Comédies

24 janvier 2020

Nervissisme

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A force de subir les matutinales bourdinaisons – assorties de cris d’orfraie, de larmoyantes indignations et de compatissations sélectives – j’avais fini par me résigner à reconnaître que quelques-unes des viriles et intempestives méthodes dont usaient quelques syndicalistes révolutionnaires outrepassaient l’entendement.

Telles ces tapageuses incursions dans les locaux du syndicat dont le réformisme s’harmonise aussi bien avec les pratiques macroniciennes qu’aux professions de foi réitérées depuis des lustres par les Médéfieux.

Sauf que je reste un lecteur du Canard.

Un lecteur souvent inattentif, mais qui parvient de temps à autre à extraire de l’hebdo quelques informations utiles.

Cette semaine, par exemple, j’ai découvert que le nervisissisme ne relevait pas seulement de quelques factions gauchistes s’activant au sein des syndicats révolutionnaires.

Non.

La CFDT de Laurent Berger dispose, elle aussi, d’escouades de bastonneurs patentés chargés de faire régner l’ordre parmi les troupes du syndicat de tous les compromis.

Et ces bastonneurs patentés, réquisitionnés par l’enfant chéri du patronat, avaient en 2015 (je cite le Canard) « fracturés les portes des locaux su syndicat CFDT des Grands Magasins pour le placer sous administration provisoire et faire, au passage, mains basse sur ses comptes bancaires. »

En toute confraternité quasiment chrétienne, bien entendu !

Enfin, pas tout-à-fait !

« Le tort de ces syndicalistes avait été de s’opposer aux directives nationales de la CFDT sur le travail du dimanche et donc de refuser tout accord avec les employeurs allant en ce sens. »

Cohérent, le Berger Laurent, si prompt à complaire à ses obligés !

Sauf que la Justice l’a condamné : « … les statuts de la CFDT ne l’autorisaient ni à prendre des sanctions contre un syndicat de base ni à le mettre sous tutelle  - le tout en violation d’une convention de l’Organisation internationale du travail. »

Rien que cela !

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Toujours dans la plus récente édition du Canard, les suites de l’affaire Dolto déjà évoqués la semaine dernière.

Une nouvelles citation qui ne manque de sel ni de piquant et qui tend à démontrer que la sainte femme savait parfois se montrer une femme comme les autres, c’est-à-dire quelqu’un de susceptible, elle aussi, de subir les pressions médiatiques et d’entonner des couplets dont je ne doute pas qu’ils aient alors ravi ceux qui en avaient été les auteurs.

Je cite ici un court extrait publié dans « L’Enfant, la Juge et la Psychanalyste », extrait adoubé par la propre fille de Françoise redevenue, le temps d’une polémique, une femme comme les autres. « Si les enfants savaient que la loi interdit les privautés sensuelles et sexuelles entre adultes et enfants, eh bien, à partir du moment où un adulte le lui demande, s’il accepte, c’est qu’il est complice, il n’a pas à se plaindre, à dire : « Mais tu m’as fait très mal. – Oui. Pourquoi t’es-tu laissé faire puisque tu savais que ce n’était pas permis ? » A partir du moment où l’enfant est au courant, très jeune, de la loi, il est complice et on peut l’aider beaucoup mieux. »

Durant quelques minutes, l’Icône est redescendue de son piédestal.

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23 janvier 2020

Vessies et lanternes

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Il y a quelque chose de rassurant dans la fréquentation assidue de l’hebdo qui nourrit les insipides conversations dont les échos me reviennent au gré de mes errances.

A sa manière, le Gazouillant Pierrot laisse comprendre, entre les lignes, vers qui se porte ses préférences (économiquement justifiables) pour les prochaines élections municipales.

Soit donc le Grand Métropolitain, lequel s’astreint à une rééducation intensive depuis qu’un Médicastre de renom a substitué à son genou défaillant celui d’un kangourou australien.

Soit.

Ce qui revient tout de même à préciser celui qui est issu d’une émanation fortuite longtemps couvée dans la couille droite du camarade Mao que les dés électoraux sont pipés.

C’est-à-dire que le magazine qui rayonne sur le modeste chef-lieu de canton de l’Occitanie traite de manière vulgairement inégalitaire les candidats à cet imminent scrutin.

A une nuance près, celle qui me rassure : le Gazouillant Pierrot a une fâcheuse tendance depuis certain précédent scrutin d’enfourcher le mauvais cheval.

Le Gazouillant Pierrot se contorsionne sur son perchoir en pépiant quelques phrases destinées à faire prendre par ses lecteurs les vessies pour des lanternes.

C’est son droit : il faut faire vivre la boutique, et la ville de Montpellier tout autant que la Métropole y contribuent sans trop rechigner.

Mais il n’est pas interdit de refuser, pour le lecteur, d’endosser les oripeaux de la dupe

Observez bien la une de l’édition de cette semaine.

Un dossier « Municipales ».

« Peut-on se payer le tram gratuit ? »

Vous ne sentez pas les étranges odeurs, celles qu’exhalent d’ordinaire les faux culs ?

Cette interrogation sous-tend déjà ce que le corps du dossier laissera comprendre : il s’agit là d’une utopie, d’un impossible rêve, d’une non-priorité dénoncée d’ailleurs par celles et ceux qui seront les concurrents du post-adolescent ayant eu l’idée incongrue de formuler une telle proposition.

Et puis, il y a la tonalité générale, gentiment droitière du magazine.

Donc supportable.

Enfin, pour qui veut bien supporter d’être considéré moins qu’un coglione.

Le Gazouillant Pierrot a même réussi, toujours cette semaine, à exhumer de son tombeau politique, une espèce de mort-vivant, un vieux sage.

Sauf que moi, lecteur, je n’ai jamais su différencier le vieux sage du vieux con.

Allez, c’est promis : dès que seront connus les résultats des prochaines élections municipales, je cesserai de débourser un euro et cinquante centimes chaque jeudi matin.

J’aime trop la presse libre pour continuer à financer, fut-ce modestement, l’autre presse, celle de la servilité.

Eloge de la cacasse à cul nu

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Eloge de la cacasse à cul nu….

Un mets typiquement ardennais dont j’ignorais l’existence jusqu’à ces dernières semaines.

Et puis, le hasard, des trifouillaisons sans queue ni tête dans le fatras des milliards de données.

Deux ou trois vidéos sur un même thème : la cacasse à cul nu.

Une cliquaison.

Et la révélation d’une recette qui m’était certes inconnue mais qui tant du côté des Blanchemanche que des Collard, des Toupet que des Rose avait peut-être, lors de la Première comme de la Seconde Guerre mondiale servi de base à la préparation d’un plat roboratif.

De 1914 à 1918 puis de 1940 à 1944.

Des temps de grande disette.

Des temps d’ascèse non désirée, lorsqu’il fallait se contenter du très peu que laissaient aux familles les Occupants, les armées du Kaiser dans un premier temps, puis celles du Führer dans un deuxième temps.

En ces années-là, les femmes mélangeaient dans des cocottes en fonte posées sur des cuisinières portant des noms prestigieux (Godin et Arthur Martin) les rares légumes du jardin.

Des pommes de terre et des oignons.

La base quasi ancestrale de la cacasse à cul nu, enrichie du bref passage d’un morceau de lard (voir NB ci-dessous).

Jusqu’à ma récente découverte, je n’avais jamais fait usage du mot « cacasse ».

Et si pour mon plus grand malheur je l’avais entendu prononcé par quelqu’une ou quelqu’un de mon voisinage, j’aurais aussitôt réprimé mon désir de le restituer devant mes proches.

Il m’était en effet strictement interdit d’introduire dans le milieu familial des résidus du vocabulaire de ce que mes aïeux aussi bien que mes père et mère ainsi que mes maîtres qualifiaient, en laissant entrevoir une moue méprisante, du « patois ».

Feue Marguerite Toupet, ma mère, traquait avec une férocité inouïe le moindre manquement à l’orthodoxie linguistique.

A peine avais-je prononcé un mot impie que j’étais illico condamné à sortir du tiroir mon cahier des « punitions » et à recopier cinquante, cent, deux cent fois selon l’humeur de ma tortionnaire, l’une ou l’autre des phrases abruptes qui sont restées gravées dans ma mémoire.

« Le mot « cacasse » n’est pas un mot français. Je ne dois prononcer ou écrire que des mots français. »

Na !

Aujourd’hui, je m’enhardis.

Orphelin de mère depuis bientôt soixante ans, je revendique enfin mon autonomie.

Non seulement je prononce et j’écris le mot « cacasse », mais j’ai même entrepris de cuisiner la cacasse.

Pas plus tard que ce récent dimanche.

En prenant, puisque je me suis enfin émancipé, quelques libertés non seulement avec la recette originale mais aussi avec ses variantes telles qu’elles me furent données à voir et à entendre sur le site qui amalgame les images et les sons.

Je résume.

Epluchage de 4 oignons (doux des Cévennes) et de 3 ou 4 échalotes, puis découpage en fines lamelles.

Epluchage puis découpage en très gros dés de 7 ou 8 pommes de terre à chair très ferme.

Voilà pour le point de départ.

Ensuite ?

Préparer pour ne pas les oublier 3 gousses d’ail, le sel et le poivre, le thym et 2 feuilles de laurier ainsi que 2 verres de vin blanc (en l’occurrence, et puisque je réside dans le Languedoc, du Picpoul de Pinet).

Faire revenir dans une cocotte en fonte 4 à 6 tranches de lard (ma préférence va à la poitrine fumée).

Les réserver dès qu’elles sont bien colorées.

Dans le gras, faire revenir les oignons, les échalotes et les gousses d’ail préalablement écrasées.

Dès que ces ingrédients deviennent translucides, ajouter le vin blanc.

Bien récurer à l’aide d’une cuillère en bois le fond de la cocotte afin que se dissolvent les sucs.

Ajouter les pommes de terre et bien mélanger, saler et poivrer, puis introduire thym et laurier.

Enfin, couvrir d’eau et laisser cuire 45 minutes.

Entre temps, faire revenir de la grosse et belle saucisse fraîche (grill ou poêle selon les disponibilités).

Au terme des 45 minutes, ajouter les morceaux de la dite saucisse, la poitrine fumée et 6 melsats (de délicieuses saucisses aveyronnaises).

Laisser cuire 30 minutes supplémentaires.

Et déguster.

J’ai certes trahi mes ancêtres, mais je me suis régalé.

Je me suis d’autant plus régalé que j’ai greffé à ce mets un Faugères, un rouge Ollier-Taillefer dont je fais, de temps à autre, mes délices.

Bien sûr, les suppléments « d’âme gastronomique » furent interdits aux malheureux ardennais qui subirent le joug teuton.

Eux qui de 1914 à 1918, ne furent plus du tout français.

Moi qui descends d’eux, j’ai eu le privilège de conférer à la cacasse à cul nu des tonalités languedociennes, l’ensemble atteignant toutefois à une harmonie qui m’a étonné !

 

NB/ Pourquoi cul nu ? Tout simplement parce que le plat originel ne contenait pas le moindre morceau de viande (même pas celui de lard dont seul gras servait à conférer le goût, ce morceau étant mis de côté pour le lancement de la cacasse suivante)

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21 janvier 2020

Radicalisation

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(Photo Parisien Libéré)

 

Un mot qui fait peur.

Un mot qui envahit discours et commentaires.

A un point tel que je regrette que la vieillesse ne m’ait pas encore concédé le droit à la surdité.

Ni celui à la cécité d’ailleurs, puisque ce mot-là s’écrit jusque dans les quelques journaux que je feuillette de temps à autre.

Ce mot-là s’accroche à moi, s’incruste en moi, devient un leitmotiv qui scande les pas que j’effectue chaque matin de la boulangerie jusqu’à l’étal de Don Pépino, le marchand de fruits et de légumes.

Il m’incite parfois à griffonner quelques mots sur du papier hygiénique, des mots qui peinent à s’amalgamer et à devenir des phrases.

Les phrases de la suspicion, voire même de la dénonciation.

Un exemple : « Monsieur le Procureur de la République, soyez vigilant. Je viens de rencontrer un socialiste qui se radicalise. »

Qui donc se bolchevise.

Ce qui ne porte pas à conséquence par les temps qui courent.

Mais tout de même.

Ne vaut-il pas mieux prévenir que guérir ?

Ma vie s’achève dans cet étrange et foutu pays dont les élites ne parviennent pas à concevoir qu’il n’est plus le nombril du monde.

Si tant est qu’il le fut autrefois.

Depuis quelques semaines, la société française se repaitinise.

Conviée en cela par quelques notables spécialisés dans la marche arrière et qui répondent ainsi aux injonctions d’un Monarque qui incarne des reculs dont je n’imaginais pas hier encore qu’ils soient des marqueurs significatifs de la régression de la démocratie.

Voilà que le citoyen est convié à dénoncer des individus que vous ou moi, ou vous et moi, suspectons de s’engager dans une phase irrévocable de la radicalisation.  

L’islamisation, bien entendu.

En ce pays ou les « bonnes » habitudes ne se sont jamais vraiment perdues.

Des rumeurs sournoises aux lettres anonymes, le pas est si vite franchi !

Il en reste des traces multiples, qui datent des ténébreuses années de la Collaboration.

Traces qui évoquent le transfert par convois entiers d’enfants, de femmes et d’hommes vers ces camps dont nul n’était censé revenir.

La France collaborationniste était évidemment et naturellement antisémite, et même un peu plus que cela s’il faut en croire les opuscules que lui offrit en pâture le nazi Céline.

Ce qui autorisa de braves Français à libeller anonymement des missives destinées aux « Autorités ».

Histoire de leur indiquer l’inconcevable voisinage avec des pas « ressemblant », des pas Français surtout.

La dénonciation alla, j’ose m’exprimer ainsi, bon train.

Aujourd’hui, le contexte est quelque peu différent.

Ce qui exacerbe les angoisses des bons Français, c’est la radicalisation.

Celles d’individus entrés en transe et confondus puis mis dans le même sac que ces gens venus d’un ailleurs où la foi en Allah est une sorte de bien commun.

Je ne m’accommode pas des attentats commis par quelques fous de ce dieu-là.

Toutes les violences me révulsent et m’exaspèrent.

Mais peut-être faudrait-il que l’arbre ne cachât pas des forêts tout aussi ténébreuses que celles qui abritent quelques très mal intentionnés ?

N’existe-t-il pas dans ce pays qui amnistia le nazi Céline d’autres formes de radicalisation dont les défenseurs de la démocratie et de la République devraient se préoccuper ?

Avais-je alors bien lu, quelques semaines avant l’intronisation de Foutriquet 1° par une part résiduelle du peuple français, les résultats d’un sondage qui indiquait, du moins me semble-t-il, que la moitié des agents des forces de répression avaient exprimé leur intention de voter en faveur des héritiers du vieux Maréchal ?

Soit donc en faveur d’une force politique qui incarne le possible recours à l’abomination (comme en témoigne sa propension à transfuser son racisme jusqu’au cœur de la société française).

Voter pour cette force là, c’est indiquer clairement que l’on peut, à un moment ou à un autre, selon les variations imprévisibles du contexte politique, l’accompagner vers l’accomplissement du pire.

Il existe là un risque patent de radicalisation.

Au moins aussi redoutable que l’autre.

Et qui s’ancre à une histoire qui a fait ses preuves.

Non seulement sous le règne du vieux Maréchal, mais aussi dès les lendemains du rétablissement de la « légalité républicaine ».

De Sétif à Madagascar.

Puis à Paris, sur les rives de Seine, un soir d’octobre 1961.

Entre autres.

L’histoire qui ne se travestit pas rappelle avec insistance que les forces dites du maintien de l’ordre ne sont pas prioritairement au service du peuple mais de la machinerie étatique.

Les récentes violences policières en témoignent.

Des images sont lourdes de sens.

Telles celles des lycéennes et des lycéens de Mantes-la-Jolie contraints à s’agenouiller devant des flics goguenards.

Il est d’éventuelles formes de radicalisation, au sein même d’une société dite civilisée, susceptibles de provoquer d’incontrôlables ouragans.

Le négliger, c’est mettre en péril et la République et la démocratie.

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20 janvier 2020

Petits meurtres entre amis

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(Photo Midi-Libre)

 

Petits meurtres entre amis.

Ici, à Montpellier.

Alors que Clothilde voyait s’ouvrir devant elle un avenir radieux.
Celui que lui promettaient les résultats des sondages commandités par les gens de sa boutique politique.

Et vlan !

Voilà qu’à Paris, trois Maîtres en Verdouilleries prononcent le bannissement de la dite Clothilde.

Accusée d’hérésie et soupçonnée de sorcellerie.

Les Verdouilleux Inquisiteurs n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère.

Clothilde ne sera ni Maire de Montpellier ni Grande Métropolitaine.

Clothilde ne sera rien.

Un anéantissement qui semble chagriner les Bafouilleux qui déversent chaque jour dans les colonnes de la Bayletterie des propos plus insanes les uns que les autres.

J’en ris.

Le ridicule ne tue plus.

Les Verdouilleux demeurent égaux à ce qu’il oint toujours été : des petits bourgeois suicidaires.

Je ne suis jamais parvenu à leur accorder le moindre crédit : il est stupide de prétendre lutter contre le dérèglement climatique en s’accommodant d’un capitalisme qui se résoudrait à s’autoflageller et à se convertir à une noble cause, celle de l’Ecologie.

Pire encore : en accréditant l’idée que le capitalisme et tous ses avatars seraient susceptibles de se « verdir ».

La Reine Clothilde est morte ?

Vive la Reine !