Fichtre !

Ca se mitraille à deux pas de chez moi !

Avec, tout de même, deux cadavres à la clé !

Promis, juré, je ne sors plus de chez moi qu’avec les attributs indispensables à ma survie : le casque à pointe que mon grand-père Edouard récupéra en 1917 dans une tranchée désertée par une compagnie teutonne (casque qu’il me légua en héritage) et le gilet pare-balles que me confia un CRS avec lequel j’avais sympathisé une nuit de mai 1968.

Phiphi, lui, tape du poing sur le bureau qui fut d’abord celui de notre Hélène.

« Montpellier ne sera pas Chicago ! »

Une sorte d’houspillaison préalable qu’il destine à Nanard, le falot ministre des argousins, lequel aurait promis de rendre visite à mon nouvel édile au cours du prochain mois de septembre.

Chicago ?

Il eut été plus conforme d’établir d’abord, et fort modestement, un parallèle avec la bonne ville de Toulouse.

Phiphi et l’édile toulousain n’ont-ils pas engagé cette semaine un flirt poussé qui pourrait conduire les deux cités à une sorte de pacsaison, préalable à un mariage de raison entre les deux régions dont elles sont les capitales respectives ?

Or, on se mitraille également dans la Ville Rose, de même manière qu’à Montpellier, et sans aucun doute pour les mêmes motifs : la mainmise sur le négoce de la drogue.

De jeunes gens privés d’avenir complètent les maigres revenus du RSA en tenant boutique dans les halls d’entrée des immeubles, au vu et au sus non seulement des argousins mais aussi des témoins innocents, catégorie dans laquelle je me range (en raison de mon grand âge, j’ai renoncé à mes quelques fumettes mensuelles, celles qui me plongeaient autrefois dans un état d’hilarité incontrôlable).

A Toulouse comme à Montpellier.

 

 

(Les sous-larbins du Libre Midi n’ont, eux, aucun scrupule : sur leur site fourre-tout, ils ont greffé une vidéo qui ne montre rien et qui n’explique rien ! Des mouvements erratiques de flics chargés de dissimuler aux regards des passants de sanglantes images. Soit donc le néant de l’information.)

 

 

 

 

Altrad n’a pas perdu de temps.

Le stade Yves du Manoir, dont la construction fut financée par de l’argent public, porte déjà le nom du fringant milliardaire.

Déjà, puisque l’affaire fut négociée avec Phiphi début juillet.

Alors que le 31 du même mois, l’Agglo a voté une subvention de 300 000 euros, une  très modeste obole accordée au club de rugby dont le sieur Altrad est par ailleurs le seul maître à bord.

Un honnête homme aux mérites à ce point immenses que la République, bonne fille reconnaissante, l’élèvera au cours des prochaines semaines au grade d’officier de la Légion d’honneur.

Ici, à Montpellier, bien sûr, et en présence d’un certain Rafarintintin.

 

 

 

 

Mon pauvre Jaurès, j’y perds le peu de ce qu’il me restait de latin.

Le 31 juillet (toujours !), cent ans tout juste après que tu aies été assassiné, Phiphi, en solitaire, déposa sa gerbe aux pieds de ta statue.

Puis ce fut le tour du « patron » de la fédération héraultaise de ce qui n’est plus le parti socialiste.

Te rends-tu compte, Jaurès, un patron !

Inconcevable pour de vrais socialistes !

Mais pour de prétendus socialistes dont les faits démontrent qu’ils ne sont plus du tout socialistes, tout est devenu possible, y compris les plus invertueuses des trahisons !