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Triste à pleurer.

La Jofrinette du jeudi 15 janvier titrait : « LIBERTE D’EXPRESSION ATTENTION FRAGILE ».

Mais nom de dieu, qu’est-il fait de cette liberté d’expression au sein de la rédaction de ce journal que j’ai tant aimé ?

Ce journal qui est devenu un torche-cul ordinaire, placé sous la tutelle d’un Affairiste qui a racheté un titre sous le seul prétexte qu’il fit rêver tant de femmes et d’hommes de ma génération ?

La Jofrinette, soit donc ce qui fut LIBERATION, s’est lentement, progressivement, pernicieusement transformée en instrument de diffusion de la Pensée Unique.

Sous la houlette d’un Prestidigitateur tout juste capable de faire prendre les vessies pour des lanternes, elle a pris sa place dans cet orchestre symphonique qui interprète les œuvres consensuelles composées par quelque Maître accessoire voué à la cause de cette Pensée Unique.

Sur les questions majeures (politique, économie, international), elle donne l’affligeante impression que les journalistes se sont dessaisis de leurs prérogatives, se contentant de reproduire la prose élaborée dans les cabinets dont les plumitifs traduisent la pensée du Monarque et de son Grand Chambellan, laquelle pensée n’est qu’une resucée de celle qu’élaborent les Maîtres du Grand Désordre Capitaliste.

Dans la réalité, la liberté d’expression n’outrepasse pas la capacité de reproduire servilement ce que ces Maîtres ont édicté.

Il n’est donc point trop ardu de la défendre.

J’ajoute même que cette défense ne comporte aucun risque.

Ce qui n’est évidemment pas le cas pour le peu des rédactions qui persévèrent à afficher leur indépendance et donc leur refus de prendre place au sein de l’orchestre symphonique.

La Jofrinette n’en a pas fini de s’étioler, de dépérir.

Elle s’est reniée.

Elle a rompu le pacte qui la liait avec celles et ceux qui furent ses fidèles lecteurs.

Triste à pleurer, mais bel et bien dans l’ordre des choses que mettent en place les Maîtres du Grand Désordre Capitaliste.