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Jour de deuil : le Président de Groland est mort.

Pour de vrai.

Dans le monde qui se prétend réel, le Massacre des Innocents prend des formes protéiformes que les Médiatouilleurs dissimulent derrière certaines caractéristiques spécifiquement françaises.

M’afflige cette société que je laisse à mes petits-enfants.

Les pauvres morts de Trèbes n’y peuvent rien.

Rien de rien.

Ils ne sont pas responsables de la dégénérescence de la société à laquelle ils étaient censés appartenir.

Tout autant que je le suis encore.

Septante et six ans après mon irruption dans un monde alors à feu et à sang.

Les pauvres morts de Trèbes que le hasard plaça sur la route d’une épave en devenir à laquelle la société à laquelle je faisais référence ci-dessus ne concédait aucun avenir.

Je n’excuse ni ne pardonne son geste.

J’essaie tout sottement d’expliquer que cette société si propre, si élégante, si consensuelle est une efficiente fabriquer d’Egarés (après qu’elle les eût confinés dans les arrière-cours où s’entassent les « Effarés »).

(Celles que d’autres appellent banlieues.)

Donc la longue litanie des Massacres.

Tant d’Innocents dont le décompte relève de l’aléatoire.

Ceux qui furent assassinés à Trèbes s’additionnèrent, le même jour, aux milliers (aux peut-être dizaines de milliers ?) d’autres, ceux qui de la Syrie à l’Afghanistan en passant par le Yémen (et tous les autres lieux où les guerres exercent leurs ravages) avaient eu le grand tort de survivre au mauvais endroit .

Des monceaux de cadavres.

Rendus à cet état grâce à la célérité des armements vendus en toute connaissance de cause à des fous de je ne sais quel Dieu aussi bien qu’à des tyrans « honorables » et honorés par les états mercantiles.

Dont l’état français et son Monarque, Foutriquet 1°.

Les pauvres morts de Trèbes sont indissociables de ceux des confins de la Syrie ou du Kurdistan, et de toutes les autres contrées où l’ordre capitaliste tente d’imposer ses lois criminelles.

Ce grand désordre militaire auquel Foutriquet 1° collabore avec l’enthousiasme du néophyte qui s’érige, lui, le si mal élu, en chef de guerre.

La mort comme seule finalité.

Le reste, les proclamations solennelles, les références à la liberté et à la démocratie ne sont que billevesées et rideaux de fumée destinés à tromper les opinions publiques.

Tout est dans le mensonge et la dissimulation, dans le fatras de leurs discours.

Tout.

Même dans l’hommage rendu au militaire qui se substitua à une caissière et qui fut égorgé par le gosse qui avait, m’a-t-on affirmé, fait allégeance à je ne sais quelle armée en déroute.

Un geste exemplaire.

J’ai lu, je ne sais plus dans quoi, des références à Bara et à Viala.

Un geste hors du commun qui ne parvient toutefois à me faire oublier les crimes commis en ces temps familiers à ma mémoire par des individus appartenant à cette « condition » militaire, celle du Héros, que la machinerie étatique me somme d’admirer et donc de respecter.

Mais résonnent en mes oreilles les sanglantes fusillades de Sétif et de Philippeville, celles aussi qui ensanglantèrent Madagascar.

Voilà que je revois l’effroyable tuerie d’octobre 1961 (permettez, j’avais déjà 19 ans !) que perpétrèrent au cœur de Paris les sbires commandités par un certain Papon.

Papon qui expédia vers les camps de la mort quelques centaines d’enfants juifs, mais qui repose dix pieds sous terre dans ce cimetière où il fut conduit par tant des notables qui ont, aujourd’hui encore, le culot de me demander d’aimer leur Raie Publique.

Elle a une sale gueule, leur Raie Publique.

Même si l’acte courageux d’un gendarme lui a rendu un peu d’humanité.

Voici que j’entends les Voltigeurs de Pasqua fracasser le crâne d’un malheureux jeune homme.

Voici que j’entends les cris d’effroi des mômes sur lesquels les forces du désordre s’en donnent à cœur joie.

Hier comme aujourd’hui.

J’exècre leur France.

Je la conchie.

Ce que m’enseignèrent mes Bons Maîtres me démontre que notre France à nous mérite infiniment plus que les pitoyables gesticulations auxquels se livrent ceux qui s’approprient l’autre France.