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En la sous-préfecture de l’Occitanie, cette cité florissante sur laquelle règne un habile manieur de l’équerre et du compas, le piéton est roi.

Du moins selon la thèse officielle complaisamment relayée sur papier glacé dans les pages des bulletins mensuels réalisés par les services de propagande chargés de chanter la gloire du maire de Montpellier et du Président de Montpellier Métropole.

Dans les rues dites piétonnes, le marcheur affronte cependant la virulente concurrence des cyclistes, des trottinettistes et autres possesseurs d’engins bizarres, des adeptes des deux-roues motorisés qui, tous, s’affichent prioritaires au cœur de ces espaces pourtant dédiés à l’individu mâle ou femelle qui entend y flâner selon son bon plaisir de marcheur.

Toutefois, il y a pire.

Lorsque vous vous hasardez en tant que piéton hors des espaces qui vous sont a priori consacrés.

Lorsque vous tentez de vivre la ville avec toute la modération qui sied à un vieillard.

Un exemple ô combien significatif.

Depuis quelques semaines, la fréquentation du trottoir adjacent à l’avenue de Toulouse (en direction de l’avenue Clémenceau) est devenue une entreprise périlleuse.

Au niveau de rue François Mireur, là où un empileur de dalles de béton se prépare à ériger, à l’intention de quasiment pauvres, ce que ce bâtisseur ose appeler une « résidence ».

(Montpellier et son Grand Métropolitain développent une curieuse habitude : celle de récupérer partout où ils se présentent des espaces devenus vacants puis de les concéder, avec toutes les autorisations afférentes, à des érecteurs d’abominations architecturales…)

Les photos sont éloquentes.

Vous arpentez paisiblement le trottoir de l’avenue de Toulouse ci-dessus mentionné.

Et voilà que tout-à-coup, une dizaine de mètres avant d’atteindre la rue François Mireur, vous êtes arrêté par une sorte de mur provisoire qui vous intime l’ordre de vous arrêter puis de faire demi-tour et de traverser l’avenue via un de ces passages prétendument protégés (mais qui dans les faits ne le sont guère face à la furie délirante de tant de pilotes de cercueils à roulettes et de motocyclistes rugissant).

Qui a pris l’initiative d’une telle aberration ?

L’empileur de dalles dé béton dont il serait par ailleurs intéressant de savoir si son occupation du domaine public répond aux règles qui prévalent pour une telle occupation ?

Les services publics placés sous la tutelle du Grand Métropolitain ?

Les services de l’Etat ?

Les uns autant que les autres démontrant à quel point ils méprisent cette anomalie qu’est le piéton dans une société qui continue à vouer un culte imbécile et mortifère aux engins motorisés ?

Selon mes observations, la quasi-totalité des bipèdes qui empruntent ce trottoir se contrefichent comme de l’an quarante du panneau à la tonalité pourtant comminatoire.

Ils poursuivent leur marche en avant.

A leurs risques et périls.

Ils persévèrent.

Mais afin de préserver leur propre sécurité, peut-être devraient-ils s’inspirer de l’action de certains porteurs de gilets et bloquer la circulation sur cette avenue où les engins motorisés ignorent les contraintes.

Une façon comme une autre d’obliger la puissance publique et l’empileur de dalles de béton à respecter le droit du piéton à circuler librement et en toute sécurité.

En neutralisant une voie de circulation, par exemple.

 

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