images

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’apparition furtive sur l’un ou l’autre des torche-culs locaux d’une information annonçant le tournage d’un film dans nos contrées languedociennes, cette information-là a suscité en moi des idées de reconversion professionnelle.

Non point pour ce qui concerne ma vieille et donc finissante personne, mais bel et bien envers celle du Grand Métropolitain, dans l’hypothèse, bien sûr, où le suffrage universel s’en viendrait contrarier ses illimitables ambitions.

N’est-il en effet pas judicieux d’imaginer le pire et de proposer à Phiphi autre chose qu’un retour régressif vers l’arrachage de dents ?

Donc le cinéma puisque cet homme-là révèle chaque jour un peu plus d’exceptionnelles qualités de comédien.

Des qualités qui ne sont pas à la ressemblance de celles qui survivent chez Gégé, pinardier exilé du côté de contrées dans lesquelles s’alambique la vodka, ni même celles qui firent la gloire de Raimu.

Il manque en effet à Phiphi le volume, la consistance, la densité de ces glorieux ancêtres.

Je l’imagine plus volontiers tenant le rôle que Philippe De Broca confia à Yves Montand dans une gentillette comédie que le réalisateur intitula « Le Diable par la queue ».

Le rôle d’un aventurier qui s’introduit dans une demeure au seuil de la ruine mais dont il s’essaie à récupérer le peu des menues choses d’un autrefois cossu tout en séduisant les occupants des lieux.

Le rôle de la comtesse de Custine conviendrait fort bien à l’urbanisante adjointe.

Celui du comte de Custine irait comme un gant à ce bon vieux Max.

Mais je doute qu’Hélène daigne accepter celui de la marquise qui fut tenu, dans le film de De Broca, par Madeleine Renaud.

(Il se murmure dans le landernau médiatique montpelliérain qu’à l’instar de moi-même, Hélène regrette d’avoir apporté son soutien puis confié son suffrage à notre Aventurier !)

Reste bien évidemment à compléter la distribution et à trouver un réalisateur du cru, puisqu’il s’agirait d’inscrire ce remake dans le terreau languedocien.

Car l’esprit de conquête du Grand Métropolitain s’enracine dans ce terreau-là.

Je me suis livré ces deux derniers jours, après moult relectures des propos qui lui furent prêtés et dont je fis brièvement état, à une tentative de décryptage de la stratégie imaginée par Phiphi pour étendre ses zones d’influence.

J’en arrive à une conclusion qui pourrait faire naître bien plus que des inquiétudes chez nombre de ceux (plus que celles) qui règnent sur les territoires adjacents ou non au Languedoc-Roussillon.

Dans un premier temps, la conquête selon des méthodes qui firent beaucoup pour la réputation de Simon de Montfort, des principautés qui confondent Languedoc et Roussillon.

Puis, dans un second temps, afin de contourner Jean-Luc le Fourbe, lequel prétend tirer pour lui seul tous les marrons du feu, l’emprise sournoise sur le pays catalan.

Une emprise qui, si l’on observe attentivement les cartes, présenterait l’exceptionnel avantage de réduire la cité de Barcelone à une annexe du Sehr Gross Montpellier, avant que de poursuivre très vite l’avantage et de confiner Madrid, Cadix et Valence aux rôles de banales sous-préfectures d’une Septimanie atteignant alors au maximum de son possible.

Que l’on m’entende bien : Phiphi n’est pas un quelconque Poutine.

Phiphi n’entend pas annexer.

Son vœu est de rassembler autour de sa Superbe Personne des peuplades que les aléas de l’Histoire (y compris l’Histoire napoléonienne) avaient tenues éloignées les unes des autres.

Au terme de ce processus, il ne fait aucun doute que Jean-Luc le Fourbe n’aurait alors plus d’autre recours que de se soumettre et d’accepter de rendre à la belle ville de Montpellier toutes les prérogatives que l’Etat des français de l’autre France se prépare, en cet an de grâce 2015, à lui retirer.

Moyennant quoi, Phiphi n’aurait évidemment plus à tirer le diable par la queue.

Il pourrait dès lors recevoir en grandes pompes la Vieille Canaille Vaticancaneuse, celle-là même qu’il convia à Montpellier, voilà quelques semaines, lorsque Celui qui observa durant la dictature des généraux en Argentine un si pieux silence annonça son intention de visiter sa Fille Ainée (quoique fort décatie), cette France qui s’englue tant et tant dans les marinasseries que ma vieille carcasse en est secouée d’irrépressibles frissons.