Une_femme_douce

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un film.

Qui me fut présenté tel un chef d’œuvre.

« Une femme douce ».

Un film russe, puisque l’auteur est originaire de Russie.

Un film que j’ai vu avec la conviction que j’allais découvrir un chef d’œuvre, tant l’enthousiasme de celles et ceux qui le « critiquèrent » atteignit parfois au paroxysme.

J’ai vu un presque chef d’œuvre formel.

Mais j’ai également vu un produit idéologiquement douteux.

Un produit conforme aux attentes de ceux qui en financèrent la réalisation.

Des gens de par chez nous.

Un film qui affiche sans vergogne mépris et haine à l’encontre du peuple russe.

Un peuple que le réalisateur présente en permanence comme un ramassis d’ivrognes, de feignants, de demeurés, d’assoupis.

(Terrible et effroyable scène que celle de la salle d’attente et des voyageurs agglutinés les uns contre les autres, ensommeillés, repliés sur eux-mêmes, sur leur solitude désespérée…)

Nulle lueur d’espoir.

Aucune présence qui puisse laisser imaginer que dans ce monde-là, si tant est que ce monde-là soit une représentation peu ou prou fidèle des réalités russes, survivent quelques parcelles d’humanité.

Comme si ce peuple russe était à l’image de ceux qui le dirigent.

Lesquels, soit-il rappelé en passant, ne sont guère différents de ceux qui nous dirigent.

La femme douce ?

Une « héroïne » passive, résignée, soumise.

Jusque dans le plus atroce de ses rêves.

Donc un film dont les relents me valent encore de stupéfiantes nausées, quarante-huit heures après avoir quitté la salle de sa projection.