Comédies

16 septembre 2019

Exil 16

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Mercredi 10 juillet

 

Une gare qui n’est plus une gare infuse en moi une tristesse que Gabriel Blanchemanche, feu mon père, aurait partagée, lui qui vécut la plus longue partie de son existence parmi les locomotives chargées de tracter des convois de wagons, marchandises ou voyageurs selon les destinations qui leur avaient été affectées. De Charleville à Paris, ou bien encore vers la si proche Belgique, mais aussi vers le pays des Ch’tis ou en direction de la Lorraine riche alors de son minerai de fer, de son charbon et de sa sidérurgie. Des locomotives à vapeur auxquelles se substituèrent peu à peu, dès le début des années 1950, celles qui fonctionnaient à l’électricité, en ces régions industrieuses qui ignoraient qu’était déjà dépassé le temps de leur splendeur et que se profilait celui de leur anéantissement.

Ici, en cette ancienne contrée espagnole, dans ce village si propre et si coquet, la gare fut vendue par la SNCF à un bobo helvétisant qui s’est résolu à résider dans la proximité des quelques trains quotidiens qui relient la Comté Franche à l’Helvétie Confédérée. Quelques omnibus régionaux y font brièvement étape. Stationnement sur un quai inhospitalier pour le voyageur dubitatif. Ni guichet de vente des billets ni sièges autorisant de possibles attentes (puisqu’il est de notoriété publique que le respect des horaires est désormais le cadet des soucis pour la direction de la SNCF).Un abri dont l’exigüité n’autorise que l’empilement de deux ou trois adultes consentants. Une gare. Rurale. Comme un déni du service public. L’affirmation cynique de son inutilité. Qui précède, à l’échelle de quelques mois ou de quelques années, sa fermeture définitive suivie de la destruction des quelques anciens repères, ceux d’un autrefois dont les Puissants s’attellent à l’effacer des mémoires.

L’Est Républicain sonne le tocsin. Les fous volants se livreront au cours des prochains jours, par-dessus la Comté Franche, à des exercices guerroyeux. Donc un probable raffut de tous les diables susceptible de perturber les vaches laitières et de faire tourner le lait qui gonfle leurs mamelles. D’où de conséquentes pertes de revenus pour la paysannerie laborieuse affiliée, soumission aux lois du Marché, au Crédit prétendument Agricole. Tandis qu’à Pontarlier, une salariée de Paul Emploi, s’est autorisée l’auto-versement d’une aumône. Une bagatelle. 260 000 euros. Les a-t-elle, illico, confiés a banquier chiche, charge à lui de les transformer en francs chuiches ? La chronique ne le dit pas.

Le Four de Transes quant à lui se rapproche du pays qui n’est pas le mien mais dont j’apprécie les abondantes verdouillaisons dont se repaissent les comtoises (ainsi que les quelques salers émigrées jusqu’ici à l’insu de leur plein gré). Les apothicaires se réjouissent-ils ? Il fut un temps pas si lointain que cela où tant et tant de rois de la petite reine, accablés par de répétitives crises d’asthme, d’arthroses et autres maux invalidants , avalaient moult pilules miracles qui leur permettaient de dépasser leurs souffrances et de réaliser des prouesses sportives dont s’ébaubissaient les commentatouilleurs sportifs. Dès demain, le peloton se réduira à la portion congrue sur la route qui conduit au sommet de la Planche des Belles Filles. Du 24% ces Belles Filles-là ! De quoi susciter d’érotiques vocations chez des jeunes gens en quête d’amours, fussent-elles provisoires.

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13 septembre 2019

Effets collatéraux?

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5 septembre à l’aube.

Les troupes Alliées engagent une guerre totale contre l’Ennemi asiatique, le moustique tigre.

Les troupes Alliées ? L’'ARS (Agence Régionale de Santé Occitanie), le Conseil Généreux de l’Hérault commandé par Kléber (l’homme qui pneu à pneu y gravit tous les échelons) et l’EID Méditerranée (Entente interdépartementale pour la démoustication).

J’eus l’innocence (ou la naïveté) de croire qu’au terme d’une offensive éclair, l’Ennemi avait été vaincu, éradiqué du quartier qui borde l’avenue de la Mort Subite.

L’extermination définitive des culicidés d’origine asiatique dont nul ne peut ignorer les mortifères capacités de nuisance.

Mais la réalité l’entend déjà d’une autre oreille !

Dès la nuit du 5 au 6 septembre, quelques survivants des cohortes ennemies s’extirpèrent de cachettes que les bombes de pyréthrinoïde n’avaient pu atteindre et détruire.

Quelques-unes de ces bestioles s’insinuèrent au cœur de mon bunker où elles reprirent leurs ballets nocturnes et leurs assauts mortifères contre les parties les plus exposées (mais aussi les plus sensibles) de mon anatomie, engendrant de multiples grattouillaisons et suscitant de légitimes inquiétudes.

Malgré les gifles que je tentai d’infliger à ces sournoises et cruelles bestioles.

D’où la décision que je pris dès les premières heures de la nuit du 6 au 7 septembre : nouer une alliance de circonstance avec la firme Bayer.

Une alliance féconde, puisque cinq jours plus tard, des dizaines de cadavres de culicidés s’accumulent sur le rayonnage aux dictionnaires de ma bibliothèque, là où il me fut loisible d’introduire dans une prise de courant la machinerie infernale imaginée et conçue par les ingénieux ingénieurs de la firme teutonne.

 

Reste tout de même que la guerre conduite par les Alliés (voir ci-dessus) aurait peut-être provoqué des dégâts collatéraux dont je m’inquiète.

Je n’affirme rien, mais je constate.

Il plut le mardi 10 septembre.

La première vraie pluie depuis mai dernier.

Le mercredi 11 septembre, j’effectuai un petit tour dans le jardin qui jouxte la maison où je réside et qui fut ciblée par les bombardements des troupes Alliées.

Je découvris, accrochés à un mur puis à des poteries cinq cadavres de ce que j’appelle familièrement des escargots de Bourgogne (lesquels, d’ordinaire, prospèrent dans un composteur).

De foudroyants décès.

A priori inexplicables.

Les malheureux  avaient-ils eu le tort de croire aux bienfaits des généreuses averses qui les avaient sortis de leur estivale torpeur ?

J’ignore tout des circonstances de leur mort brutale.

Mais mon inquiétude s’amplifia ce jeudi 12 septembre (jour de la saint Apollinaire) lorsqu’à l’heure du crépuscule je découvris sur les coussins du salon du jardin plusieurs dizaines de cadavres de fourmis noires, lesquelles prospèrent d’ordinaire, elles, sous les dalles de la terrasse.

Recroquevillées, mais bel et bien raides mortes.

D’où l’hypothèse que je formule : les eaux de pluie n’auraient-elles pas transféré jusqu’au cœur de leur colonie des résidus de pyréthrinoïde, cette arme absolue, la seule susceptible selon les déclarations officielles d’éradiquer le moustique d’origine asiatique ?

Ce pyréthrinoïde est-il aussi inoffensif que le prétendent ceux qui donnèrent ordre à leurs pioupious d’un faire usage ?

Je m’en vais de ce pas poser la question au camarade Kléber, ce chef de guerre qui pneu à pneu a su gravir tous les échelons de commandement de la cacochyme machinerie socialiste….

09 septembre 2019

Exil 15

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Mardi 9 juillet

 

Feuilletaison matutinale à l’heure où mes intestins évacuent des superflus qui n’ont plus aucune ressemblance avec les aliments que j’avais ingurgités la veille. Evacuation destinée a priori à enrichir des territoires agricoles, l’une ou l’autre des vastes prairies parmi lesquelles des comtoises paissent une herbe grasse, laquelle subira elle aussi une transformation (plus qu’une mutation) qui s’achèvera de bouses répandues à même le sol et sur lesquelles se repaissent des insectes balourds mais ô combien efficaces. La longue chaîne de la vie. L’interdépendance. La prodigieuse interdépendance.

Quelques salers tiennent compagnie aux comtoises dont les mamelles, d’heure en heure, s’alourdissent du lait que l’éleveur transformera en fromage. Le Comté. Le fromage le plus vendu dans les épiceries franchouillardes. Donc, et toujours a priori, le plus apprécié. Les salers, elles aussi, broutent l’herbe d’ici. Un ici qui n’est pas leur chez elles. Sont-ce des traces de nostalgie qui transparaissent dans leur regard torve, lorsqu’elles tournent leur museau vers le visiteur qui n’avait fréquenté, en ses vertes années, que des françaises frisonnes pis noirs ? Leur Alto Branco ? Ces salers qui chez elles produisaient du lait que les éleveurs de là-haut transformaient en fromages dont la renommée, pour ceux-là, ne dépassa guère les limites de leur contrée natales. Malheureuses salers destinées, ici, aux abattoirs où, selon la sanguinolente propagande distillée par les véganiens, des SS les exterminent de manière éhontée avant de les débiter en côtes, entrecôtes et autres morceaux dont je persiste à faire mes délices, quoiqu’il puisse m’en coûter en déboires annonciateurs de l’imminence du trépas.

Donc la feuilletaison matutinale. Une addition de gazouillis qu’un Pierrot facétieux collecte puis revend à des languedociens avides de ne rien apprendre qui fut susceptible de les importuner. Un hebdomadaire ? Celui de la contrée où je réside d’ordinaire et que j’avais emporté dans mes bagages de passer d’un train à grande vitesse singulièrement réduite. Ne portant, ce jour-là, qu’une attention inattentive au « grand » sujet d’une édition conforme à la ligne éditoriale édictée par le clan des anciens maoïstes fidèles toutefois au culte des Puissants, ceux qui fricotent avec d’autres Puissants et dont nos anciens inébranlables militants louent la grandeur et la magnanimité dans les pages où leur soumission se camoufle derrière une déontologie évidemment irréprochable. Une interrogation existentielle dans cette édition-là : comment et à l’aide de quoi joindre Montpellier à la mer ? Le tram ? Le train ? Le bus ? Le funiculaire ? La bicyclette ? Le bateau-mouche ? La mer. Qui danse le long des golfes plus très clairs. Mais dont je sais qu’elle s’obstine. Encouragée dans cette obstination par l’animal humain qui, lui, persévère dans sa volonté de réchauffer l’atmosphère de la planète. Soit donc d’aider la mer à élever chaque année un peu plus son niveau. Et donc d’élargir ses territoires, d’en conquérir de nouveaux. Compte-tenu de la configuration du territoire qui relie la bonne ville de Montpellier à cette mer, d’une part, et sachant que la hausse du niveau de la dite mer est semble-t-il inéluctable, il est raisonnable d’imaginer que les flots bleus atteindront dans un avenir point trop lointain les limites sud de la cité de la cité conquise par l’Hercule des foires électorales. La sagesse autant que la raison devrait donc conduire les Notables qui régentent ce territoire à prendre leur mal en patience et à attendre que ce soit la mer qui s’en revienne jusqu’aux portes de Montpellier, après avoir balayé et enseveli sous les profondeurs marines les baladurettes, les palavazouilleries et tous les résidus autrefois érigées sur les rivages par des animaux humains, bâtisseurs insouciants d’éphémères paradis.

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La feuilletaison dominicale de la Bayletterie réserve parfois de stupéfiantes surprises.

(La Bayletterie ne se lit pas, elle se feuillette….)

Dans ce que le torche-cul toulousain intitule « Le Grand Entretien », un certain Stéphane Bern, comique troupier de son état et monarchiant à ses heures perdues, confie à ses éventuels lecteurs : « Je suis trop éruptif ».

S’agit-il d’une confession tardive, de l’implicite aveu destiné et transmis à qui de droit que l’homme du patrimoine souffrirait de troubles que les sexologues rangent dans la catégorie « éjaculateurs précoces » ?

Je l’ignore.

Je n’ai pas lu « Le Grand Entretien ».

Je réitère : la Bayletterie se feuillette.

Toujours vendeuse de certaine forme de « Détente ».

(L’argent n’a évidemment pas d’odeur…)

Quelques photos quadricomiques agrémentent cette édition dominicale.

Une possible guérilla dans le centre de Montpellier.

Dont je ne puis témoigner : depuis belle lurette, je ne fréquente plus ce centre, sauf pour de rares incursions chez mes pinardiers préférés.

Indignation des plumitifs œuvrant au service du quotidien placé sous la tutelle d’un ancien ministre de la Raie Publique.

Mais quelles causes servent donc les casseurs des samedis censés favoriser tous les négoces ?

Celles des Gilets Jaunes ?

Ou bien d’autres causes moins nobles ?

N'est-il pas de tenaces traditions au Royaume de France ?

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07 septembre 2019

Exil 14

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Lundi 8 juillet

 

Les cartes murales, celles dont usaient les hussards noirs de la République afin d’enseigner aux marmots d’alors (les années 1950) les rudiments de la géographie de la France (et de son empire colonial), ces cartes dont désormais désuètes. Tout au moins celles situaient sommairement montagnes et collines, plaines et plateaux, fleuves et rivières, villes et villages du pays que deux enfants avaient parcouru et dont l’histoire se lisait encore sur les bancs de l’école communale. L’Est Républicain l’annonce en son édition de ce jour : il n’est plus dans le cours supérieur du Doubs, la rivière qui donne son nom au département, plus la moindre goutte d’eau. Le peu qui coulait encore à sa source, ce peu-là s’est enfoui dans les profondeurs du sous-sol et s’est interdit de s’en extraire, privant ainsi les autochtones tout autant que les touristes teutons et helvètes confédérés (mais aussi occitandus, j’en suis un témoignage toujours vivant) des baignades et autres activités nautiques censées faire les délices des vacances estivales. Il n’est plus de Doubs. Ce qui implique que les autorités administratives se trouveront très bientôt dans l’obligation de débaptiser le département auquel, lors des fulgurances révolutionnaires, fut donné voilà plus de deux siècles, le nom de cette rivière qui aujourd’hui n’est donc plus, selon L’Est Républicain, une rivière. Mais j’ai toutefois la certitude que le Castagneur bas-alpin, ci-devant Grand Chef des Argousins, cet éminent intellectuel dont la pensée illumine et nourrit les valeureux bataillons de CRS, oui, j’ai la certitude que ce si compétent professionnel de la marche arrière (et accessoirement de la contre-valse) au terme d’une minutieuse étude la géographie du département qui, pour l’heure, se prive malgré lui de son identité.

(Note à benêt/ Je m’interdis de lui transmettre ne serait-ce que la plus anodine des suggestions, me ressentant d’une farouche hostilité à l’encontre de cet ectoplasme qui concourait encore, voilà peu, au dépérissement de l’utopie socialiste.)

L’animal humain se meurt. Au milieu des décombres qui constituent les ultimes témoignages de qu’il avait cru être son éternité. Une disparition réjouissante puisqu’elle accordera non seulement une nouvelle chance de survie mais mieux encore d’épanouissement pour toutes les espèces actuellement menacées de disparition. Je pense en particulier aux tritons et aux salamandres qui peuplaient, paraît-il, les tourbières dont les comtois des siècles passés tiraient le peu de combustible nécessaire au bon fonctionnement de leurs modestes mais ô combien prenantes activités.

La question majeure n’est pas celle que posent, en effet, les Verdouilleux jadotisés. « Sauver la planète » ? La planète se sauvera d’elle-même, et d’autant mieux que l’animal humain en aura disparu. La planète s’inventera d’autres formes de vie. La disparition de l’animal humain ne sera, elle, qu’un aléa, un banal incident consécutif aux excès perpétrés par les apprentis sorciers qui durant plus de dieux siècles prêchèrent la soumission au Marché et à ses lois iniques. L’avenir ne s’éteindra que pour cet animal qu’aucun dieu jamais ne créa.

Tous « cadevéré ».

Les Puissants et les autres.

Sans qu’il fut besoin, pour toutes les autres espèces vivantes, d’une Arche et d’un quelconque Noé.

 

Cadavéré ?

En hommage à Zao et à sa chanson « Ancien combattant » !

(https://www.youtube.com/watch?v=uAoa2JywxBA )

 

Ancien Combattant - ZAO

Posté par Palavazouilleux à 15:36 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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