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Une ville en agonie.

Une ville arrimée au plateau du Larzac plus qu’elle ne l’est à la proche cité qui se veut tentaculaire.

Une ville dont le cœur suinte la misère plus que la pauvreté, parmi les ruelles où le commerce a périclité, là où quelques aventuriers des temps nouveaux, à peine moins démunis que ceux auxquels ils se substituent, ouvrent des boutiques dont les vitrines exhibent les pacotilles censées retenir l’attention des rares chalands.

Une ville qui révèle des opulences passées, quelques demeures bourgeoises qui témoignent de l’existence d’une classe dominante autrefois repliée derrière ses murailles, et tout la grandiloquence dont s’affublaient les Vaticancaneurs comme pour narguer les Parpaillots repliés dans les montagnes cévenoles.

Une cathédrale.

Et le fastueux lieu de vie des Empourprés.

Lodève.

Une ville en agonie.

Si longue.

Si douloureuse.

Une ville à la destinée prévisible, à la périphérie de laquelle des pas trop mal nantis s’offrent pour les vieux jours les illusions du confort intellectuel, dans un environnement écologique irréprochable.

Des contreforts du Larzac jusqu’au lac du Salagou.

Lodève.

Une cité que je fréquente une ou deux fois l’an.

Chaque été, le Musée propose des expositions d’une excellente facture (cet été, « Impressions fortes en 100 chefs d’œuvre »).

Lodève fut le théâtre d’exceptionnelles rencontres de poésie (« Voix de la Méditerranée ») jusqu’à ce que son instigatrice s’en aille vendre son « concept » à une cité maritime un peu plus argentée.

« Résurgence » a pris le relais.

Quatre jours de spectacles : musique, danse, marionnettes, théâtre…

Une atmosphère bon enfant.

Même si, ce dernier vendredi, je me suis senti parfois bien seul dans les ruelles succinctement évoquées ci-dessus.

Une solitude très relative, je le concède, dès que l’on est accompagné par une fillette d’à peine plus de six ans.

Curieuse, réservée, timide, enthousiaste.

Capable d’écouter quelques poèmes qui servent de toile de fond au jeu de marionnettes constituées par des objets de la vie ordinaire.

Mais surtout, oui, surtout, émerveillée par cette fabuleuse Clara et son compère Martial (« Petit princeps »), offrant leur représentation dans la cour d’une école catholique dédiée à ce pauvre cocu de Joseph.

Une pleine heure de belle émotion.

De gros bouillons de sang bien chaud transfusés dans les veines desséchées de la cité agonisante.

Dont les frissons me furent perceptibles.