Comédies

18 octobre 2018

Icônerie

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(Source: Midi-Libre)

 

J’ai l’ouïe basse.

Je le concède.

Mais certaines des tonitruantes éructations du camarade Santerre me sont tout de même audibles.

D’autant plus audibles qu’elles s’adressèrent, le jour où elles parvinrent jusqu’à moi, à une gente dame installée dans mon proche environnement, là où elle se façonna une notoriété non négligeable qui lui permit de se faire élire députée de la Raie Publique.

Une députée Insoumise.

Et qui s'évertua à démontrer son Insoumission lors d’une tentative perpétrée par le camarade Santerre, accompagné de quelques-uns de ses féaux, contre la porte, (porte au demeurant rétive aux assauts musclés lancés contre elle par de vigoureux jeunes hommes inféodés à la cause vérolutionnaire), du local qui d’ordinaire les héberge.

Les images quadricomiques en témoignent.

Campée derrière le camarade Santerre, Muriel – la gente dame – s’essaie à proférer une iconoclaste remarque.

« C’est des méthodes de voyous… »

(En fait, le langage parler ne me permet pas de savoir de manière précise si elle eut recours au singulier ou au pluriel pour caractériser ce mot aux connotations si singulières : « voyou »…)

Plus que courroucé, le camarade Santerre se retourna vers sa prétendument Redevable et lui cracha à la figure cette phrase qui tend à démontrer que lui, Sa Magnificence vérolutionnaire, la considérait bien moins, la gentille Muriel, qu’une maritorne : « Ca va toi, on t’a pas demandé ton avis ! »

Et vlan !

Sauf que dame Muriel, l’Insoumise, ne se démonte pas et réitère illico son propos : « C’est des méthodes de voyou ! » (Je hasarde ici l’usage du singulier…)

Trop, beaucoup trop pour le Sauveur Suprême d’une France qui n’attendrait que lui.

« Si c’est pour faire ça, c’est pas la peine. Tu ne me coupes pas ! »

Les images s’arrêtent sur cette virile riposte.

La gifle.

La boniche fustigée, la boniche flagellée, la boniche humiliée par le Mâle Surpuissant qui se proclama Irremplaçable, celui dont les agitations sporadiques mettent la Médiatouillerie dans tous ses états.

Muriel.

Une enfant d’ici.

Humble.

Discrète.

Si discrète que j’en avais oublié son existence.

Rien qu’une femme.
Dont le devoir premier est de se taire.

Devoir qu’elle négligea l’espace d’un instant, horrifiée peut-être par les évènements dont elle était le témoin consentant mais qui semblaient alors révulser sa conception du bien et du mal.

Elle qui n’existait pourtant que dans l’ombre du camarade Santerre.

Jean-Luc.

En toute fraternité, bien entendu.

Un révélateur impitoyable.

La soumission à l’insoumission en quelque sorte.

Et la cohorte des benêts qui persévère, qui applaudit, qui adule, qui sanctifie le camarade Santerre.

Son Sauveur Suprême.

L’Icônerie en son stade ultime.

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28 septembre 2018

Les Quatre de l'Apocalypse?

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Quelques soubresauts.

Une colère contenue.

Dont je ne sais trop quoi faire.

Que j’enclos dans une scribouillaison.

Un reflet qui s’en ira, entre autres, se greffer à l’infinie multitude des faces de boucs (et de chevrettes).

 

Un cliché.

Quadricomique.

Un cliché publié sur le site (un site propret) https://lemouvement.info/

Un site propret et de gauche.

Le cliché : quatre personnages alignés derrière une table.

L’opposition de gauche au Grand Métropolitain.

Trois hommes et une femme.

A la gauche de la gauche, le représentant de l’une des tendances du bolchevisme moribond.

A la droite de cette gauche, le Grand Dadais, survivance velléitaire du hamonisme et candidat présumable à une défaite annoncée (municipales 2020).

A la droite du candidat à son propre désastre, Fifille, laquelle entretient avec vaillance la flamme du flambeau qui illumina la longue carrière politique de l’Imperator.

Et puis, à l’extrême droite de cette gauche confusionnelle, le Revenant, l’ancien Sacristain de Cournonsec, que le dit Imperator avait installé dans les fonctions subalternes d’agent exécutif de ce qui était alors l’Agglomération de Montpellier (personnage dont les Solférinistes firent l’évanescent candidat la succession de l’Irremplaçable, l’Imperator lui-même).

Quatre Opposants qui s’opposent.

Si peu et si mal que cela m’afflige.

 

D’abord en omettant de resituer le Grand Métropolitain à sa juste place sur l’échiquier politique : la case droite.

La case droite, la blanche, celle qui précède, sans établir de frontière distincte, la case noire, celle dite de l’extrême-droite.

Non que je veuille anticiper sur un quelconque dérapage.

Mais j’ai besoin d’un peu de clarté dans ma vision, pour outrancière qu’elle soit, du positionnement des forces en présence dans une cette cité que je pressens capable des pires bascules dès lors qu’elle aura expérimenté (et donc subi) toutes les formes de pouvoir traditionnelles.

Le Grand Métropolitain, c’est la droite.

La droite qui sait se camoufler sous des oripeaux de gauche, lorsque les circonstances l’y contraignent.

La droite du mensonge et de la falsification à laquelle le Grand Métropolitain s’assimile si bien.

Sans que la gauche s’en offusque.

Deux exemples.

Le premier.

Au cours du printemps dernier, le Grand Métropolitain accorde un cadeau (un petit financement supplémentaire) aux établissements d’enseignement privé. Le Grand Dadais consigne l’information mais précise qu’il serait toutefois incongru de « ranimer la guerre scolaire ». Point de vue opportuniste : la guerre scolaire, de fait, n’a jamais cessé. Mais elle est menée par les seules troupes ralliées aux Vaticancaneurs. Lesquelles troupes bénéficient de l’assistance autant discrète que sournoise de la Puissance Publique. Une guerre qui ne cessera qu’au lendemain de l’anéantissement de l’Ecole Publique. Lois du Marché obligent !

Le second.

Les danseuses légères conduites désormais de main de maître par le fils de Loulou réclament pour leurs évolutions artistiques une nouvelle pelouse et donc un nouveau stade. Exit la Mosson et la vieille enceinte historique. Le Grand Métropolitain décrète l’urgence de la construction d’un nouveau stade (qui portera le nom de Loulou), mais un stade dont le financement de la construction dépendra en grande partie de financements publics (sans oublier le coût des infrastructures d’accès et de parking). Des nécessiteux, les fils à Loulou ? Non ! Riches comme Crésus. Des richesses acquises avec l’argent des contribuables. Le ramassage et le traitement des ordures. Un service public. Un service concédé à des capitalistes qui en tirent de conséquents profits. Profits grâce auxquels ils entretiennent, entre autres, leur troupe de danseuses légères. Mais qui ont le culot de réclamer aux contribuables de leur financer leur stade. Avec l’assentiment du Grand Métropolitain et la complicité de la quasi-totalité des élus des communes du « Grand Montpellier ».

Dans l’un comme dans l’autre cas, des campagnes politiques conséquentes visant à sensibiliser « l’opinion publique », à dénoncer la gabegie (le stade) et le détournement de l’argent public en faveur du privé (l’école et le stade) ?

Rien.

Ou pratiquement rien.

Tout juste des protestations de pure forme, suivies illico d’un pesant et atterrant silence.

Certes, il est vrai qu’il est difficile dans un même mouvement de déverser des monceaux de fèces de boucs sur les murs appropriés afin d’y clamer son enthousiasme devant les rares exploits des danseuses légères affiliées au groupe Nicollin tout en dénonçant avec toute la vigueur nécessaire la soumission des politiques que l’on prétend combattre à des impératifs d’opportunisme clientéliste.

Un peu de courage, que diantre !

 

 

17 septembre 2018

L'Eternité

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A mes ami(e)s qui s’interrogent sur mon long silence…

 

Juste un coin de ciel.

Observé depuis je ne sais trop où.

L’arête rocheuse des Quatre Fils Aymon, par-dessus le méandre de la Meuse et qui laisse entrevoir la forêt des Manises où s’écrivit la tragédie qui me fut narrée tant de fois au cours de mon enfance?

Le col de Battaglia qui offre une vue exceptionnelle sur la Balagne et le Cap Corse et qui ouvre l’accès aux quelques villages de la montagne insulaire du pays de mes éblouissements ?

Depuis le sommet du Caroux, ce massif bourru dont je fis ma montagne magique et que je gravissais autrefois, les nuits de pleine lune, au cœur de l’été ?

Que m’importe après tout.

Juste un coin de ciel.

Un coin de ciel nocturne, tel un tableau noir.

Y écrire les mots du Poète.

« … L’Eternité

C’est la mer allée

Avec le soleil… »

Rien d’autre que ces quelques mots-là.

Afin de combler le silence.

Celui d’une fin de printemps et d’un été excessif en ses débordements.

Rembobiner cent fois le dernier plan d’un film culte, de mon film culte, « Pierrot le Fou ».

Projeter cent fois les images sur l’écran noir de mes nuits blanches.

Ecrire une seconde fois :

« … L’Eternité

C’est la mer allée

Avec le soleil… »

Et puis laisser me revenir le souvenir d’Hugo Claus.

Comprendre qu’il vaut mieux choisir que d’être choisi.

Jacques Brel, belgien lui aussi, comme Hugo Claus.

Jacques Brel qui dans son dernier souffle osa chanter :

« Mourir, la belle affaire !

Mais vieillir, ô vieillir… »

Je survis.

Débarrassé de l’envie de vieillir.

Je claudique vers l’absence d’avenir.

 

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14 septembre 2018

Maurice Audin

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(Source: Le Monde)

 

 

Le mois de mes quinze ans.

Juin 1957.

La mort de Maurice Audin.

Assassiné, martyrisé par la soldatesque franchouillarde placée sous les ordres de l’ignoble Massu.

Torturé.

Henri Alleg en témoigna dans « La Question ».

La mort d’un jeune homme de vingt-cinq ans.

Le mois de mes quinze ans.

Juin 1957.

Je rends grâce à ceux qui éveillèrent ma conscience en ces années du déshonneur de cette France gouvernée par des socialistes (et par un individu qui n’avait pas encore entrepris la conquête du Parti Socialiste).

Guy Mollet, premier ministre.

François Mitterrand, ministre de la justice.

Max Lejeune, ministre des armées.

Gaston Defferre, ministre des « Outre-Mer ».

Entre autres.

Je rends grâce à ceux qui guidèrent mes pas en ces années des ténèbres, au cours de cette guerre dont ceux qui gouvernaient la France niaient la réalité.

Ces individus sans foi ni loi qui s’accordèrent les pleins pouvoirs et concédèrent au parachutiste Massu la mission de faire régner la Terreur au cœur de la ville d’Alger.

Les voilà les vrais assassins de Maurice Audin, un jeune homme de vingt-cinq ans qui avait eu l’inconvenance, outre le fait d’être un brillant mathématicien en devenir, de combattre le colonialisme franchouillard avec les seules armes de la politique, donc de l’intelligence.

Une belle jeunesse anéantie en ce mois de mes quinze ans à moi, moi qui peinais alors à comprendre la nature réelle d’une guerre qui en ces temps-là n’avait pas de nom.

Les jeunesses qui l’accompagnaient abîmées, endolories, à tout jamais blessées et donc quelque part torturées elles aussi.

Josiane Audin, La compagne de Maurice.

Leurs trois enfants.

Dont Michèle qui, voici quelques années, laissa une trace, un livre intitulé « Une vie brève » (Gallimard, 2012)..

« Les derniers mots qu’il dit à ma mère, lorsque les parachutistes l’emmenèrent, furent : Occupe-toi des enfants ». C’était le mardi 11 juin.

Les derniers mots qu’il dit à Henri Alleg, lorsque les tortionnaires les mirent face à face furent : « C’est dur, Henri. » C’était le mercredi 12 juin.

On sait qu’il a parlé ensuite avec Georges Hadjadj, et d’autres prisonniers, mais les mots exacts qu’il a dits, on ne les connait pas, la date non plus. »

Et puis, juste après :

C’est dans un immeuble en construction de ce qui s’appelait l’avenue Georges-Clémenceau, et qui porte aujourd’hui le nom d’Ali Khodja, à El-Biar, que les parachutistes torturaient. Aussitôt après que le médecin qui avait soigné Paul Caballero, ils s’étaient précipités chez nous. C’est là aussi qu’ils l’ont emmené, torturé et tué.

Plus tard, c’est-à-dire longtemps après que j’ai su qu’il s’agissait d’un immeuble en construction, j’ai appris que ce que l’on appelle « Drancy », un camps où beaucoup de Français juifs ont attendu le train pour Auschwitz, était aussi un groupe d’immeubles en construction. »

La colère ne cesse de me submerger.

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04 juillet 2018

Sur le silence

Soulages

 

Immobile.

Rigidifié.

Enclos entre des murs qui absorbent l’étouffante chaleur de l’été.

Châtré.

Privé de l’envie d’écrire.

A quoi bon hurler à l’intention des troupeaux de veaux qui n’entendent rien à rien.

Des troupeaux qui cheminent parmi les herbages factices où les parquent ceux qui confinent leur avenir dans le renoncement.

Emasculé.

Ballotté au cœur de l’une de ces dépressions qui obscurcissent le peu du ciel que j’avais pris l’habitude d’observer.

Ne me restent que les livres, la rencontre quotidienne avec les écrivains, ces gens dont la parole parvient encore à m’émouvoir.

Un monde qui ne cesse de s’ouvrir à moi.

Un monde peuplé de femmes et d’hommes en proie à des convulsions qui reflètent leurs souffrances.

Différents, mais si proches.

Tout autant qu’ils le sont des personnages des romans lus et relus en ce temps si – trop – lointains de mes vingt ans.

La boucle bouclée.

J’entends, j’écoute Brel.

« Mourir cela n'est rien
Mourir la belle affaire
Mais vieillir...
Ô vieillir »

 

 

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