Comédies

19 avril 2019

Exil 10

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Lundi 1 avril

 

Imminence du transfert du (Bas) Vivarais jusqu’à la Sous Préfecture délabrée de l’Occitanie (laquelle Occitanie n’est pas gouvernée par un familier de la marche à reculons mais par une solfériniste dont le sourire quadricomique provoque en moi, lorsqu’il me parvient sur du papier même pas glacé, d’indécentes turbulences consécutives aux manifestation d’un libido que j’avais cru forclose). Le traintrain. Etape obligatoire en Avignon. Et puis le sprint final dans les rues de cette Sous Préfecture qu’un Hercule des foires électorales s’apprête à transformer en dépotoir des petites choses particulièrement insignifiantes que des marchands véreux exposent sous le label de l’Art dit contemporain (sachant toutefois que dans l’esprit de ces gens là, le contemporain n’anticipe en rien sur l’avenir et qu’il se confine dans l’instant fugace destiné à un anéantissement quasiment immédiat). L’Hercule des foires électorales, issu des étronneries frêchouilleuses, imagine ainsi s’insinuer dans le monde hermétiquement clos des bienfaiteurs de la Culture au point de s’aveugler et de ne pas comprendre qu’il n’occupera, lorsqu’il sera rendu dans un proche avenir et pour le plus grand bien de celles et ceux qui sont actuellement ses administrés à la dentisterie, qu’il ne fut que le médiocre soutien des activités d’un quarteron de quincailliers.

Fi des ventouillaisons. Qui n’avaient point installé le désordre dans le chignon qu’un ravaudeur de tonsures installa sur le fronton d’une pâle copie de la grotte Chauvet. Nos très lointains ancêtres s’affichent de par la volonté d’inoffensifs cultureux sur du béton, réellement contemporain celui-là. L’art, l’authentique, reste enfoui dans les profondeurs de la vraie grotte. Là où il résistera au désastre climatique et survivra à la disparition de l’animal humain, lequel eut le grand tort de se soumettre au credo capitalistique.

 

Auraient-ils osé ? La photo quadricomique que publie le Daubé de ce jour me rend perplexe. Là-haut, sur le plateau des Glières, la neige semble avoir disparu du versant (que ne parviens pas à orienter) de la colline qui surplombe le monument commémoratif. Par contre, face à ce monument, là où cheminèrent de concert le Nouveau et l’Ancien, Emmanuel et Nicolas, l’enneigement est immaculé. D’une éblouissante blancheur. Comme si aux aurores du jour de leur visite un nuage providentiel avait déversé là des millions et des millions de flocons. Afin que le Monarque qui est le Monarque et celui qui ne l’est plus (mais que celui qui l’est a pris en affection), le temps d’une brève arpentaison, puissent ressentir des picotements présumé&s semblables à ceux qu’endurèrent en 1944 les vrais, les authentiques Résistants.

 

La voie larmoyante de la dame qui cause dans le micro énonce les mots de l’information. On meurt dans les mouroirs. Dans un mouroir voisin de la ville Toulouse. Cinq décès d’un coup d’un seul. La dame précise : un établissement pourtant géré par d’honorables et vertueux affairistes dont l’unique volonté vise, bien entendu, à faire le bonheur des vieilles personnes qu’ils accueillent. Est-il indécent d’imaginer qu’un tel « incident » serve d’exemple à celles et ceux qui s’essaient à trouver des solutions aux problèmes du monstrueux vieillissement de la population franchouillarde ?

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Exil 9

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Dimanche 31 mars

 

Causette vespérale. Agrémentée d’agapes. Avant même le passage de l’horaire d’hiver à celui de l’été. Lequel s’effectue selon des exigences bruxelloises affublées de prétextes plus farfelus les uns que les autres.

Foutriquet 1° découvre que les Illettrés sont tout de même dotés d’un langage. Ce qui paraît l’étonner, lui que les Banquouilleurs formatèrent afin qu’il confinât les gueux aux marges de la seule société qui vaille, celle des gens de bien qu’il avec un dévouement qui leur va droit au cœur. Il fut très certainement convaincu par l’un ou l’autre de ses Maîtres que la guerre d’extermination des rêves et des utopies archaïques ne durerait que le temps de quelques discours bien sentis, de quelques gesticulations enfin maîtrisées, Nicolas et François, avant qu’il ne fut intronisé ayant effectué avant lui l’essentiel du sale boulot. Or voici que les gueux et les troupeaux hétéroclites d’indociles forcent ses lignes de défense et l’obligent à inventer dans l’urgence une stratégie d’éventuel contournement. Céder au centre et renforcer les ailes, la droite tout autant que la gauche. Tenter une manœuvre d’encerclement. Tirer des rafales de missiles de courte portée. Lui, le commandant en chef assisté de sa Madelon. S’évertuer, une fois encore, à faire prendre par les gueux les vessies pour des lanternes. Mais l’issue de cette guerre (que l’on appelait autrefois « lutte des classes », est incertaine. Artilleurs et fantassins évoluant sous l’uniforme des Médéfieux ont perdu de leur superbe. Leur ardeur au combat s’étiole. Ne reste à l’entourage que Freluquet 1° que le pire du pire : solliciter la fachosphère qui fut et qui reste le sauveur du système honni par les gueux, celui qui vénère les prétendus bienfaits du Capitalisme.

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18 avril 2019

Exil 8

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Samedi 30 mars

 

Roger est mort. Là-bas. Au Village. Mort de solitude tout autant que de vieillesse, du moins je le suppose. Désormais réduit au néant et donc à l’oubli. Alors que Roger fut le détenteur d’un patronyme qui aurait pu (dû ?) lui conférer un peu de notoriété et donc de reconnaissance. Zevaco. Michel Zevaco que j’avais évoqué avec Roger lors de l’une de nos premières rencontres. Un écrivain. Une précision nécessaire puisqu’il n’est plus de mode de lire les œuvres de Michel Zevaco, pour s’enthousiasmer au récit des multiples aventures de Pardaillan et de Fausta (que le cinéma avait pourtant remis au goût du jour durant les années cinquante de l’autre siècle). Roger était un lointain descendant de Michel, celui-là même dont l’œuvre fut publiée vers la fin du 19° siècle. Un apparentement qu’il me révéla le jour où je lui avais confié que, jeune homme à peine sorti de l’adolescence, j’avais lu quasiment d’une traite les dix ou douze volumes intitulés globalement, me semble-t-il, « Les Pardaillan ». Michel, ajaccien de naissance et anarchiste par conviction !

Roger, lui, avait enseigné. Dans des lycées (ou dans des collèges ?) sis sur les Corses appellent le continent. Toulon ? Marseille ? Ma mémoire défaille. Puis Roger était venu vivre le temps de la retraite sur l'Île, la terre de ses ancêtres. Pourquoi le Village ? Pourquoi la Balagne ? Là encore et fort possiblement, les circonstances. Celles liées au montant d’une modeste retraite et au prix modéré de la location d’une petite maison nichée au cœur du Village.

Roger ne confiait que d’infimes parcelles sur ce qu’avait été sa vie avant sa migration vers l’Île. Mal voyant, il n’en effectuait pas moins, chaque matin de la longue saison estivale, l’arrosage des rosiers et des arbustes qui conféraient un peu couleur et donc de vie aux espaces publics. Roger râlait souvent. Roger pestait. Roger s’emportait. Roger écoutait des opéras. Je subodore qu’il avait eu autrefois des engagements ou, à tout le moins, des sympathies pour la gauche de la gauche. (Me revient en mémoire une violente diatribe qui le porta au comble de l’exaspération, diatribe qui dénonçait en ce pays de Balagne la giacobinisation des esprits !) Tant et si bien qu’au fil des ans, l’évocation des questions politiques se réduisit au stricte nécessaire lors des soirées apéritives qui, si souvent, se prolongeaient jusqu’à des heures indues.

Adieu Roger.

J’ai la certitude que toi non plus tu ne te revendiquais d’aucune éternité.

 

Puisque je pose virtuellement un pied en Balagne, je m’interdis de ne pas évoquer le prochain séjour de Foutriquet 1° en Corse. Le Bateleur pérorera et moquera un peuple indigne à ses yeux du fait de son manque de foi dans la grande et belle nation française dont il n’est le Monarque que par défaut. Comme si l’appartenance à cette entité-là était assimilable à la fin de l’Histoire, une fin qui interdirait pour l’éternité des temps à venir l’emprunt d’autres cheminements et l’invention d’autres devenirs collectifs. La suffisance et la morgue du Monarque démontrent que ce falot personnage installé en ses fonctions prétendument suprêmes par des troupeaux de veaux et de moutons n’a rien entendu ni compris de ce que laissa entendre Montesquieu : "Si je savais une chose utile à ma nation qui fût ruineuse à une autre, je ne la proposerais pas à mon prince, parce que je suis homme avant d'être français ou bien parce que je suis nécessairement homme et que je ne suis français que par hasard."

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17 avril 2019

Erectionneurs

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L’élégance des bourgeois revisitée par Brel ?

(Pas toi, Jacques, qui moqua les bourgeois, mais un manieur de grues convoqué par un sous-bâtisseur participant aux actions qui visent à défigurer et enlaidir Montpellier !)

En interdépendance avec la COGEDIM et en pleine harmonie avec les services métropolitains placés sous la férule de l’Hercule des foires électorales.

Donc un Empileur de dalles de béton, deux ou trois Subalternes et le Potentat qui grenouille parfois dans les bénitiers.

Engagés dans l’érection d’une « résidence » la tête au soleil mais le cul dans l’eau (boueuse telle que la restitue les Shadocks qui pompent jour et nuit, sans aucune valeur thermale, dommage pour les futurs occupants !)

Entre le demandeur de permis de construire, le généreux et peu regardant donateur de permis de construire, et les deux ou trois exécutants pressés par les Affairistes de la COGEDIM d’accélérer le tempo.

Rattraper le temps perdu !

Tous ces coglione ignoraient en effet qu’à quelques mètres de profondeur existait une jolie et guillerette nappe phréatique qu’ils salissent sans manifester la moindre émotion.

D’ailleurs, ces gens-là ne sont pas des émotifs !

Leur seule préoccupation : le fric.

Des obsédés de la chose.

Afin de gaver les actionnaires du Bâtisseur.

Que leur importe qu’un restaurateur ait été privé en raison de leur incurie de son outil de travail !

Que leur importe les câbles aériens arrachés !

Que leur importe les eaux boueuses transférées dans le collecteur des eaux usées !

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Du fric, du fric, du fric !

Accélérer !

Occuper le domaine public.

Avec quelle autorisation officielle ?

Une rue.

Sans que les riverains n’aient été avertis des désagréments qu’ils seraient contraints de subir.

Du fric, du fric, du fric !

Leur credo !

La bétonisation de Montpellier s’accomplit pour le seul profit des érectionnistes de cages à lapin.

La tête au soleil et le cul dans l’eau.

 

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16 avril 2019

Brasier

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Je confesse mes vices cachés.

Tenez, hier soir, vers vingt heures, quelques instants avant la désertion et le repli vers des espaces moins exposés à la vindicte publique, j’effectue une dernière virée parmi les sentiers qui conduisent vers d’infectes cabanes d’où se diffusent des tas et des tas d’informations, tant et tant que bien souvent les nausées me submergent.

Et là, dans cet instant qui d’ordinaire précède la désertion, non pas l’antépénultième nausée, la stupeur.

Notre (Leur) Dame de Paris est « la proie des flammes » (lambeau de phrase niché dans un encadré rouge sang, qui fait la une de l’insignifiant site lié aux Bayletteries ordinaires).

Je repousse de quelques minutes ma redécouverte de Bertolt Brecht (« La Vie de Galilée »).

Je feuillette.

Aucun doute : la vielle cathédrale dont Victor Hugo me fit découvrir tant de ses mystères, cette œuvre des hommes d’un autrefois dont le temps  l’érection dépasse l’entendement chez mes contemporains toujours si empressés de vivre l’achèvement.

Notre (Leur) Dame de Paris.

Visitée une première fois en ces années où j’atteignis à l’âge de raison.

Gamin donc.

Sous la tutelle éclairée de mon papa, Gabriel Blanchemanche, cheminot de son état (et qui de ce fait bénéficiait et faisait bénéficier à ses proches de si nombreux voyages gratuits fort utiles pour effectuer les translations entre Charleville et la ville capitale).

L’émerveillement du gamin.

Lequel garde toutefois un souvenir consternant de cette première visite : les remontrances aigrelettes à lui adressées par une grenouille de bénitier voilée alors que j’exprimais mon enfantine béatitude par une cavalcade dans l’une des travées du monument.

L’interdit brutal d’exprimer la joie.

(Une quinzaine d’années plus tard, Brel m’aida à me délivrer du complexe qu’avait généré en moi cette femelle acariâtre en déversant dans mes esgourdes une chanson qui me ravit, « Les Bigotes » !)

J’ai très probablement rendu visite à cette Œuvre des hommes en deux ou trois autres circonstances avant de quitter définitivement Paris.

Des amis allemands.

Peut-être l’amoureuse qui devint mon épousée.

Qui d’autre encore ?

Qu’importe.

Cette Œuvre des hommes m’a toujours impressionné.

Et voilà donc qu’en cette nuit du lundi 15 avril, elle fut « ravagée par les flammes » (je cite un titre médiatouillequement correct) .

Horriblement ravagée.

Le feu ne connaît pas ses limites.

 

Mais aujourd’hui, mardi 16 avril ?

Après l’incendie ?

Après l’incendie l’indécence.

Déjà.

Si vite.

L’indécence adossée à la vulgarité et à la putasserie.

Qui l’une et l’autre caractérisent les Puissants.

Voilà que des milliardaires qui fuient le pays auquel ils doivent leur richesse, les voilà qui s’empressent de libeller à je ne sais qui des chèques d’un montant pharamineux, ce qui permettra aux voyous qui règnent sur Bercy de les absoudre de leurs principaux péchés capitaux, l’orgueil et l’envie.

Voilà que Foutriquet 1° suggère aux braves gens de verser leur obole pour financer la reconstruction du Monument (reconstruction qu’il confiera à Bouygues ou à Vinci ?) et s’agite pour tirer un effet d’aubaine du brasier destructeur.

Voilà que les Vaticancaneurs convoquent tous les enfants de chœur disponibles pour quêter du côté des Idôlatres la menue monnaie nécessaire à l’entretien du clergé.

Voilà que les pires des canailles compatissent sans toutefois se repentir de la multitude de leurs méfaits.

La France des Puissants, c’est vrai.

Ce qui m’interdit de m’assimiler à elle.

Pas un centime ne sortira de mon escarcelle, en raison de cette honte qui gangrène mes vieux jours : l’argent de le reconstruction de Notre (Leur) Dame de Paris est à chercher, entre autres, du côté de ce qui avilit et salit la France, la vente d’armes à des Potentats qui, au Yémen et ailleurs, en font un usage enthousiaste pour exterminer des enfants.

 

Aux alentours de deux heures, ce matin, lors d’une phase d’insomnie plus longue que d’ordinaire, moi qui ne crois ni à Diable ni à Dieu, j’ai toutefois relu un court passage de la Bible. Dans « La Genèse ». La destruction de Sodome et Gomorrhe.  Je cite : « Yahvé fit pleuvoir sur Sodome et Gomorrhe du souffre et du feu venant de Yahvé. Puis il renversa ces villes et toute la plaine, avec tous les habitants des villes et la végétation du sol. »

Et si ? Si le Dieu des Vaticancaneurs existait ? Je récuse bien entendu cette hypothèse. Mais j’accepte tout de même de jouer le jeu. Si donc ce Dieu existe, omniscient, voyant tout, entendant tout, Il ne peut ignorer les turpitudes auxquelles s’abandonnent tant des vieux mâles qui gèrent sa boutique. Des siècles et des siècles de péchés capitaux commis par ceux auxquels il a confié les âmes innocentes qui ont accepté et acceptent encore de croire aux balivernes.

Et si, très colère, Dieu avait enfin décidé d’envoyer un signal fort au Pape, aux cardinaux et aux évêques ?

S’il avait travesti en ouvrier un des Anges qui l’entourent de leur respect et de leur affection ?

S’il avait ordonné à cet Ange/ouvrier de foutre le feu au Temple où pullulent tant de marchands indignes ?

Si la colère de Dieu s’abattait enfin sur les Vaticancaneurs et leurs adeptes ?

Hein ?

 

 

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