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Un simple battement d’aile.

Là-bas, au-dessus d’une île qui n’est qu’un lieu de villégiature estivale sur les rives duquel des gens de l’ailleurs ne ressentent en aucune façon la nécessité de l’immersion dans le rêve.

Leur suffisent en effet les quelques arpents de sable blanc effleurés par une eau qui se fréquente jusqu’au milieu de l’automne.

Leur suffisent en effet les quelques touches édulcorées, de celles qui se vendent dans officines de l’authenticité frelatée, selon les normes qu’impose l’industrie touristique, celle qui efface l’avenir etr confine les plus nombreux, les moins bien lotis des habitants de l’Île dans la persistance d’un présent qui atrophie leurs possibles élans.

Un simple battement d’aile, un dimanche de décembre.

Et voici que des secousses fissurent déjà la carapace prétendument républicaine d’une nation dont les Maîtres n’ont toujours pas compris qu’elle s’était fossilisée, ne survivant que dans l’écriture de fables mythologiques qui constituent, les unes et les autres, autant de trahisons des faits avérés qui relèvent de l’Histoire de cette nation et donc du peuple qu’elle prétend englober.

Un simple battement d’aile.

Inaudible, imperceptible au cœur du tumulte que les Régisseurs de la société dont s’est dotée la dite nation amplifient grâce au concours d’agents exécutifs, lesquels ne sont que de complaisants et serviles adjuvants de la caste des Puissants installée celle-là aux commandes de la Machinerie Etatique.

Un simple battement d’aile et le système qui se revendiquait de l’Eternité subit des soubresauts dont je pressens qu’ils annoncent l’imminence de son désastre. 

Le vieil, l’archaïque Etat/Nation qui s’édifia sur des monceaux de cadavres, cet ensemble hétéroclite qui prétend encore à l’unité atteint à ce stade de son histoire qui lui indique que surviendra bien vite l’instant du basculement.

Un simple battement d’aile et voici que des politotologues prédisent l’ouragan, que des Nostradamus, dans le fatras de vers de mirlitons, décrivent leurs apocalyptiques songeries.

Le vieux monde vacille, sans qu’il en soit conscient.

Le vieux monde, perclus de rhumatismes, qui a vendu son âme pour le prix de la liberté de celles et ceux qui l’habitent.

Le vieux monde qui a édulcoré avant de les éliminer du vocabulaire commun les quelques mots qui suggéraient le renouvellement, qui présageaient d’une possible renaissance.

Un simple battement d’aile.

Un souffle imperceptible.

Mais qui cependant diffuse déjà de bienfaisantes effluves.

Lesquelles laissent imaginer « qu’un jour viendra, couleur d’orange, un jour de feuillages au front… »

Tant il est vrai qu’un autre avenir s’écrit par-dessus l’horizon.

L’horizon qui n’est pas celui d’une éternité figée à tout jamais, mais dans les proches perspectives que laissent entrevoir les nuages guillerets que le soleil couchant colore de pourpre et d’or.