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Le livre se referme.

Cabu.

Wolinski.

Et les autres.

Leurs obsèques, le plus souvent dans l’intimité familiale, du moins pour ce qui concerne les gens de Charlie Hebdo.

Il me sera reproché cette sorte de malséance, mais je l’assume.

Pour avoir été un lecteur fidèle de Hara-Kiri puis de Charlie, je m’étais fait mes préférences.

Donc Cabu et Wolinski.

Puisque d’autres avaient eu la très mauvaise idée de ne pas résister au crabe ou à l’une ou l’autre des saloperies qui nous confrontent à notre extrême fragilité tout autant qu’à notre indurabilité.

Gébé, Reiser, Cavanna…

Le livre se referme.

Mais les dernières pages ne furent-elles pas écrites dès avant le carnage ?

J’entends par là les pages flamboyantes, avant donc que Val ne se fut proclamé Grand Vizir du journal et n’y accumulât ses poncifs tout au long d’éditos rébarbatifs derrière lesquels se laissait entrevoir une approche réactionnaire frôlant souvent l’intolérance.

Cabu. Wolinski. Gébé. Reiser. Cavanna…

Le livre se referme.

Ne restent que des souvenirs, des images dérobées dans les tréfonds de la mémoire collective que concèdent les technologies de ce temps.

Quelques livres aussi, présents sur les rayonnages d’une bibliothèque qui témoignera, l’heure venue, de ce que fut non seulement l’éclectisme de mes goûts littéraires, mais aussi celui de mes recherches, de mes errances, de mes quêtes.

J’écris ces quelques lignes afin d’exprimer mon infinie gratitude à ces pauvres morts.

Ceux qui, en quelque sorte, m’enseignèrent l’impertinence, le refus de la soumission, la passion de la liberté.

Cabu. Wolinski. Gébé. Reiser. Cavanna…

Je prends mes distances non pas avec le carnage mais avec l’affligeante récupération qui s’opère à travers les gesticulations qu’accomplissent sous mon regard amusé ceux qui nous gouvernent et ceux qui n’ont qu’une idée en tête, nous gouverner.

Cabu, Wolinski, Gébé, Reiser, Cavanna ne révéleront plus à leurs lecteurs la médiocrité qui caractérise la caste de ceux qui se disent Grands.

Ne reste que Siné.

Puisse la nouvelle génération assumer le relais, en n’abdiquant rien de la liberté dont ne cessèrent de se revendiquer leurs Maîtres.

Aujourd’hui, je pleure ceux dont l’absence définitive m’est signifiée.

Comme hier j’ai pleuré ceux que le cabre ou d’autres saloperies éliminèrent de mon univers familier.

 

Paix et Fraternité.

 

 « Le niveau de la classe politique (française) baisse en proportion du pouvoir qu’elle perd d’année en année. Et cette baisse de niveau face à des problèmes de plus en plus complexes la rend de moins en moins efficace. Il en résulte que son recrutement se fait désormais parmi les médiocres et les prévaricateurs… »

In « L’emprise »

Marc Dugain

(Gallimard)

 

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