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Je suis effondré.

A un point tel que je viens de griffonner quelques mots déjà enfouis parmi la multitude des fèces de boucs.

Je suis effondré par le niveau de connerie (il faut bien appeler les choses par leur nom !) qu’outrepassent des journalistes salariés de ce qui est encore, du moins je le suppose, un service public de l’information (et non du commentaire itératif).

Voilà que s’achève la traque des deux tueurs fous, désormais enfermés dans les locaux d’une entreprise installée dans le nord de la Seine-et-Marne.

Dans quelques minutes ou dans quelques heures, ils seront morts.

De même manière que ce tueur toulousain, lors de l’affaire qui défraya les chroniques voilà deux ou trois ans.

Depuis trois jours maintenant, dès les premières minutes de l’effroyable carnage, j’ai à subir une avalanche de propos qui tiennent plus de la propagande, voire même de l’intox, que de l’information réelle.

Pour dramatique et insupportable qu’elle fût, une telle situation mériterait de la retenue, laquelle suppose la capacité à prendre du recul, à se donner le temps de l’analyse.

Or ces journalistes dépendants n’ont de cesse d’entretenir un climat délétère qui fige la multitude de ceux qui reçoivent les messages (et non les informations) dans une sorte d’état second.

La peur s’insinue dans les esprits.

Cette peur qui est la pire des conseillères.

Des journalistes renient ou ignorent les bases qui constituent la déontologie de leur profession.

Comme si ces journalistes-là se désentravaient de cette liberté dont ils se revendiquent cependant.

Je sonne le tocsin.

En mémoire de celle et de ceux qui furent assassinés : ils n’auraient pas supporté ces égarements, ces contrefaçons, ces mensonges, ces omissions volontaires, cette manipulation des esprits.

(J’avais dès hier soir griffonné d’autres mots vite enfouis eux-aussi parmi la multitude des fèces de boucs. Toujours sur France-Info, un bafouilleur itératif avait impunément affirmé que ce carnage fut le plus sanglant de l’histoire récente de ce pays où le hasard me fit naître. Le sot (ou l’inculte ?) ignora donc la pire tuerie perpétrée à Paris depuis la Commune : les 300 algériens massacrés et jetés en Seine par les sbires d’un Etat dit de Droit, des sbires commandés par un certain Papon. Une tuerie que Cabu, Wolinski, Siné et quelques autres dessinateurs dénoncèrent dans une brochure publiée voici quelques années sous la responsabilité du Comité qui défend la mémoire de ces victimes.)

Les Marinasseries envahissent le ciel.

L’air est déjà irrespirable.