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Vomir !

Sans retenue.

Sur le trône d’où pérore Foutriquet 1°, celui-là même qui trouva refuge, voilà quelques années, dans des poubelles même pas plébéiennes.

C’’st vrai, nous savions.

Nous savions.

Mais nous avons toujours préféré le silence.

Lâcheté.

Devant l’ignominie.

Résignés.

Consentants.

L’odeur des cadavres d’enfants ne monte pas jusqu’à nos contrées ; elles stagnent, entre autres, sur ces recoins de l’Afrique où des soldatesques barbares (qui sont les alliées de cette France que je vomis) massacrent à tout va.

« Nos » belles armes, vendues à prix d’amis à des potentats, des dictateurs, des fous d’un quelconque dieu.

« Nos » armes, émanation de notre savoir-faire, le savoir faire des morts, des tas de morts.

Que nous importe après tout !

Des ouvriers français travaillent à leur fabrication, des ouvriers bien de chez nous, disponibles, créatifs, bien rémunérés.

Pourquoi s’apitoyer sur le sort d’enfants africains, eux qui naquirent là où il ne faut surtout pas naître et qui de toute façon seraient morts si vite que personne n’aurait eu le temps de les décompter ?

De faim.

De soif.

De l’une ou l’autre de ces maladies impitoyables qu’en ces contrées lointaines aucune pharmacopée traditionnelle ne parvient à éradiquer.

Mourir, la belle affaire !

Réduits à miette, les enfants de là-bas grâce à l’efficacité sans pareille d’armes franchouillardes, bleues, blanches ou rouges, allez enfants des patries sans pères ni mères.

Vies abrégées.

Et la terre de ces pays-là qui s’épuise à boire le sang d’enfants auxquels nos grands principes républicains conféraient pourtant le droit imprescriptible à la vie.

« Tous les hommes naissent libres et égaux en droits… »

Foutaises !

Nous acceptons, ici, de survivre dans le mensonge, la dissimulation, la trahison.

Silencieux.

Mutiques.

Notre cynique Monarque, entouré de ses Chambellans, des Engalonnés, des Industrieux Industriels tellement Médéfieux, toute cette clique empressée d’éteindre à tout jamais les Lumières, est coupable de crimes contre l’humanité.

Tant il est vrai que la fabrication et la vente d’armes relèvent du crime contre cette malheureuse humanité, celle dont depuis (à titre simplement indicatif) les septante et sept ans que je suis sur cette terre ravagée et désormais exsangue n’aura connu que le constant fracas des bombes.

Pourquoi ?

Pour cette fallacieuse prospérité, cet égoïsme sordide des prétendus nantis.

Je vomis.

 

A Voce Rivolta !