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Je cauchemarde.

Non point en raison des défaillances ponctuelles (et résiduelles) de mon œil gauche.

Celles-là, je m’en accommode.

Mais bel et bien à cause de l’omniprésence des représentations  iconographiques de Phiphi, le nouvel Edile de Montpellier.

Lui qui durant tant d’années rêva d’endosser le costume pourtant bien trop grand et bien trop large pour lui de Celui qui fut son Mentor.

Parvenu à ses fins en dépit des entraves et des coups bas qui lui furent infligés, régnant désormais sur la Ville et la Métropole  (en attendant peut-être que Manu ne l’embarque sur son frêle esquif pour une aventure nationale ?), Phiphi a tout de même pris conscience qu’il souffrait d’un déficit de notoriété susceptible de nuire à ses ambitions.

Je note à ce propos que Dédé la Science, le toujours Président du Conseil Généreux,  lui rappela voici peu une donnée peu ou prou mathématique : si l’ancien adjoint à l’urbanisme puis à la culture sut s’imposer à ses rivaux et ennemis lors d’une joute électorale guère affriolante, les chiffres parlant d’eux-mêmes, il n’obtint alors la confiance que de 16% des électeurs montpelliérains inscrits sur les listes électorales.

Donc rien de triomphal.

Donc l’urgence de donner consistance, le plus vite possible, à cette très relative notoriété.

D’où une surabondance d’images quadricomiques qui permettent aux indigènes dont je suis de découvrir Phiphi dans les contextes  les plus divers, dans les situations les plus incongrues.

Avec ses prénom et nom gravés selon des normes imaginées voilà bientôt deux ans par les Communicants de l’Illimitable.

Au cul d’une benne à ordures lors d’une opération de nettoiement d’un quartier d’ordinaire délaissé.

Devant le nez camus et rosifié d’une rame de tram.

Phiphi.

Phiphi.

Phiphi…

A l’Elysée, penché vers l’Insignifiant Monarque.

Phiphi.

Phiphi.

Phiphi…

Contenant les eaux tumultueuses du Lez lors des crues de septembre et d’octobre.

Phiphi.

Phiphi.

Phiphi…

L’index vengeur tendu vers d’anciens camarades, ceux qu’il entend exterminer dans les plus brefs délais, les ignobles apostats.

La liste des portraits quadricomiques du Potentat Solitaire s’allonge de jour en jour.

D’où mes cauchemars itératifs (quoique fulgurants).

Je m’en vais vérifier si le Canard Enchaîné publie toujours ses relevés hebdomadaires des noms des édiles franchouillards publiant dans leurs bulletins paroissiaux respectifs des multitudes de leurs autoportraits.

Si oui, Phiphi ne devrait plus tarder à pouvoir concourir pour le prix d’excellence.