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L’affaire outrepasse désormais les limites du ridicule.

Sans que les protagonistes les plus engagés en prennent conscience ?

Pourquoi pas ?

Je suis sollicité par des femmes et des hommes d’apparente bonne foi pour apposer ma signature au bas d’une pétition initiée par la moribonde fédération héraultaise d’un parti socialiste lui-même moribond.

Que réclame cette pétition ?

« … rien n’exclue l’existence et le maintien de deux pôles de centralité, ce qui signifie que Montpellier doit garder sa place et toute sa place dans la mise en œuvre de cette réforme territoriale. Cela passe par une répartition équitable des services déconcentrés et décentralisés de l’Etat, mais également du choix équitable pour les sièges des institutions et des administrations relevant du secteur public et parapublic au sens large… »

(Je parenthèse en effet afin de souligner que la mutation du verbe « exclure » - troisième groupe -, en verbe « excluer » - premier groupe, n’est pas de mon fait mais que la responsabilité en incombe exclusivement au « premier » secrétaire de la dite fédération…)

Dans une récente chroniquouillette (25 avril), j’avais expliqué pourquoi, de mon point de vue, « le match était perdu d’avance », et cela depuis belle lurette.

Je réitère aujourd’hui.

La réforme territoriale voulue par Sire François et son Grand Chambellan relève de la forfaiture.

Elle porte en elle toutes les tares que génèrent les antédiluviennes pratiques jacobines.

Il était évident dès le départ qu’il n’existerait qu’un seul centre de décision, donc une seule « capitale » régionale.

Celles et ceux qui s’évertuent depuis des mois à entretenir l’illusion d’un partage des « pouvoirs » entre Toulouse et Montpellier ont fait preuve ou bien d’aveuglement ou bien de soumission aux ordres venus de Tout en Haut.

La logique jacobine est imparable : la machinerie étatique n’éparpille pas ses lieux de décision, bien au contraire, elle les concentre.

Or le Monarque et ses Vassaux sont les héritiers du jacobinisme.

Ils ont été formatés pour maintenir la dite machinerie étatique dans son mode de fonctionnement « historique ».

Ils ne dérogeront donc pas aux règles immuables qui leur furent enseignées.

Plus grave encore : il est patent que la dite réforme territoriale constitue un véritable déni de démocratie.

Elle fut élaborée par un petit groupe de courtisans eux-mêmes inféodés à la machinerie étatique.

Elle s’est donc interdit le temps du dialogue, un dialogue non seulement avec les élus dits de terrain mais aussi avec et surtout avec les citoyens.

Elle est, au bout du compte, le prototype de la réforme bureaucratique nimbée de calculs politiciens destinés à camoufler un antépénultième affront en ces temps où ce malheureux parti qui n’est plus du tout socialiste subit tant de lourds revers électoraux.

Au regard de ce bref rappel, la pétition initiée à Montpellier ne pose donc aucun des problèmes de fond.

C’est pourquoi je n’apposerai pas ma signature au bas d’un texte dont le « vide » politique me navre.

Je convie celles et ceux qui se sont adressés à moi à méditer sur ces trois phrases que Jean Giono rédigea en 1938 (« Le Poids du ciel ») : « Je ne fais effort ni pour qu’on m’aime ni pour qu’on me suive. Je déteste suivre et je n’ai pas d’estime pour ceux qui suivent. J’écris pour que chacun fasse son compte en soi-même. »

 

Pace è Salute !