Les forçats de la route transitent par Montpellier. Où ils flanquent une pagaille qu’en d’autres circonstances nos édiles et leurs suppôts jugeraient indécente. Mais les dits forçats ont droit, eux, à tous les égards. Il est vrai que dans le peloton de ces jeunes et fringants garçons tant et tant sont affectés par des maux sournois susceptibles d’obérer leur devenir qu’il vaut mieux leur appliquer le principe de charité. Laquelle a bien évidemment un prix. Assez élevé semble-t-il. Mais que ne ferait pas le contribuable nourri aux grandes valeurs humanistes pour sauvegarder la bonne santé de ceux qui régalent la France de leurs fantastiques exploits sportifs.

C’est vrai : j’ai remis le pied sur le continent l’humeur chagrine, l’humeur mauvaise. Conscient qu’une autre vie est possible loin, bien loin des tréteaux de la société du spectacle. Loin du tintamarre que le Grand Orchestre de la Médiatouillerie, tambours, cymbales et grosses caisses amplifie via tous les réseaux mis à sa disposition. D’où l’incapacité dans laquelle je me trouve de faire preuve discernement.

C’est ainsi que je faillis me laisser mener en Batho. En compagnie de Delphine. Dont quelques-uns me laissèrent accroire que la dite Delphine fut la victime d’un règlement de compte à relents machistes. Alors même que Delphine n’a rien fait d’autre que tenter de sauvegarder sa brillantissime carrière politique. Tandis que le pédalo de notre malheureux Monarque prend l’eau de toute part et qu’il est désormais envisageable de croire à l’imminence de son naufrage. Delphine qui, de toute évidence, n’avait pas le pied marin a préféré se jeter à l’eau et regagner la côte à la nage. Ce qui dénote, je le concède, une personnalité au caractère bien trempé…. Delphine ne fut que très anecdotiquement écologiste. Quasiment muette sur les grands dossiers : le nucléaire, les gaz de schistes, entre autres. La voici désormais, nouvelle Madone prête à se sacrifier pour la belle cause du socialisme. Désentravée de ses tutelles ? Laissez-moi rire !

Et l’Egypte ? Depuis plus de deux ans, la Médiatouillerie hymnouille sur les Révolutions de ceci, les Printemps de cela, la Démocratie à marche forcée avec les conseils éclairés des occidentaux (et des franchouillards en tout premier lieu). La Médiatouillerie symphonise sur un mode wagnérien (lequel Richard symphonisa de manière fort détestable). Et puis, patatras. A Tunis. Au Caire. Voici donc qu’en Egypte, les militaires chassés voilà à peine plus d’un an par la grande porte du palais présidentiel se réintroduisent par le vasistas des WC entrouvert par quelques-uns de ceux qui manifestèrent contre la dictature islamiste (je simplifie à l’extrême, c’est vrai). Sûr et certa   in : je ne puis croire en la bonne foi de la soldatesque égyptienne. Le Peuple égyptien lui rend ce qu’elle avait dû céder lors de la précédente « Révolution » : le Pouvoir. Ce Pouvoir dont elle usa et abusa, dont elle entend de nouveau user et abuser. En laissant un peu de temps au temps, afin que s’apaisent les esprits et que s’estompent les illusions.

J’ai remis le pied sur le continent, l’humeur chagrine, l’humeur mauvaise.