Faut-il sauver du naufrage « Nice-Matin » et ses avatars ?

Faut-il verser cette obole qui ne rendra pas plus exigeant le lecteur (ou la non/lectrice qui comme Marie-Georgette ne feuillette qu’exceptionnellement l’hersantouillerie sudiste) ?

J’ai répondu que non.

Une réponse qui m’a valu quelques remontrances libellées par de très vieux (mais pas encore cacochymes) confrères qui continuent de feindre de croire en la noblesse et la grandeur de leur prétendue mission.

Il n’existe pas, contrairement à ce qu’ils affirment, de pluralisme de la presse.

Tout se joue en effet sur les nuances, d’infimes nuances.

Mais toute la presse, à de très rares exceptions près, se fabrique dans le même moule et reproduit, sur les questions fondamentales, les mêmes argumentaires.

La presse est vassalisée par les Médéfieux.

Les journalistes, dans leur immense majorité, se contentent d’endosser les attributs qui siéent d’ordinaire aux valets.

En tout premier lieu au sein des « grands » médias audiovisuels, machineries monolithiques alimentées en carburant idéologique par les centres de propagande contrôlés par les Médéfieux.

Mais aussi dans tous ces journaux qui constituent ce que l’on continue à appeler « presse écrite », une presse comateuse et soumise, elle aussi, à l’arbitraire des Puissants.

Si j’avais pris le temps d’additionner quelques phrases sur l’opération « pièces jaunes » lancée voilà quelques semaines par une alerte nonagénaire qui exprima son désir d’accorder une ultime chance au quotidien des « miss Corse et Côte d’Azur », c’est que me tarabustait déjà certain questionnement.

En vertu de quelle échelle de valeurs serais-je aujourd’hui dans l’obligation d’accorder ma considération à un quotidien qui, durant la période où je l’ai lu chaque matin (celle de mes vacances corses), dénigra chacun des mouvements sociaux qui perturbaient et enjolivaient alors notre si morose pays (SNCF, intermittents, SNCM) ?

Des laquais explicitaient alors dans les colonnes de leur journal l’essentiel de la pensée Hollando/Médéfieuse, allant même jusqu’à l’outrepasser comme dans cet édito auquel je fis référence dans mes chroniques corses.

Et si émergeait ici ou là une pensée contradictoire, elle était aussitôt submergée dans le fatras des contre-vérités assénées par des interlocuteurs prétendument sérieux et responsables, à savoir les naufrageurs de la SNCM.

La presse quotidienne, celle-là, si vile et si méprisable, mais aussi la quasi-totalité des titres nationaux comme régionaux, ne sont que des relais d’une idéologie totalitaire, puisque les moyens qu’elle met en œuvre n’ont d’autre objectif que d’assurer la pérennité du système.

Ce qui m’attriste, ce qui m’afflige, c’est la soumission des journalistes, leur complicité avec les tenants du système, leur aveuglement, leur veulerie, leur incapacité à donner du sens à ce pluralisme dont ils se réclament.

Ils ont, collectivement, failli à leur mission.

Il n’est donc pas étonnant qu’ils soient abandonnés par leurs lecteurs, beaucoup moins dupes qu’il n’y paraît.

Le sujet mériterait sans aucun doute de plus longs développements.

Dans l’instant, je me borne à sonner le tocsin.