent les tares de cette société que je quitterai sans aucun regret.

Mercredi 8 juillet, par exemple.

Le thermomètre électroniquant de la pharmacie Rondelet, aux alentours de 13h30, indique 45° centigrades.

En lettres rouge sang.

A quelques pas de là, un Nicolliniste vide les poubelles dans lesquelles touristes et autochtones accumulent des résidus pour l’essentiel alimentaires.

En souffrance, le malheureux Nicolliniste, qui recherche les très rares zones d’ombre qu’offre parcimonieusement la « toiture » de la station de tram.

Cette toiture-là n’a pas été conçue pour protéger les badauds (qui sont également des voyageurs) des effets délétères des rayonnements du soleil.

Le Nicolliniste au maigre salaire se résigne à souffrir.

Ce qui me met en rage.

Non contre ce jeune homme armé de sa seule conscience professionnelle, mais contre ceux qui ne lui permettent pas d’échapper à la fournaise dont il sera tôt ou tard la victime.

Ses ignobles patrons, les fils de Loulou, dont le sous-produit de la Dépêche du Midi vient de me révéler qu’ils négociaient la vente de leur boutique à un groupe américain qui « fait » dans l’environnement et l’eau.

Le torche cul local, par contre, ne fait pas référence à une quelconque réaction du jeune et sémillant bourgmestre montpelliérain.

Alors que le ramassage des ordures relève du service public, les taxes afférentes étant collectées par les services de l’Etat.

Une manne dont la tribu Nicollin a su profiter pour ériger sa fortune.

Une manne dont je continue à affirmer que la Puissance Publique a le devoir de contrôler méticuleusement l’usage.

Ce qui supposerait, bien sûr, un retour du ramassage et du traitement des ordures ménagères dans le giron du service public.

Une affaire à suivre.

D’autant plus que l’homme qui détient le pouvoir dans la sous-préfecture occitane semble révéler d’inquiétantes fragilités dans la défense de ce service public.

Comme en témoigne sa propension à confier au privé la gestion des crèches.

 

Le fascisme ne serait-il qu’une éventualité liée aux prochaines échéances électorales ?

De toute évidence, non.

Comme en témoigne le vote récent par les députés des droites d’une loi accordant aux policiers la présomption d’innocence dès lors que ceux-ci feraient usage de leurs armes.

Depuis une bonne trentaine d’années, l’idéologie commune à ces droites-là imprègne une société française à laquelle les gauches s’avèrent incapables de faire barrage.

Le fascisme est déjà là.

Le fruit est mûr.

J’y reviendrai très vite.

(Du moins si les caniculaisons ne m’enlisent pas dans une torpeur fatale.)

 

5 juillet 2026

L'invivable

Caniculaison.

Encore que le terme ne soit peut-être plus approprié.

Une caniculaison établie sur une durée dont je ne parviens plus à établir le décompte du nombre des jours.

Une seule certitude : je vis en reclus.

Une brève sortie matutinale afin d’effectuer quelques emplettes alimentaires.

Puis le repli dans l’appartement où j’use parcimonieusement de la climatisation.

Du lit au lit, où je lis, l’esprit embrumé.

Le peu  de temps consacré aux activités culinaires.

A minima.

Des crudités pour l’essentiel.

Quelques produits du commerce, de ces produits qui se consomment sans qu’il soit nécessaire de leur imposer une cuisson.

Des fruits, melons, pêches, nectarines, abricots.

Déconnection d’avec le monde que l’on dit « réel ».

Celui où des gens qui ne l’avaient pas demandé meurent quasiment d’un coup d’un seul.

Combien sont-ils, celles et ceux que la puissance publique ne prend plus en compte ?

Ne point affoler, donc taire la réalité.

Quelques milliers de morts en plus ?

Les Pompes Funèbres y trouvent leur compte.

Je survis.

Combien de temps encore ?

Au fond de moi, je sens que la machinerie connaît des ratés qui ne lui sont pas familiers.

Les caniculaisons deviennent l’ordinaire.

En cette année 2026, le mois de juin, qui vient à peine de s’achever, n’aura offert aucune véritable trêve.

Le mois de juillet qui lui succède s’ouvre sur des bases identiques.

Du côté de Météo France, les Ingénieux Ingénieurs scrutent un ciel qui, de toute évidence, ne leur suggère rien de bon.

Ici, à Montpellier, les thermomètres indiquent des températures diurnes frôlant ou dépassant les 40°.

Les incendies succèdent aux incendies.

Hier, les confins de l’Aude et de l’Hérault, aujourd’hui les Pyrénées Orientales.

Que nous réserve le prochain épisode de Mistral ?

Voilà le monde que je vais laisser à mes petits-enfants.

Le monde de l’invivable.

J’appartiens à cette génération qui n’a voulu ni voir ni entendre.

J’appartiens à cette génération moutonnière qui, délaissant tout esprit critique, a accompagné le capitalisme dans son entreprise d’anéantissement.

Un aveuglement collectif qui conduit aujourd’hui encore tant de mes concitoyens et mes concitoyennes à se comporter comme si de rien n’était, qui continuent à vivre comme avant-hier lorsque nous feignîmes de croire que la prospérité nous était due.

La société des Humains, c’est une certitude, fonce  désormais à toute allure vers la catastrophe finale, celle qui aboutira à sa néantisation.

Une perspective que les générations qui me survivront n’auront évidemment pas rêvée.

3 juillet 2026

Sauramps Requiem

Au cours d’une messe basse, les juges ont fredonné ce matin quelques notes d’un Requiem annonçant aux rares bigotes rassemblées dans les travées du Temple le décès de ce qui fut un des hauts lieux de la culture à Montpellier.

Requiem æternam dona eis, Domine : et lux perpétua lucéat eis.

… Et que sur eux luise à jamais le repos éternel…

Eux ?

Les cinquante-quatre salariés, victimes collatérales de l’incurie de Celui qui s’était proclamé, voici quelques années de cela, le Sauveur Suprême.

Un gribouilleux en architecture, paraît-il.

Riche, mais pas au point de sacrifier sa fortune dans le sauvetage d’un monument de la culture locale qui, en cet an de grâce 2026, est censé fêter ses 80 ans.

Sauramps.

Une mise à mort attendue.

Il y a un peu plus d’un an de cela, j’avais libellé une chroniquouillette pour exprimer mon effarement au terme d’une visite dans les travées de la librairie dont je fus un fidèle client depuis mon installation à Montpellier, soit donc une bonne vingtaine d’années.

Se confronter au vide génère une angoisse que je ne puis supporter.

Il y a un peu plus d’un an de cela, face à cette peur du vide (en l’occurrence l’absence des ouvrages récemment publiés de deux Auteurs qui me sont chers), j’avais fredonné quelques notes de mon Requiem à moi puis pris la décision de m’affilier à une autre Librairie, certes plus modeste, mais s’évertuant, elle, à s’inventer un avenir.

Cet avenir qui chez Sauramps, et dans l’esprit du Sauveur Suprême, ne relevait déjà plus des préoccupations quotidiennes.

Voilà.

La messe est dite.

Le vieux Lecteur que je suis réveillera de temps à autre le souvenir de celles et ceux avec lesquel(le)s il évoquait ses lectures, réclamait de temps à autre une suggestion plus qu’un conseil.

Des femmes et des hommes aux indéniables compétences.

Dont le responsable des rayons « Littérature ».

Dont Marion.

Cinquante-quatre « employés ».

Qui déjà, dès aujourd’hui, ne sont plus rien que d’anonymes clients des agences Pôle Emploi.

Requiem.

Le Sauveur Suprême, lui, continuera peut-être à gribouiller, sans que jamais lui vienne l’idée d’esquisser le croquis d’un impossible rêve.

L’impossible rêve, en effet, ne relève pas du domaine des boutiquiers et des affairistes. 

 

 

25 juin 2026

Bagatelle

Foutre dieu !

Le fisc n’y va pas avec le dos de la cuillère !

Une bagatelle : 331 millions d’euros !

La somme rondelette que lui devrait Mohed Altrad.

Conséquence d’oublis involontaires dans des déclarations transmises aux services de Bercy.

Dont les Inspecteurs s’en prennent sournoisement (?) à cet Entrepreneur dont les activités florissantes en ont fait un des rares fleurons de la créativité franchouillarde.

Sans aucune considération pour l’âge vénérable qui est celui de Mohed Altrad.

Septante et huit ans, un cap que pour ma part j’ai franchi voilà six ans, ce qui m’autorise à témoigner sur les fluctuances de la mémoire chez un homme qui s’installe progressivement dans l’âge de vieillesse.

Oui, un homme infiniment respectable qui par deux fois se dressa contre Mickaël, l’héritier issu de la cuisse gauche de Georges (et toujours bourgmestre de Montpellier).

Un homme d’un courage et d’une combativité remarquables qui s’engagea dans l’exaltant combat politique dont l’objectif était de tenter de sauver ce qui pouvait l’être encore dans une ville soumise aux errances d’un Potentat prétendument socialiste.

Cet homme-là que les Electrices et les Electeurs du cru n’ont pas récompensé à la hauteur de ses immenses mérites.

Mais qui connut l’indicible bonheur de s’associer avec une Insoumise virevoltante dans une coproduction politicienne dont je me plais encore à revoir quelques épisodes.

Mais qu’importe, après tout, puisqu’il fit acte de présence lors de ces joutes dans lesquelles nul n’a le moindre euro à gagner.  

D’autant que les euros qu’il a amassés tout au long d’une carrière consacrée au labeur, il les a investis dans un sport dont je suis un spectateur assidu, le rugby.

Un investissement à perte, j’en suis certain.

Entretenir, au bon sens du terme, une quarantaine de solides gaillards chargés de porter bien  haut les couleurs de la capitale languedocienne non seulement aux quatre coins (???) de l’hexagone mais aussi jusque dans les provinces les plus reculées du pays des Grands Bretons !

Des aléas, sans aucun doute.

Des défaites au goût amer.

Mais aussi les instants fastueux d’une gloire bien sûr éphémère, celle qui rejaillit tout de même sur l’ensemble de la cité (y compris jusqu’au dernier étage de l’Hôtel de ville que fit ériger Georges ?).

L’amitié désintéressée de Nanard, un fin connaisseur de Jeu à 15.

Une année faste qui, peut-être, s’achèvera ce samedi 27 juin, dans l’apothéose dont les répercussions fédéreront toutes les énergies régionales : vaincre l’Ogre toulousain, au Stade de France, lors de la finale du championnat de France.
Recevoir des mains de l’Enarchiant ce bouclier de Brennus qui sanctionnerait une saison conduite de main de maître grâce à la perspicacité de Nanard.

Un moment d’exception d’ores et déjà gâché par quelques fonctionnaires tâtillons et mesquins.

En raison d’une bagatelle qui n’a rien de célinienne.

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