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Je ne manifeste pas.

Je contiens mes colères en mes espaces intimes.

Je ne m’associe plus aux foules qui s’agglutinent au cœur des espaces de l’urbanité afin de créer l’illusion de la communion.
Il ne m’est pas besoin de me forger une identité derrière des banderoles, dans l’immédiate proximité de faiseurs d’opinions, et de scander des slogans dont le simplisme m’horripile.

Je m’enclos dans ma tanière.

Non point que les belles et bonnes causes ne mériteraient pas d’être défendues.

Mais c’est la façon de les défendre qui crée en moi plus que du désarroi.

Parce que je récuse le consensus et que je m’interdis de mêler mes pas à ceux d’individus avec lesquels je n’ai rien à partager.

L’antisémitisme me révulse.

Il ne m’est toutefois pas nécessaire d’arpenter les rues de Montpellier pour condamner cet antisémitisme-là.

Parmi des gens dont quelques-uns n’ont (ça n’est qu’un exemple) jamais cessé de clamer leur admiration à l’égard de Louis-Ferdinand Céline.

Certains de ces intellectuels qui me sollicitent et me reprochent ce qu’ils appellent « mes renoncements ».

Ceux-là qui panthéonisent l’écrivain.

Et qui, dans un même mouvement, absolvent le sinistre individu qui fut le chantre de l’antisémitisme franchouillard, celui qui s’exaspéra durant les abominables années de la Collaboration.

Le nazi Louis-Ferdinand Céline.

Dont l’indignité ne dérange pas ceux qui prétendent condamner l’antisémitisme qui resurgit en ce début de millénaire.

Si tant est que cet antisémitisme-là se soit auto-dissout dès le 9 mai 1945.

Le nazi Louis-Ferdinand Céline en témoigne, lui qui avait fui dans les fourgons de l’armée hitlérienne le pays où furent publiés ses ignobles pamphlets.

Panthéoniser cet individu-là, c’est s’engluer dans les prémices de l’antisémitisme.

Puisque son antisémitisme si virulent ne résulta pas de circonstances indépendantes de sa volonté, mais d’une construction idéologique préalable à l’Occupation de son pays par armées nazies.

Un étrange pays dont les élites politiques continuent à camoufler ses turpitudes afin de rendre supportable son image.

L’antisémitisme irrigue une pensée étrangère aux mythes que semblent exprimer les professions de foi officielles.

Il s’accompagne d’un racisme hérité, lui, d’un long passé colonial (« un crime contre l’humanité » ?) et de ce si long temps de l’esclavage dont ce foutu pays n’a jamais payé sa dette à l’égard d’un continent qu’il avait pourtant vidé de substance.

 

Les bredouillaisons de Foutriquet 1° m’indisposent.

Suis-je suspect d’antisémitisme lorsque je dénonce l’extrême-droite israélienne, celle qui gouverne un pays dont l’approche du socialisme avait suscité en moi quelques espoirs voilà soixante ans de cela ?

Devrais-je subir les foudres d’une loi de circonstance lorsque je condamnerai les crimes perpétrés par l’état israélien à l’encontre du peuple palestinien ?

Disposerais-je encore du droit d’évoquer dans mes chroniques Gaza ou Bethléem, et ces murs de la honte qui n’indignent pas, eux, certain philosophe académisé ?

Les valeurs universelles dont prétend se réclamer le Monarque ont-elles des colorations différentes selon qu’elles concernent tel ou tel état ?

Suis-je dans l’obligation d’accepter comme vérité révélée la classification qu’opèrent les maîtres du monde entre les forces du bien et celles du mal ?

N’aurais-je d’autre recours, au bout du compte que de bêler au milieu d’un troupeau de moutons résignés depuis longtemps à subir une logique totalitaire ?

Cela n’est pas dans ma nature.

 

NB/ Sur le stupide débat sur l’antisionisme, je vous suggère la lecture de la lettre qu’adressa l’historien israélien Shlomo Sand au Monarque franchouillard.

https://www.alnas.fr/amp/article/l-historien-israelien-shlomo-sand-remet-en-place.html?fbclid=IwAR1YIxCvsOF2SM76IX6n57o8hBVW3snWVzp44YXwX7-PI2ziopwUfHM7-7k