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Nom de dieu, je vous en supplie, foutez-moi la paix.

Débarrassez-moi de tous ces curetons et de leurs évêques, de tous ces imams, de tous ces pasteurs (encore qu’on ne les entende guère, eux), de tous ces rabbins, et même de l’Onctueux Safrané.

Laissez-moi vivre et respirer.

Cessez de tenter de me persuader que parmi toutes ces engeances-là, il serait judicieux, et dans l’intérêt même de la République, de trier le bon grain de l’ivraie.

Foutaises que cela !

Dans ce vieux pays dont les prétendues élites, dont les Grands Maîtres en ceci et en cela proclament que l’Etat et les Eglises sont « séparés », jamais le « religieux » n’a autant empiété sur ma vie privée.

Dans ce vieux pays où des foules innombrables ont déserté l’église, le temple, la mosquée et la synagogue, ce sont des gens censés garantir cette séparation qui réintroduisent chez moi, à longueur de journée, les oraisons de chacun de ceux qui prétendent détenir la « Vérité  Révélée», celle que leur auraient enseigné leurs infantilisantes idoles.

A un point tel que me submerge la nausée.

Je n’en puis plus.

Je vomis.

Les ceux et les celles qui ne croient ni à diable ni à dieu n’existent plus, sont rayés de la carte, réduits à pis que la portion congrue.

Il leur est imposé de prendre pour argent comptant les prêches lénifiants susurrés par des individus qui ne défendent que les intérêts de leur propre boutique.

Alors même que chacune de ces boutiques-là n’a d’autre volonté que d’assurer son hégémonie sur les consciences et qu’elles se livrent depuis des siècles, et pour y parvenir, à des guerres tantôt violentes, tantôt sournoises.

Elles ne préconisent pas la liberté de penser.

Elles n’ont rien d’autre à offrir que la soumission.

Elles génèrent au plus profond de leurs structures respectives l’intolérance.

Puisqu’il est patent qu’une « Vérité Révélée » ne peut être contestée par qui que ce soit et qu’elle doit, à terme, s’imposer en usant s’il le faut du goupillon aussi bien que du sabre.

Laissez les sans dieu, les mécréants, ceux qui ni s’agenouillent ni ne s’aplatissent vivre leur vie comme ils l’entendent.

Si d’autres veulent s’agenouiller ou s’aplatir, c’est leur droit, je ne le conteste pas.

Mais, nom de dieu, qu’ils cessent d’empiéter sur mes espaces privés aussi bien que sur ceux des gens qui comme moi ne croient ni au diable ni à dieu.

La République s’est-elle oui non séparée des églises ?

 

A Voce Rivolta !