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A mes ami(e)s qui s’interrogent sur mon long silence…

 

Juste un coin de ciel.

Observé depuis je ne sais trop où.

L’arête rocheuse des Quatre Fils Aymon, par-dessus le méandre de la Meuse et qui laisse entrevoir la forêt des Manises où s’écrivit la tragédie qui me fut narrée tant de fois au cours de mon enfance?

Le col de Battaglia qui offre une vue exceptionnelle sur la Balagne et le Cap Corse et qui ouvre l’accès aux quelques villages de la montagne insulaire du pays de mes éblouissements ?

Depuis le sommet du Caroux, ce massif bourru dont je fis ma montagne magique et que je gravissais autrefois, les nuits de pleine lune, au cœur de l’été ?

Que m’importe après tout.

Juste un coin de ciel.

Un coin de ciel nocturne, tel un tableau noir.

Y écrire les mots du Poète.

« … L’Eternité

C’est la mer allée

Avec le soleil… »

Rien d’autre que ces quelques mots-là.

Afin de combler le silence.

Celui d’une fin de printemps et d’un été excessif en ses débordements.

Rembobiner cent fois le dernier plan d’un film culte, de mon film culte, « Pierrot le Fou ».

Projeter cent fois les images sur l’écran noir de mes nuits blanches.

Ecrire une seconde fois :

« … L’Eternité

C’est la mer allée

Avec le soleil… »

Et puis laisser me revenir le souvenir d’Hugo Claus.

Comprendre qu’il vaut mieux choisir que d’être choisi.

Jacques Brel, belgien lui aussi, comme Hugo Claus.

Jacques Brel qui dans son dernier souffle osa chanter :

« Mourir, la belle affaire !

Mais vieillir, ô vieillir… »

Je survis.

Débarrassé de l’envie de vieillir.

Je claudique vers l’absence d’avenir.

 

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