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Le voilà bien embarrassé, le Grand Métropolitain.

Cette histoire de la désignation de la capitale régionale le met sans dessus dessous.

Toulouse ?

Montpellier ?

L’évidence s’impose aujourd’hui, tout comme elle s’imposa depuis le début du processus : Toulouse.

Avec toutes les conséquences prévisibles, celles-là même qui auraient dû sauter aux yeux de n’importe quel personnage politique doté d’un minimum de bons sens.

Oui, mais à force de manier l’équerre et le compas en dépit de ce bon sens, le Grand Métropolitain se raconta une bien belle histoire, histoire toutefois déconnectée de toutes les réalités : politiques, administratives (qui pèsent bien lourd dans un pays à ce point jacobinisé), économiques et même culturelles.

Phiphi n’a plus qu’à constater les dégâts : dans quelques mois, la ville de Montpellier, sous-préfecture de la nouvelle région (Grolanguedoc ?), connaîtra une conséquente saignée.

Phiphi a pris pour argent comptant les lénifiantes quoique contradictoires promesses formulées par de beaucoup plus puissants que lui, lui qui ne compte quasiment que pour un joueur de pipeau au sein d’un grand orchestre symphonique.

Celles de Manu, frère et camarade, mais dont le regard englobe des horizons infiniment plus vastes que ceux que lui laisse entrevoir la modeste sous-préfecture que l’Immense Disparu voulut autrefois installer au rang de Surdouée.

Celles du Monarque que le Grand Métropolitain visita par deux fois (si ma mémoire ne me trahit pas), un Monarque penché sur de savants calculs dont les résultats lui indiqueront s’il lui sera possible en l’an de grâce 2018 de solliciter, sans sombrer dans le ridicule, un second mandat assorti d’un contrat à durée déterminée de cinq ans.

Celles des notables du parti qui n’est évidemment plus socialiste, cette escouade qui depuis si longtemps conchie Jaurès tout en faisant mine de lui vouer respect et admiration.

Celles des sbires missionnés par un Etat qui n’a d’autre ambition que de servir docilement les Médéfieux.

J’arrête là l’énumération.

Installé à la marge de cette engeance-là, le Grand Métropolitain ne disposait d’aucun atout crédible qui lui eut permis de modifier les rapports de force.

Ses gesticulations dans la compagnie du Grand Connétable de Toulouse, un UMP bon teint, n’auront eu d’autre effet que de créer l’illusion de l’existence d’une communauté d’intérêts entre les deux cités concurrentes et donc rivales.

Sa rencontre avec le Patron de la Dépêche du Midi, ce radis qui cale toujours à gauche, cette rencontre relève des mêmes artifices.

Ignore-t-il, le Grand Métropolitain, que la dite Dépêche du sieur Baylet a d’ores-et-déjà investi le quotidien d’ici, ce Libre Midi qui se dépouillera pour complaire à son nouveau maître d’une centaine de plumitifs ?

En visitant cet infiniment plus puissant que lui, il ne fera que prendre exemple sur certains bourgeois de Calais.

Car il persiste, le Grand Métropolitain.

Il persiste à vouloir jouer dans une cour où il est intrus, un béotien, un mal venu.

Alors même qu’il ne dit plus mot sur la promesse « centrale » de sa campagne électorale de mars 2014 : être un maire de Montpellier «  à plein temps ».

Ce maire à plein temps aurait pourtant disposé du temps nécessaire à la défense de ses administrés, à la rencontre et au dialogue avec celles et ceux qui sont seuls à disposer de l’énergie collective susceptible d’infléchir les rapports de force, les citoyens.

Dans l’exercice solitaire du pouvoir, dans la mise en scène du grand guignol languedocien au château de Castries, cet homme qui se prétend celui du renouveau démontre au jour le jour qu’il n’est qu’une résurgence du passé.

L’Illimitable et la Jouvencelle Centriste ne le sauveront pas du désastre annoncé.