La_gauche_bouge

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cher Hyper Grand Maître !

Parmi la multitude des fèces de boucs, j’ai découvert il y a quelques jours que tu déniais à Edwy Plenel le droit de considérer qu’en l’état actuel de la situation politique, le Comte d’Evry, Grand Chambellan de Sa Majesté, était le personnage le plus dangereux, le fossoyeur de la République, bien plus que ne l’est l’étoile montante, la fille à son père, peut-être parricide, mais fidèle aux idéaux du quasi moribond, celle à laquelle les sondages prédisent un brillant avenir.

Il me semble qu’en la matière tu aies quelque peu perdu le sens de l’usage de l’équerre et du compas, et que tu en sois arrivé à privilégier les effets plutôt que la cause de cette pourtant résistible ascension.

Ce que t’indiquait en effet le propos d’Edwy Plenel, c’est que cette ascension relevait des politiques conduites depuis tant d’années par une oligarchie composée d’individus interchangeables mais dont les objectifs leur sont communs : transformer la société en une machinerie soumise aux exigences des Médéfieux.

Et cela, l’électorat que l’on dit populaire l’a bien compris.

Il fut témoin des courbettes auxquelles se livra il n’y a guère plus d’un an le Comte d’Evry devant le Grand Chef des Médéfieux.

Il entendit, tout autant que toi et moi, les mots énamourés que le Grand Chambellan prononça à l’oreille de ce fourbe et de ce faquin, digne fils (lui aussi !) de son papa.

Depuis que Sa Majesté François règne sur le beau pays de France, il a pris la mesure des reniements, des trahisons, du mépris.

Du mépris que lui voue une caste formatée au sein de l’appareil d’état et inféodée à la classe dominante, celle des Puissants.

Je ne jargonne pas, Cher Hyper Grand Maître.

Je te décris en quelques phrases succinctes la réalité vécue et (ou) ressentie par les damnés de la terre.

Lesquels se savent floués : ils avaient voté, en confiant à François leurs suffrages, pour un peu de socialisme, donc un peu plus d’égalité et de fraternité et les voici victimes d’une politique dont seuls les Puissants tirent d’évidents profits.

Ils sont abreuvés de mensonges, gavés de propos « abracadabradantesques » qui visent à leur faire prendre les vessies pour des lanternes.

Réduits à ce qui est assimilable au désespoir, ils refusent désormais d’être les dindons d’une sinistre farce.

Avec les pauvres moyens qui sont les leurs, eux qui n’ont ni médias ni partis politiques pour relayer leur colère, ils désavouent ces politiques injustes dont des gens qui ne sont évidemment pas socialistes se sont faits les « accomplissants ».

Edwy Plenel a raison : les fossoyeurs de la Démocratie et de la République sont bel et bien ceux qui exercent, malheureusement en notre nom, les prérogatives du Pouvoir.

Sa Majesté François et son Grand Chambellan conduisent, à quelques infimes nuances près, une politique qui produit les mêmes ravages au sein des classes populaires, de la classe ouvrière, que ceux qui auraient résulté de la politique conduite par Nicolas (ou l’un ou l’autre de ses clones).

Ce qu’un homme aussi attentif à la Chose Publique que toi, Cher Hyper Grand Maître, aurait dû concevoir depuis fort longtemps.

D’autant plus longtemps que tu te réclames très souvent de l’héritage de Jaurès mais aussi du parti dont l’état de déliquescence favorise les ambitions du Grand Chambellan, pressé d’en finir avec le vieux parti socialiste et de lui substituer une machinerie à sa dévotion, une sorte de fourre-tout électoral qu’expérimente déjà à Montpellier l’indigne successeur de l’Immense Disparu.

Edwy Plenel a raison : la résistible montée de l’extrême-droite ne résulte pas d’une quelconque adhésion de l’électorat populaires à ses idées mais d’abord et avant tout de la façon dont Sa Majesté François et son Grand Chambellan ont en moins de trois ans dilapidé l’héritage de Jaurès.
Alors qu’ils avaient reçu mission de protéger les pauvres, les faibles, les démunis, ils se sont empressés de renforcer les prérogatives des Puissants, sans jamais exiger de cette engeance-là la moindre contrepartie.

Je reconnais toutefois à Sa Majesté François une certaine constance, celle que nous avons toi et moi tendance à oublier en raison des multiples circonvolutions qui furent siennes depuis ces temps si reculés, lorsqu’il opta pour la maison solférinienne plutôt que pour celle des Godillotistes de la Chiraquie.

En 1985, n’avait-il pas commis en l’affectueuse compagnie d’un autre Enarchiant de sa promotion, le sieur Jouyet, et de celui qui est devenu un des plus notoires marchands d’armes au monde, le sieur Le Drian, un opuscule qui révéla en son temps que ceux qui étaient alors des hommes jeunes et impétueux leur passion pour ce que nous appelons aujourd’hui le néolibéralisme.

Donc des avatars de Reagan et de Thatcher.

Je te remets en mémoire quelques phrases clés qui figurent dans l’introduction à ce brillantissime essai qui s’inscrivit dans l’intense campagne conduite alors par les Médéfieux et les Affairistes, moment crucial d’une guerre idéologique destinée en finir une fois pour toutes avec les utopies socialistes et communistes.

« Finis les rêves, enterrées les illusions, évanouies les chimères. Le réel envahit tout. Les comptes doivent être forcément équilibrés, les prélèvements obligatoires abaissés, les effectifs de la police renforcés, la Défense nationale préservée, les entreprises modernisées, l’initiative libérée. »

1985 !

Tout est déjà dit.

Ou presque.

Les Marionnettes formatées par l’appareil d’état laisseront croire durant près de trente ans en leurs approximatives convictions socialistes pour mieux se fondre dans le « réel » dès le mois de mai 2013.

François et les coquins qui tiennent désormais le devant de la scène.

Oui, Edwy Plenel a raison : ces gens-là et leur politique de soumission au credo néolibéral sont la cause majeure de la pourtant résistible ascension de l’extrême-droite.

Il est donc légitime et nécessaire de dénoncer leur malfaisance.

 

A Voce Rivolta !