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Vendredi 29 mars

 

 Achat puis feuilletaison du Monde. Comme chaque vendredi. Pour les pages « Livres ».Un court moment. La photo quadricomique de Jacques Julliard. Vieux « beau ». Chevelure ondulante. Entre brun foncé et noir. Enchanter l’image de l’homme mûr (mais pas tout à fait blet). Alors que se devine la finitude. Sinistre plus que triste.

Et puisque Le Monde immuable, une non-interrogation : « Dépendance : comment trouver 9 milliards d’euros ». Pas de point d’interrogation, en dépit du questionnement destiné, peut-être au(x) vieux Lecteur(s). La dépendance. « Un nouveau risque ». Inexorable, le risque, dès lors qu’une nation qui se dit grande ne prend sens que dans la multiplication des Jeanne Calmées. La preuve indéniable de la réussite collective dans l’entassement dans des mouroirs dotées de ralentisseurs de finitude de quelques millions de presque plus vivants. Des records à battre. Face à des concurrents qui ne relâchent pas leurs efforts. Des persévérants obstinés qui parviennent à éradiquer les consommations de tabac et d’alcool, deux drogues « légales » au pays des franchouillards, qui ont mis un perme aux fornications abrasives, aux gueuletonnaisons, aux empiffrements quotidiens aux graisses animales et autres perversions dont, malgré mon état de délabrement, je continue de me revendiquer. Tel ce confit de canard qui ornementa mon déjeuner, rissolé, le dit confit, avec des pommes de terre dites grenaille dans un demi pot de graisses du même volatile et accompagné de cèpes séchés (séchés, certes, mais qui au préalable baignèrent une bonne quarantaine de minutes dans un saladier rempli d’eau tiède). Du thym. Et beaucoup d’ail. Quinze à vingt gousses. Du sel et du poivre. Un délice qui s’accorda à la perfection avec quelques verres d’un Châteauneuf du Pape (à bas la calotte !) portant fièrement ses seize ans.

Je m’interdis de participer aux tentatives imbéciles visant à battre des records de longévité.

Mort à l’éternité résiduelle !

 

La mistralaison s’est tarie.

Le soleil soleille.

Le Monde monde.

Teresa May brexcite.

Frères humains qui après moi vivrez, détricotez vos suspensoirs.

Tout s’affaisse.