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Larmes incompressées.

Une nuit d’affligeance.

Un des plus brillants esprits franchouillards venait de se déconnecter de ce monde qui court à sa ruine.

Donc de se déconnecter de nous-mêmes.

J’ai lu tous les articles nécrologiques qui passaient à portée de mon regard.

Non pas ceux que libellent les médiatouilleurs qui se consacrent à ce genre d’exercice, mais ceux que rédigent des tas d’anonymes.

Tel ce gentil garçon, unique survivance de la gauche socialiste en nos contrées languedociennes.

Anonyme, puisque, à peine sorti de l’enfance, sa carrière politique est déjà derrière lui.

Un naufragé du rafiot solférinien.

Mais qui, dans le tumulte de la tempête, trouva tout de même la force d’écrire quelques lignes.

Admirables.

« Loulou, tu nous manques déjà ! »

Des hectolitres de larmes ruisselant jusqu’au Lez, le guilleret fleuve côtier qui traverse la cité dont Phiphi est le maire.

Loulou notre bienfaiteur.

Loulou dont le palpitant cessa de battre le jour où cet homme d’exception, cet entrepreneur hors normes commémorait ses septante et quatre ans.

Ce matin, la Bayletterie a pris le deuil.

Et puis, alors même que mon potentiel de larmaisons venait de se tarir, le nouveau coup de tonnerre.

En fin de matinée.

La mort de Simone.

Annoncée puis aussitôt commentée non seulement par les cohortes de celles et ceux qui s’empressent de regretter la femme dont la grandeur leur fit trop souvent de l’ombre, mais aussi par des bataillons d’anonymes dont l’inculture politique m’afflige, dont les comportements idôlatriques outrepassent mon entendement.

Pauvre Simone !

Ils vous tant aimée.

Toutes et tous.

Oui, ils vous ont tant aimée.

Le deuil leur sied si bien.