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Après Flatulences de France, la Bonne Fée Electricité!

Lundi 24 janvier, alors que je regagne mon domicile sis dans une rue qui porte le nom d'un preux et vaillant manieur de sabre, mon chemin croise celui d'un jeune homme encasqué.

Un agent d'exécution.

Chargé de couper l'électricité à l'arrivée du compteur qui m'a été affecté.

Non pour défaut de paiement.

Mais en raison de mon inexistence.

Alors même que je me gave de l'électricité fournie par la Bonne Fée depuis quatre bonnes semaines.

Mais voilà: je n'existe pas.

Je n'existe pas aux yeux d'une entité capitalistique à laquelle je n'avais jamais eu affaire auparavant: ERDF!

Pour faire court: non répertorié.

Ainsi donc, l'ancien service public fut scindé en deux entités distinctes: celle qui fabrique et vend l'électricité (la Bonne Fée) et celle qui "transporte" la dite électricité (ERDF).

Deux entités qui n'ont ni l'une ni l'autre pignon sur rue à Montpellier, du moins si je m'en réfère aux pages, blanches ou jaunes, de l'annuaire.

Lorsque, après avoir décroché de mon téléphone, je fus mis en communication (au terme de sept longues minutes d'attente) avec la Bonne Fée, j'ai enfin compris pourquoi l'agent exécuteur d'ERDF s'était présenté à mon domicile pour accomplir un acte irrémédiable.

La scission!

Chacune des sociétés capitalistes évolue pour elle-même.

L'ancien usager (devenu client selon les règles inexorables du capitalisme) dont chacune des deux entités connaît l'identité est considéré comme quantité négligeable.

Même pas un cochon de payant.

Non, j'exagère: la Bonne Fée à la voix si sensuelle sut faire vibre certaines des cordes destinées à traduire mes émotions les plus intimes.

Sauf, tout de même, qu'il lui manquait l'accent languedocien.

Alzheimer? Bousculé, renversé, retourné par ces si belles émotions, j'ai oublié de demander à ma matutinale Bonne Fée où se trouvait le centre d'appel qui m'avait mis en communication avec elle.

 

 

COMEDIE

 

L'information ne fut guère commentée.

Et pourtant....

Selon, oui, selon un sondage, Titine flanquerait une tannée à l'Efféministe si, par un quelconque hasard, les militants socialistes avaient à désigner le meilleur de leurs candidats à la Grande Farce Présidentielle.

Un résultat sondageouilleux encourageant: il resterait donc, au sein du parti socialiste, une majorité de militants qui continue à se situer un peu à gauche (plutôt que pas du tout à gauche!)

Un résultat qui ne concerne ni la ville ni le département où je réside: il n'y reste plus de militants socialistes.

Je veux dire de militants concernés par les questions du socialisme.

Car à quoi bon se prétendre socialiste si on n'est pas animé par le désir de "faire" un peu de socialisme?

Ici, on s'étripe.

Ici, on moutonne de Panurge.

Derrière des bergers qui ont la désenvergure d'un certain Navarro ou de Dédé la Science.

Affligeant!