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Je n’évoque que très rarement les films que je m’en vais voir dans l’unique salle qui me paraisse digne de m’accueillir en cette ville de Montpellier où me conduisirent les hasards de l’existence (et non point la canaille de Potentat qui s’en est fait le maquereau plus que le protecteur).

Mais la découverte ce récent mardi d’Assomption du film de Thierry de Peretti m’incite à me sortir de mon mutisme.

« Une vie violente ».

Un film qu’évoque la Médiatouillerie que j’écoute et que je survole, ce qui lui promet peut-être de survivre à cette programmation insensée qui « volatilise » tant d’œuvres au terme des deux ou trois semaines de présence sur les écrans.

Il n’est pas nécessaire d’aller voir « Une vie violente » sous le fallacieux prétexte que ce film traite de la Corse.

Même si la Corse et les violences qui l’affectèrent constituent l’essence du film.

Même si j’y ai reconnu quelques-uns des paysages de Balagne qui me sont familiers.

Oui, ce sont bien la Corse et les tragiques évènements vieux déjà d’une bonne vingtaine d’années qui lui confèrent sa substance.

Mais Thierry de Peretti ne s’est pas englué dans une narration anecdotique (ou mémorielle).

A travers les quelques personnages si denses qu’il réunit dans les instants insensés lors desquels il fut si difficile à l’observateur de démêler ce qui relevait de l’action politique et ce qui se confinait déjà avec le grand banditisme et l’émergence des pratiques mafieuses, c’est à la dimension tragique qu’il atteint.

Donc à la dimension universelle, la Corse acquérant dès lors le rôle de révélateur.

Il y avait bien longtemps que je n’avais vu un film « politique » d’une telle force, d’une telle qualité.

(Qui me fit penser aux meilleurs de ceux de Costa Gavras…)

Sans doute serait-il dommage que vous vous priviez des presque deux heures d’une immersion au sein d’une société dont la jeunesse s’engagea dans des combats si semblable à ceux que menèrent un peu partout en Europe, tout au long de la seconde moitié du vingtième siècle) tant d’autres belles jeunesses dont il est trop facile aujourd’hui de condamner les égarements.

Sauf à vouloir ignorer les contextes particuliers et leurs lignes générales.

Dont, et pour ce qui concerne la Corse, les survivances du colonialisme franchouillard et tous ses adjuvants.