19 août 2008
Cadavres exquis
Un correspondant anonyme a tenté, durant trois mois, de me contraindre à empruner la plume d'Agatha Christie afin de romancer certain épisode morbide de la vie palavasienne.
(Ce correspondant, à la fougue quasi juvénile, multiplia les courriers, tous plus virulents les uns que les autres. A mon intention, mais aussi à celle de quelques autres lecteurs sélectionnés selon des critères que j'ignore. Un homme du sérail. C'est certain. Un homme au fait de bien des secrets de la vie locale. Un homme de l'ombre. Un homme qui eût aimé que d'autres assument à sa place ce qui avait toutes les allures d'un réglement de compte pourtant très personnel.)
Ce monsieur me confia donc un cadavre vieux d'une vingtaine d'années. Le cadavre d'un palavasien qui eut la stupide idée de se noyer dans l'un des étangs qui font le charme de notre micro-région. Un palavasien de Palavas, s'entend, ce cadavre.
Je n'ai pas le talent d'Agatha Christie.
Si certaines affinités personnelles me rapprochent par ailleurs de Pepe Carvalho, je n'ai aucune aptitude particulière pour la profession de détective privé.
Je n'ai donc rien écrit sur ce cadavre-là qui avait longuement séjourné dans l'un de nos étangs et qui en ressortit, s'il faut en croire certains témoignages, somme toute fort présentable.
Mais voici qu'une gente dame, croisée d'inopportune façon dans les rues de notre belle cité, vient de me confier un second cadavre. Celui d'un homme qui se noya, lui aussi, dans l'un des étangs résiduels au centre de laquelle la Redoute de Balestras rappelle aux autochtones l'héroïsme et la ténacité d'un bâtisseur d'exception.
Si mes calculs sont exacts (et si les propos de mon aimable correpondante sont recevables), cet incident (ou accident) fortuit se produisit début mai 2008. Le héros de ce second polar que je n'écrirai jamais avait pris grand soin, comme tout baigneur digne de ce nom, de se défaire de ses vêtements, de les plier, de les déposer sur la berge, en n'oubliant pas de laisser son porte-feuille en évidence.
(Oui, je sais, je commence à romancer. Mais, promis, je n'irai pas plus loin!)
Le héros tenta-t-il, à l'instar de Jésus, de marcher sur les eaux? Mal lui en prit, puisqu'il se noya. Dans l'étang.
Si la version qui me fut présentée est conforme à la réalité, il s'avérerait que le médecin légiste ne trouva pas la moindre goutte d'eau dans les poumons de la victime. Ce qui crédibilise la thèse d'une hydrocution. N'est pas Jésus qui veut. Et il est imprudent de prendre ne serait-ce qu'un bain de siège, au mitan de la nuit, au terme de libations alcoolisées.
Reste tout de même que ce héros malgré lui d'un polar qui ne s'écrira pas se vanta, dans les bars qu'il fréquenta cette nuit-là, d'amitiés singulières, de protections occultes. Selon certaines allégations, il aurait même évoqué certains de ces services fort prisés durant les périodes électorales.
J'ai mille et une fois raison: il est inutile de remuer la vase. Pour un polar à trois francs six sous, ça n'en vaut vraiment pas la peine!!!!!
18 août 2008
Bloguerie
Le Libre Midi propose aux internautes des blogs d'un genre un peu particulier: ceux que tiennent les correspondants locaux.
J'ai donc visité celui de notre accessoiriste palavazouilleux. Avant de feuilleter les pages colorisées par ses collègues (ou confrères, c'est selon).
Le Libre Midi, quotidien déontologiquement irréprochable (même que le sieur Meynard ne pourrait qu'applaudir devant cet exemple si convaincant d'une presse tellement libre qu'elle ne se hasarde même pas à user de sa liberté!), ce Libre Midi invente donc un outil supplémentaire de la transfusion de l'information institutionnelle.
(J'entends par "information institutionnelle" celle qui est placée sous la tutelle d'institutions et donc, pour ce qui concerne le blog de Monsieur Plot, sous l'autorité et la vigilance de Christian Jeanjean.)
Je ne poserai évidemment pas la question du coût. Les gestionnaires du Libre Midi sont, chacun le sait, des philanthropes.
Le blog de Monsieur Plot, qui n'est qu'un avatar de l'information "localiste" publiée dans le quotidien régional, met en exergue l'existence d'îlots de "totalitarisme" où rien d'autre n'a le droit d'exister que ce qui est conforme à la pensée de celui qui détient le pouvoir.
Tout n'est que luxe, clame et volupté à Palavas.
La cité balnéaire est une enclave prospère où de braves et honnêtes gens agissent pour le bonheur du peuple d'ici.
En d'autres temps, on affublait d'un vocable particulier cette sorte d'information.
Lequel?
Il suffit de feuilleter les pages départementales du Libre Midi pour s'en convaincre.
Gaspillages
"Déjà des économies sont faites sur la consommation d'eau (arrosages)...."
Feuilletez ce blog, et vous verrez.....
Aujourd'hui, lundi 18 août, comme tous les jours ou presque, deux palmiers devenus palavasiens à l'insu de leur plein gré, ont subi l'antépénultième arrosage qui leur laisse accroire que leur importateur les a confondus avec des nénuphars.
Le cliché a été pris 45 minutes après que la machinerie se soit (ou ait été?) déclanchée, après qu'un geyser ait jailli au pied du second palmier, offrant ainsi à un engin motorisé une douche salvatrice.
Un seul regret: l'appareil photographique oublié sur mon bureau lors de mon premier passage devant l'affligeant spectacle d'une traduction très palavasienne du "développement durable".
Une traduction qui se conjugue avec celle dont je suis régulièrement le témoin lorsque j'arpente, aux alentours des huit heures, le quai Paul Cunq: un employé communal contraint de tirer tout au long de ce quai le tuyau qui sert à arroser les vasques. Donc un effort absurde, dans un sens, puis dans l'autre, qui s'accompagne bien évidemment de fuites éperdues d'une eau consommable dont le prix est inestimable (les Sauristes me comprendront).
Côté propreté, je persiste.
Dans l'environnement de certains restaurants, les huiles dites usées écrivent sur les pavés les traces (indélibiles?) de leurs fréquents passages. Qui s'accompagnent souvent d'amas d'immondices.
Il serait sans doute malséant d'accabler les seuls restaurateurs. Même si l'on est en droit d'imaginer qu'il existe des emballages hermétiques pour contenir ces huiles usées.
Mais il faut bien admettre que tout au long de la rue Saint-Roch, il n'existe pas le moindre container pour déposer les ordures et les détritus. D'où le recours au système débrouille.
14 août 2008
Inspiration
Le souffle vient jusqu'à l'Edile.
Les Muses.
Lesquelles?
Mystère.
En raison de la configuration, tout paraît indiquer que celles-là seraient des Muses Bétonnouillantes.
Les seules qui soient en mesure de nourrir l'inspiration de notre Calamiteux Pouêtepouête!!!!!
11 août 2008
Villégiature
On n'arrête plus le progrès!
Le nouveau Logis Méridional, filiale de la Société Nationale Immobilière, développe un nouveau concept : la villégiature sociale.
Le principe en est d'une grande simplicité: vous avez confié, ici, à Palavas, un logement social à une personne nécessiteuse. Au fil du temps, cette personne, sans doute un peu moins nécessiteuse, disparaît du circuit.
Qu'importe!
Chaque année, dès le retour des beaux jours, le logement est occupé par quelques vacanciers, eux-mêmes nécessiteux. C'est du moins la seule hypothèse qui puisse paraître recevable.
Une occupation de trois ou quatre semaines l'an, pas plus.
Voilà quatre ou cinq ans que ce concept est expérimenté, ici, à Palavas, d'abord sous la tutelle de la Société Nationale Immobilière puis, désormais, sous celle du Nouveau Logis Méridional. (Les deux étant placés sous l'autorité morale et intellectuelle de la Caisse des Dépôts et Consignations, un gestionnaire extrêmement scrupuleux des deniers publics!). Une expérience suivie avec beaucoup d'attention par les organismes ayant en charge l'attribution de ces logements sociaux.
Il est vrai qu'elle est menée dans un immeuble qui se délabre comme en témoigne la photo ci-dessous (coloration surnaturelle de l'une des façades, coloration cependant considérée comme normale par les technocrates rétribués par le Nouveau Logis Méridional). J'en déduis que la priorité vise à colmater d'autres brèches que celles qui fragilisent cet immeuble: les brèches apparues dans les finances de la Caisse des Dépôts et Consignations au lendemain de certaines entreprises hasardeuses. Ce qui expliquerait alors des hausses de loyers allant au-delà de la recommandation ministérielle(et jugées excessives par les services de la Préfecteure de l'Hérault mais tout de même appliquées par un organisme qui dépend, pour une bonne part, de financements publics).




