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Lundi 8 juillet

 

Les cartes murales, celles dont usaient les hussards noirs de la République afin d’enseigner aux marmots d’alors (les années 1950) les rudiments de la géographie de la France (et de son empire colonial), ces cartes dont désormais désuètes. Tout au moins celles situaient sommairement montagnes et collines, plaines et plateaux, fleuves et rivières, villes et villages du pays que deux enfants avaient parcouru et dont l’histoire se lisait encore sur les bancs de l’école communale. L’Est Républicain l’annonce en son édition de ce jour : il n’est plus dans le cours supérieur du Doubs, la rivière qui donne son nom au département, plus la moindre goutte d’eau. Le peu qui coulait encore à sa source, ce peu-là s’est enfoui dans les profondeurs du sous-sol et s’est interdit de s’en extraire, privant ainsi les autochtones tout autant que les touristes teutons et helvètes confédérés (mais aussi occitandus, j’en suis un témoignage toujours vivant) des baignades et autres activités nautiques censées faire les délices des vacances estivales. Il n’est plus de Doubs. Ce qui implique que les autorités administratives se trouveront très bientôt dans l’obligation de débaptiser le département auquel, lors des fulgurances révolutionnaires, fut donné voilà plus de deux siècles, le nom de cette rivière qui aujourd’hui n’est donc plus, selon L’Est Républicain, une rivière. Mais j’ai toutefois la certitude que le Castagneur bas-alpin, ci-devant Grand Chef des Argousins, cet éminent intellectuel dont la pensée illumine et nourrit les valeureux bataillons de CRS, oui, j’ai la certitude que ce si compétent professionnel de la marche arrière (et accessoirement de la contre-valse) au terme d’une minutieuse étude la géographie du département qui, pour l’heure, se prive malgré lui de son identité.

(Note à benêt/ Je m’interdis de lui transmettre ne serait-ce que la plus anodine des suggestions, me ressentant d’une farouche hostilité à l’encontre de cet ectoplasme qui concourait encore, voilà peu, au dépérissement de l’utopie socialiste.)

L’animal humain se meurt. Au milieu des décombres qui constituent les ultimes témoignages de qu’il avait cru être son éternité. Une disparition réjouissante puisqu’elle accordera non seulement une nouvelle chance de survie mais mieux encore d’épanouissement pour toutes les espèces actuellement menacées de disparition. Je pense en particulier aux tritons et aux salamandres qui peuplaient, paraît-il, les tourbières dont les comtois des siècles passés tiraient le peu de combustible nécessaire au bon fonctionnement de leurs modestes mais ô combien prenantes activités.

La question majeure n’est pas celle que posent, en effet, les Verdouilleux jadotisés. « Sauver la planète » ? La planète se sauvera d’elle-même, et d’autant mieux que l’animal humain en aura disparu. La planète s’inventera d’autres formes de vie. La disparition de l’animal humain ne sera, elle, qu’un aléa, un banal incident consécutif aux excès perpétrés par les apprentis sorciers qui durant plus de dieux siècles prêchèrent la soumission au Marché et à ses lois iniques. L’avenir ne s’éteindra que pour cet animal qu’aucun dieu jamais ne créa.

Tous « cadevéré ».

Les Puissants et les autres.

Sans qu’il fut besoin, pour toutes les autres espèces vivantes, d’une Arche et d’un quelconque Noé.

 

Cadavéré ?

En hommage à Zao et à sa chanson « Ancien combattant » !

(https://www.youtube.com/watch?v=uAoa2JywxBA )

 

Ancien Combattant - ZAO