Soulages

 

Immobile.

Rigidifié.

Enclos entre des murs qui absorbent l’étouffante chaleur de l’été.

Châtré.

Privé de l’envie d’écrire.

A quoi bon hurler à l’intention des troupeaux de veaux qui n’entendent rien à rien.

Des troupeaux qui cheminent parmi les herbages factices où les parquent ceux qui confinent leur avenir dans le renoncement.

Emasculé.

Ballotté au cœur de l’une de ces dépressions qui obscurcissent le peu du ciel que j’avais pris l’habitude d’observer.

Ne me restent que les livres, la rencontre quotidienne avec les écrivains, ces gens dont la parole parvient encore à m’émouvoir.

Un monde qui ne cesse de s’ouvrir à moi.

Un monde peuplé de femmes et d’hommes en proie à des convulsions qui reflètent leurs souffrances.

Différents, mais si proches.

Tout autant qu’ils le sont des personnages des romans lus et relus en ce temps si – trop – lointains de mes vingt ans.

La boucle bouclée.

J’entends, j’écoute Brel.

« Mourir cela n'est rien
Mourir la belle affaire
Mais vieillir...
Ô vieillir »