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Je confesse ma perplexité, mes doutes, mes incohérences, mes interrogations.

En vrac, et sans ordre prédéterminé.

Bertrand Cantat chanta, hier soir, à Montpellier.

Si j’en crois la Bayletterie, la salle qui l’accueillit avait fait le plein (et même un peu plus).

Devant l’entrée de cette salle, à l’heure du concert, des personnes manifestèrent leur courroux et réclamèrent l’interdiction des prochains spectacles de BC.

(Lequel BC, si j’ai bien compris, a d’ores et déjà anticipé en annonçant qu’il renonçait à sa tournée d’été.)

La musique et les chansons de BC ne m’ont jamais concerné, ni aujourd’hui, ni même hier du temps de Noir Désir.

BC assassina une femme, sa compagne, une comédienne de belle et justifiée réputation.

Il fut jugé, comme tout justiciable ayant commis un crime.

Il a accompli sa peine.
Au terme de cet accomplissement, il est redevenu un homme libre.

Donc un homme disposant, a priori, à nouveau du droit d’exercer sa profession.

Ce qui me semble relever de la logique la plus élémentaire dans un Etat de droit.

Le reste relève de la seule conscience de BC.

Lequel semble avoir choisi la lumière plus que l’ombre, le tintamarre, plutôt que le silence.

BC fut certes un assassin mais qui depuis qu’il fut « élargi », il a recouvré l’ensemble de ses prérogatives.

Y compris celle de monter sur une scène et d’y interpréter son répertoire devant un public constitué d’hommes et de femmes libres eux aussi de nouer (ou de renouer) le dialogue avec lui.

Les quelques celles et les très peu de ceux qui manifestèrent hier soir leur courroux devant l’entrée de la salle de spectacle usaient d’un autre droit, légitime lui aussi.

Dans le contexte actuel, je suis surpris, si j’en crois les photographies publiées par la Bayletterie, par le petit nombre de personnes ayant répondu à l’appel des organisatrices du rassemblement.

Une Bayletterie dont le titre vise, me semble-t-il, à faire oublier ses propres égarements (« La pression s’accentue sur BC »).

Les manifestantes du mardi soir, avec leurs bonnes raisons qu’il ne m’appartient pas de contester, ont confié à un organe de presse « douteux » le soin de relayer leur campagne.

« Douteux », parce que depuis des temps quasiment immémoriaux, le quotidien languedocien s’assure des recettes non négligeables avec l’argent de la prostitution.

Une constance inégalée, si peu discrète qu’elle devrait scandaliser celles qui luttent contre les violences faites aux femmes.

Je considère en effet qu’il était de leur devoir de ne pas confier la défense de leur cause à un journal qui se compromet chaque jour avec ceux qui exercent cette ignoble violence à l’encontre de femmes contraintes à se prostituer et donc à racoler leurs éventuels clients en payant à la Bayletterie de coûteuses « petites annonces ».

Mais là encore, chacun s’arrange avec sa conscience.