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(Source: Midi-Libre)

 

J’ai l’ouïe basse.

Je le concède.

Mais certaines des tonitruantes éructations du camarade Santerre me sont tout de même audibles.

D’autant plus audibles qu’elles s’adressèrent, le jour où elles parvinrent jusqu’à moi, à une gente dame installée dans mon proche environnement, là où elle se façonna une notoriété non négligeable qui lui permit de se faire élire députée de la Raie Publique.

Une députée Insoumise.

Et qui s'évertua à démontrer son Insoumission lors d’une tentative perpétrée par le camarade Santerre, accompagné de quelques-uns de ses féaux, contre la porte, (porte au demeurant rétive aux assauts musclés lancés contre elle par de vigoureux jeunes hommes inféodés à la cause vérolutionnaire), du local qui d’ordinaire les héberge.

Les images quadricomiques en témoignent.

Campée derrière le camarade Santerre, Muriel – la gente dame – s’essaie à proférer une iconoclaste remarque.

« C’est des méthodes de voyous… »

(En fait, le langage parler ne me permet pas de savoir de manière précise si elle eut recours au singulier ou au pluriel pour caractériser ce mot aux connotations si singulières : « voyou »…)

Plus que courroucé, le camarade Santerre se retourna vers sa prétendument Redevable et lui cracha à la figure cette phrase qui tend à démontrer que lui, Sa Magnificence vérolutionnaire, la considérait bien moins, la gentille Muriel, qu’une maritorne : « Ca va toi, on t’a pas demandé ton avis ! »

Et vlan !

Sauf que dame Muriel, l’Insoumise, ne se démonte pas et réitère illico son propos : « C’est des méthodes de voyou ! » (Je hasarde ici l’usage du singulier…)

Trop, beaucoup trop pour le Sauveur Suprême d’une France qui n’attendrait que lui.

« Si c’est pour faire ça, c’est pas la peine. Tu ne me coupes pas ! »

Les images s’arrêtent sur cette virile riposte.

La gifle.

La boniche fustigée, la boniche flagellée, la boniche humiliée par le Mâle Surpuissant qui se proclama Irremplaçable, celui dont les agitations sporadiques mettent la Médiatouillerie dans tous ses états.

Muriel.

Une enfant d’ici.

Humble.

Discrète.

Si discrète que j’en avais oublié son existence.

Rien qu’une femme.
Dont le devoir premier est de se taire.

Devoir qu’elle négligea l’espace d’un instant, horrifiée peut-être par les évènements dont elle était le témoin consentant mais qui semblaient alors révulser sa conception du bien et du mal.

Elle qui n’existait pourtant que dans l’ombre du camarade Santerre.

Jean-Luc.

En toute fraternité, bien entendu.

Un révélateur impitoyable.

La soumission à l’insoumission en quelque sorte.

Et la cohorte des benêts qui persévère, qui applaudit, qui adule, qui sanctifie le camarade Santerre.

Son Sauveur Suprême.

L’Icônerie en son stade ultime.