Comédies

12 avril 2021

Chichilianne

Un roi sans divertissement © Collection Gaumont copie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il a plu.

De généreuses ondées dominicales.

La terre s’est enivrée tant et tant qu’à la tombée du jour j’ai entendu ses hoquets assortis de vagissements comme en produisent les ivrognes au terme de leurs libations.

La terre ne m’ensevelira pas.

La terre s’insupporterait de ma charogne.

Bon, j’ai dit et redit, écrit et réécrit que j’exigeais de mourir dignement, paisiblement, selon des modalités établies par moi-même.

Quoi que décréteront les Godillotistes qui feignirent voilà quelques jours de débattre en leur palais bourbonnien de la question de la fin de vie.

Je m’interdis leur consentement.

Tout autant que je m’interdis celui des Vaticancaneurs, des Génuflexionnistes et de toutes les engeances déguisées en représentants patentés des Dieux qui se disputent le royaume des cieux.

Je suis à la ressemblance de Langlois.

Je déciderai du lieu et de l’heure.

Langlois.

Langlois qui se détermina pas trop loin de Chichilianne, un vingt octobre, après la toute première chute de neige.

Il y en avait une épaisseur de deux doigts à peine. C’était évidemment suffisant pour que tout le pays soit blanc, même beaucoup plus blanc que lorsqu’il en tombait un mètre…

Je vis loin de Chichilianne et les chutes de neige sont rares sur Montpellier.

Mais que m’importe : malgré mon grand âge, mon imagination ne s’est point tarie.

C’est vrai : je ne fume plus le cigare.

Mais là encore mon imagination s’inventera des débordements.

Langlois, lui, fumait un cigare, chaque soir, au fond du jardin qui n’était pas le sien.

(Langlois) remonta chez lui et il tint le coup jusqu’après la soupe. Il attendit que Saucisse ait pris son tricot et que Delphine ait posé ses mains sur ses genoux. Il ouvrit, comme d’habitude, la boîte de cigares, et il sortit pour fumer.

Seulement, ce soir-là, il ne fumait pas un cigare : il fumait une cartouche de dynamite. Ce que Delphine et Saucisse regardèrent comme d’habitude, la petite braise, le petit fanal de voiture, c’était le grésillement de la mèche.

Et il y eut, au fond du jardin, l’énorme éclaboussement d’or qui éclaira la nuit pendant une seconde. C’était la tête de Langlois qui prenait, enfin, les dimensions de l’univers. »

Voilà.

Mesdames et messieurs les faiseurs de lois, je vous emmerde.

 

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01 avril 2021

Tyrans descendez au cercueil

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Gaudriole énarchiante.

Je ne puis me fondre dans le moule que prétend m’imposer cette monarchie qu’institua voilà bientôt soixante ans le Général aux bras si longs.

(Ni Dieu ni Maître, ni César ni Tribun….)

Pathétique, non, l’exercice auquel se livra face aux micros et caméras l’ancien commis aux écritures d’une « grande » banque d’affaire ?

Tant il est vrai que derrière quelques phrases vides de sens peinait à se dissimuler l’aveu de l’échec.

Là où (et dans un exercice similaire) Angela exhiba un peu d’humilité en présentant ses excuses au peuple allemand, le Roi des Franchouillards tenta une défausse malhabile et fort probablement mensongère : nous avons fait un peu moins mal que les autres.

L’Enarchiant ignore tout de l’humilité : il fut, il est toujours formaté pour fabriquer une imagerie positive de lui-même dans la représentation de la mission dont il affirme qu’elle sert la nation et ses intérêts.

L’Enarchiant est à la fois le cœur et le cerveau de cette nation.

L’Enarchiant irrigue et pense.

Selon ses croyances.

Ses Maîtres l’ont préparé à assumer ce que dans le langage des Médiatouilleurs l’on appelle les plus hautes fonctions.

Lesquelles hautes fonctions trouvent parfois leurs origines dans les tréfonds des poubelles du quotidien de référence.

Ainsi va la France.

Au sortir de la Seconde guerre mondiale, le camarade Maurice, alors ministre du Général aux bras si longs, avait plaidé pour le maintien de la machinerie institutionnelle chargée de former les serviteurs de l’Etat.

Maurice eut tort.

Il n’était alors pas d’autre urgence que d’anéantir cette machinerie infernale qui fournit à l’Etat – la machinerie suprême – ses agents exécuteurs de toutes les besognes jusqu’aux plus basses.

Cette urgence, en l’an de grâce 2021, est toujours d’actualité.

Je propose donc que ce qu’il reste des gauches authentiques inscrivent dans leurs programmes respectifs la destruction de l’établissement strasbourgeois, destruction assortie du transfert aux îles Kerguelen de toutes les jeunes filles et de tous les jeunes gens en cours de formatage, (les îles Kerguelen où ils seront initiés à la pêche aux crabes avant d’être rendus, cinq ans plus tard, à la vie ordinaire).

J’exige qu’elles annoncent sans la moindre ambigüité leur volonté de convoquer devant une juridiction spéciale toutes celles et tous ceux qui sortirent de cet établissement nantis du pouvoir de trahir le peuple et ses légitimes intérêts.

(Dont l’actuel Monarque.)

Que cette engeance sans foi ni loi (sinon celle des plus riches, des plus puissants) soit condamnée à dix années de travaux d’intérêt général parmi les plus rebutants dans les recoins hexagonaux les plus reculés, travaux rétribués au niveau du quart du SMIC mensuel et placés sous le contrôle de comités de défense des damnés de la terre (comités qui portaient autrefois le joli nom de syndicats).

Que cette engeance soit logée dans des demeures troglodytes.

Que cette engeance soit nourrie des rebuts générés par la grande distribution.

Et alors, me direz-vous, la COVID19 ?

La COVID 19 ?

Elle et ses variantes ?

Reprenant en main son destin, le Peuple puisera en lui-même l’énergie nécessaire pour mener une guerre victorieuse à cet ennemi qui sert si bien les Médéfieux et les Banquouilleurs.

Tremblez ennemis de la France,
Rois ivres de sang et d'orgueil!
Le peuple souverain s'avance,
Tyrans, descendez au cercueil.
La République nous appelle…

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29 mars 2021

Etat Polichien

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Heure exquise qui nous grise lentement
La promesse, la caresse du moment
L'ineffable étreinte de nos désirs fous…

L’installation dans l’heure d’été ne m’a point grisé pas plus qu’il n’a exacerbé mes désirs fous…

Bien qu’en ce manchedi 28 mars je me sois réveillé au quasi terme d’un rêve cauchemardesque : aide-soignant, j’étais chargé de prendre selon d’anciennes et donc archaïques techniques la température corporelle de Roselyne Bachelot.

Je ne vous demande pas d’imaginer.

Non.

J’attends.

J’attends que notre Monarque fasse publier par la Médiatouillerie le plus récent de ses oukases, texte aussi sentencieux qu’absurde qui me contraindra à une nouvelle reconfination, printanière celle-là.

Les Enarchiants ne pensent pas.

Les Enarchiants ne réfléchissent pas.

Ils obéissent à leurs pulsions primitives, lesquelles se conjuguent à des réflexes pavloviens innés et qui furent également nourries par un enseignement dogmatique visant à faire d’eux les robots dociles chargés de servir sans jamais défaillir la machinerie étatique.

Je n’ai donc point vécu l’heure exquise.

Et je doute qu’il m’advienne désormais de la vivre avant que la camarde ne vienne mettre un terme à une existence, la mienne bien entendu, privée depuis plus d’un an de la réalisation de mes désirs fous.

Savourer un petit noir, par exemple.

Le café matutinal, consommé à la terrasse de mon bar de prédilection, tout en devisant avec l’un de mes proches voisins (qui fut parfois une proche voisine).

L’arbitraire monarchiant me prive des liens sociaux qui conféraient un peu de sens aux derniers temps de mon existence.

Je n’ai aujourd’hui droit qu’au statut de reclus.

Du moins si je m’en tiens à la stricte observance des oukases royaux.

Défait de mes prérogatives de citoyen.

J’essaie de me souvenir.

Citoyen ?

Quand ? Comment ? Pourquoi ?

Alors que chacun de mes faits et gestes est scruté par des meutes de milichiens chargés par l’Etat/Mère de traquer les défaillants, les rebelles, les déserteurs.

L’Etat Polichien.

Qui ne sauve rien d’autre que lui-même.

Puisqu’il est Essentiel.

Essentiel à lui-même.

Mais surtout pas au Peuple qu’il est censé représenter.

L’heure qui sonna au cours de la nuit de samedi à manchedi n’annonça pas l’été et toutes les réjouissances que cette saison-là génère.

Elle retentit à la façon d’un glas.

Les visages fermés des passantes et des passants croisés dans les rues de la cité en témoignent : la mort n’est en aucun cas la conséquence des assauts d’un quelconque virus mais bel et bien la résultante du mépris que ne dissimulent plus de prétendues élites à l’encontre d’un Peuple que 150 ans après la Commune de Paris elles haïssent faute de pouvoir l’asservir.

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25 mars 2021

Muse macronique

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Bou dieu !

Pas Elle !

Non, pas la Muse de la macronie…

Covidée, paraît-il…

Ainsi que la plus commune, la plus vulgaire des mortelles…

Terpsichore…

Moi je suis tango, tango
J'en fais toujours un peu trop
Moi je suis tango, tango
Je n'connais qu'des rimes en O

Certes déclinante, la dite Muse.

Sous-Chambellane à la culture…

Sa culture à elle que je ne majuscule pas, puisque ce serait faire affront à la Culture, l’Autre, la Vraie.

Mais tout de même !

Le service de l’Etat/Mère.

Qui implique de menus privilèges, non ?

Dont celui de la protection rapprochée contre les assauts pernicieux du coronavirus.

Le cul de la Muse entreposé sur le fauteuil qui accueillit le fessier flétri de Dédé.

Les chênes qu’on abat.

A défaut de La Condition humaine ?

Ou bien Cyril Hanouna, jeune et virevoltant poète.

(Là encore, je ne majuscule pas…)

La nouvelle France en marche.

En marche arrière.

La Muse.

Usée jusqu’à la moelle.

Et donc désormais Covidée.

Allez savoir comment et pourquoi.

Un moment d’égarement ?

Une inopinée glissade dans les tréfonds des sillons de la raie publique ?

L’inessentiel en perdition.

Un comble, non?

 

 

 

 

 

 

 

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22 mars 2021

Inexorabilité?

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Le voisin.

Qui chemine à petits pas, s’arrête, observe ce qui vu de loin ressemble à une pelouse, puis photographie à l’aide d’une machinerie électroniquante, de celles dont je m’interdis la possession.

Bonjour voisin…

Bonjour voisin…

Brèves considérations sur la météorologie d’un lundi matin ordinaire.

C’est l’printemps…

C’est l’printemps…

Sont-ce les trois fleurs d’un pissenlit qui plongent mon voisin dans de qui prend les apparences de la bucolité ?

Le visage de mon voisin s’assombrit.

Il a déjà anticipé sur mes éventuels questionnements.

J’accumule les preuves…

Me précise-t-il.

Je me penche.

Ni les herbes folles ni les feuilles des pissenlits ne dissimulent les quelques déchets abandonnés là au terme d’usages particuliers.

Une bonne douzaine de préservatifs, des roses, des bleus, un noir, tous flétris, avachis, recroquevillés.

Trois ou quatre seringues.

Mon voisin voit le mal partout.

Je positive et tente de le rassurer.

Les préservatifs ?

De simples gestes barrière.

N’est-il pas vrai que la COVID19 attaque de partout et sur tous les angles ?

Les seringues ?

Des vieillards qui n’en pouvaient plus d’attendre l’inoculation du vaccin miracle, qui s’en sont procurés deux doses sur Internet puis qui ont exercé sur eux-mêmes l’acte médical rédempteur.

L’un d’entre eux n’a-t-il d’ailleurs pas scribouillé sur l’emballage de la seringue Je ne suis pas une bête…

Sa façon a lui de signifier à qui de droit son refus de confier sa survie à un vétérinaire.

J’écris au Bourgmestre me confie mon voisin.

Sait-il que le nouveau Bourgmestre n’est point la copie confirme de l’Imperator, l’homme qui régna non seulement sur la bonne ville de Montpellier, mais aussi sur ce qui était alors l’Agglomération et, mieux encore, sur la Petite Occitanie désormais phagocytée par la Grande Occitanie ?

Le nouveau Bourgmestre ne dispose ni d’un balai ni d’une pelle.

Ces outils-là sont dans les mains des jeunes gens employés par la famille Nicollin.

Les balayeurs.

Qui point ne reçurent mission de nettoyer le carré d’herbe qu’explore et photographie mon voisin, puisque ce carré est intégré à l’espace communément appelé parking, et dont le propriétaire est un épicier, un certain monsieur Casino qu’à titre personnel je n’ai jamais eu l’honneur de rencontrer.

Monsieur Casino abandonne à l’herbe folâtre la responsabilité de dissimuler, dans la mesure de son possible, le fatras des petites choses privées d’usage que des humains abandonnent là.

Là où réside mon voisin.

Donc là où je réside.

Le nouveau Bourgmestre préfère à l’exercice des tâches ménagères le maniement d’une prose approximative, un galimatias qu’il fait publier dans le mensuel métropolitain.

Un Editorial.

Un éditorial qui dit ce que fut son bonheur de nouveau Bourgmestre lorsque s’ouvrirent devant lui les portes de l’Elysée et que le Roi de France lui accorda une audience au cours de laquelle se négocièrent quelques menus privilèges censés faire le bonheur dans 2, 5, 10, 20 ou 100 ans des Montpelliérains.

Le nouveau Bourgmestre a fait placarder sur les façades des « grands » lieux culturels de la cité des banderoles qui proclament Le Printemps est inexorable.

Un lambeau de phrase extirpé de l’œuvre de Neruda, poète chilien, ami d’Allende et communiste.

Quelques semaines après l’assassinat d’Allende par les sbires de Pinochet et de la CIA (ah, la grande et vertueuse démocratie américaine !), Neruda mourait, chez lui, au Chili.

Sa façon à lui, un jour de printemps (austral, je le précise à l’intention des ignorants) d’admettre qu’il s’était trompé : il n’est aucun printemps qui soit inexorable.