Voilà....

Oui, voilà....

Gisèle.

Guy.

Deux bébés.

Duveteux à souhait.

Le bec large ouvert.

Feuilleton (suite)

Gloutons.

Ca s'empiffre des nicolineries ordinaires.

Gisèle, née voilà onze jours.

Et Guy, sorti de l'oeuf voilà neuf jours.

Soeur et frère.

Le portrait craché de Raymond.

Deux gourmands qui avalent, et l'une, et l'autre, les sardines aux herbes de Provence.

(Marque Carrefour....)

Le cadeau.

Mon cadeau.

Ma façon à moi de leur rappeler que leurs ancêtres palavasiens ne se nourrissaient que de poissons.

Du moins, c'est ce que je feins de croire.

Car il me suffit d'observer Germaine pour comprendre que cette oiselle, à l'instar de ses congénères, se comporte comme une vile charognarde.

Des comportements inscrits dans ses gènes depuis des temps immémoriaux, quoi qu'elle prétende.

N'ai-je pas trouvé, autour de la nurserie (plus communèment appelée "nid"), les reliefs d'une bonne demi douzaine de carcasses de poulets, ceux de deux côtes de porcs et une multitude d'osselets aux origines indéterminables?

Germaine vagabonde.

Pour la bonne cause: chercher une pitance qu'elle doit disputer à ses congénères dans les rues d'une cité dont les habitants ont oublié les fondements de la charité chrétienne.

Les fragments éparpillés d'un cornet de glace.

Trois moules marinées dans du vin de Moselle.

Deux frites racornies.

Un zeste de pomme de terre.

Une gaufre dégaufrée parsemée de ce qui paraît être du Nutella.

Quoi d'autre encore?

Les pages 37 et 38 du chef d'oeuvre que Christian Jeanjean publia au printemps 2009: "Vous aimez le Languedoc-Roussillon? Moi aussi."

Un préservatif égaré sur la digue.

L'entassement des petits riens.

Ceux que se diluent dans le gésier de Germaine et qu'elles restituent ensuite à ses deux enfantelets.

Germaine s'est absentée.

J'assume à titre bénévole les fonctions de nounou.

Gisèle est le protype même de la fillette affectueuse.

Trop affectueuse à mon goût.

Prompte à se nicher dans mon giron.

Stérile, comme de bien entendu, le dit giron.

Guy, quant à lui, se remet à peine d'une naissance prématurée.

Certes, il bouffe.

Il bouffe, puis il chie.

Comme sa soeur.

Mais il peine encore à se redresser sur ses deux pattes maigrelettes.

De toute évidence, son poids le handicape.

Tout autant que lui font perdre son fragile équilibre les résidus vinasseux d'une récente feria.

Voilà pas plus tard qu'hier, Germaine me confia: "Celui-là, il revient de loin! J'ai dû briser la coquille. Il me faisait un arrêt respiratoire. Mais une mère, n'est-ce pas, une mère ressent les imperceptibles signaux de détresse que lui adresse sa progéniture...."

Et le troisième oeuf?

Vide!

Vide de vide!

Raymond ne féconda que deux fois.

Alors qu'Edouard, lui, du temps de sa splendeur.....

Mais Germaine refuse d'épiloguer.

Elle assume son nouveau statut: mère célibataire.

Un peu comme si elle avait fait deux bébés toute seule.

Edouard, selon les mauvaises langues, séjournerait à nouveau du côté de la zone naturiste du Cap d'Agde.

Malgré le déplobarable état sanitaire de son cloaque.

Je suis, pour quelques minutes encore, la nounou des Gisèle et de Guy dont l'avenir s'écrira au rythme des saisons.......