images

 

Il faudrait y croire, mais je n’y crois plus.

Aux vertus des « grands » rassemblements populaires, des manifestations et de tout le tralala syndical.

Trop de rendez-vous manqués, de bouquets de muguets fanés.

Des rituels qui ne me semblent pas (ou plus) répondre aux exigences qui résultent de la situation actuelle.

Je n’ai donc pas, le premier mai, marché dans les rues de Montpellier.

J’ai lu.

« La tour abolie » de Gérard Mordillat.

Un auteur que j’aime plutôt bien.

Mais un roman qui n’est pas le meilleur de son abondante production.

Sauf que dans ce roman Gérard Mordillat installe de temps à autre une journaliste qui libelle des chroniques.

Et l’une de ces chroniques, découverte le mardi premier mai, entrait étrangement en résonnance avec mes états d’âme.

Je vous la livre intégralement.

« Un terme émerge ces temps-ci à la surface des commentaires politiques et journalistiques : les « syndicats réformistes ». Qu’est-ce donc qu’un syndicat réformiste ? Est-ce un oxymore, comme le « dictateur honnête », l’ »islamiste modéré », le « collabo résistant » ? Est-ce une trouvaille technocratique comme le « plan de sauvetage de l’emploi » (un clair plan de licenciement où le seul emploi sauvé est celui du licencieur !), voire  quelque chose comme le trop fameux « coût du travail » qui tente avec un certain succès d’effacer le mot « salaire » du vocabulaire gouvernemental et médiatique ? Le syndicat réformiste, c’est tout cela à la fois. C’est un leurre, un cache-pot, un mensonge incarné. C’est un syndicat qui, renonçant à la défense des salariés, choisit de « négocier la longueur de la corde » où seront pendus les hommes et les femmes condamnés à la réforme sauce patronale ou, pour le dire autrement, qui accepte de discuter la taille des barbelés qui enfermeront le monde du travail dans un camp d’internement en attendant que les patrons suggèrent de rétablir l’esclavage.

Le plus réformiste des syndicats réformistes, c’est la CFDT, plus exactement les dirigeants de la CFDT – les militants étant comptés comme négligeables ou supposés consentants, ce qui est loin d’être prouvé à l’heure actuelle. La CFDT qui pourrait reprendre à son compte (voire en faire une devise) une réplique du braconnier interprété par Julien Carette dans La Règle du jeu de Jean Renoir : « Je remercie monsieur le marquis de m’avoir élevé en me faisant domestique ». Les syndicats réformistes sont des syndicats domestiques du pouvoir. Il y a de quoi frémir si l’on projette dans cette alliance contre nature la vieille idée de Vichy et des Etats fascistes de l’union entre le capital et le travail. La France n’a pas besoin de réforme du travail ni de syndicats réformistes, elle a besoin d’abaisser le temps de travail à trente-deux heures, d’augmenter les salaires, de rétablir les services publics à la place qui doit être la leur. »

Voilà.

Je partage en très grande partie le propos de l’Ecrivain.

 

Sinon ?

Les violences qui égayèrent le pavé parisien ?

Prévisibles, non ?

Si utiles à ceux qui feignent de gouverner.

Les vieilles machinations imaginées dans les salons si discrets du somptueux immeuble de la place Beau Veau.

L’Être retors et sournois qui y officie depuis l’accession au Trône de Freluquet 1° est doté des qualités qui caractérisèrent la bassesse et l’ignominie de tant de ces prédécesseurs.

A qui profite le crime ?

Sans doute pas à celles et ceux qui s’évertuent à défendre ce qui peut l’être encore dans l’entreprise d’anéantissement du Bien Public, entreprise initiée, faut-il le répéter, par les Nantis et les Puissants arrimés au capitalisme mortifère.