A l’heure de mon second petit noir, celui dont j’ai besoin qu’il me brûlât l’arrière-gorge, mon interlocuteur du moment introduisit comme une confidence dans notre conversation.

Une conversation qui tournicotait, sans la moindre braise de passion, autour des prochaines élections municipales.

« Savez-vous que quelques-uns des amis de Nicolas Sarkozy, des gens d’ici, avaient suggéré aux instances de leur parti de désigner une tête de liste étrangère à notre marigot ? »

Un instant de silence, le temps de savourer une gorgée de petit noir.

« Oui, cher monsieur. Et devinez quelle personnalité semblait recueillir leurs suffrages ? »

A cours d’imagination, je donnai aussitôt ma langue au chat.

« A MAM, cher monsieur. »

MAM ?

Ah oui, MAM !

La noblesse incarnée, la générosité faite femme, cette ministre de notre raie publique, cette forte en gueule qui lors des premiers jours de ce que nos esprits les plus éclairés appelèrent la « Révolution de Jasmin » s’empressa d’offrir au Tyran en voie de déchéance les armes capables de mater un peuple en quête de son émancipation !

MAM plutôt que le Ratatinable !

Une idée géniale !

Une femme à poigne, familière de l’exercice des fonctions régaliennes !

En lieu et place du Ratatinable, malheureux ectoplasme politique qui va de défaite en défaite dès lors qu’il ambitionne de régner sur cette cité qui ne le désire pas.

Bon, a priori, du sable s’insinua dans les engrenages et MAM ne conduira pas en la bonne ville de Montpellier la liste de cette droite qui se sent mieux représentée par le Transitoire que par un praticien de haute volée.

Lequel rumine déjà l’argumentaire grâce auquel il fera avaler à ses pairs l’amère désillusion de son antépénultième défaite.

 

 

 

 

C’est d’un sinistre !

Oui !

Le patchwork tricoté en toute hâte par les conseillers du Transitoire et qui sert de programme culturel à ce Tout Petit Homme.

De la grisaille.

Sans le moindre risque.

Ne pas toucher aux institutions pour une évidente raison : les noms de la plupart des Institutionnels figurent dans les listes de ses soutiens, à lui, le grouillot qui a reçu mission de préparer le prochain règne de Fifille.

Un méchant coup dans les tibias des organisateurs des ZAT, assortie de ces nuances de démagogie avec en particulier la référence au recours aux artistes locaux et les sournoises attaques sur les dépenses fastueuses.

Une liste non exhaustive de prétendues propositions qui s’inscrivent dans la continuité des si nombreuses activités qui font les délices de Montpellier.

Pas le moindre souffle.

Pas le moindre élan.

Quelque chose à l’image du personnage : terne.

De quoi se montrer vigilant dans l’hypothèse où cet homme-là atteindrait à une fonction beaucoup trop lourde pour ses fragiles épaules.

D’autant que les mercenaires qui l’accompagnent et le conseillent ont révélé de fantastiques aptitudes à exterminer celles et ceux qui font obstacle à leurs ambitions.

 

 

 

 

Rien à voir avec Montpellier.

Mais à chaque fois que s’ouvre ma fibrilleuse page « Orange », je me confronte au portrait de Fafa (c’est fou ce qu’il ressemble désormais à Giscard !).

Un Fafa va-t-en-guerre.

Près à découdre avec Vladimir.

Il est vrai que les glorieuses opérations conduites ces derniers mois en Afrique par notre Grand Chef des Armées, notre Monarque Bien Aimé, autorisent tous les espoirs.

Comme d’en finir une fois pour toute avec Vladimir, ce sinistre personnage qui porte en lui toutes les pires tares de la pire des humanités.

Il est couillu, notre Fafa.

(Dont je rappelle qu’il fut ici même en odeur de sainteté, en ces temps déjà lointains où le Pizzaïophage accomplissait sans sourciller les basses œuvres commanditées par l’Imperator !)

Si couillu qu’au terme de l’exercice de son mandat, je suis convaincu qu’il sera parvenu à reconstruire l’empire colonial franchouillard dans sa quasi-totalité.