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(Communiqué de presse – Jeudi 15 avril)

Xynthia : des zones rouges pour éviter une colère noire

Ce matin, à La Rochelle, plusieurs ministres, dont Jean-Louis Borloo, ont présenté les modalités d'application des zones noires. Réaction de FNE.

Une loi ordinaire qui prouve son efficacité 

La loi intègre déjà des mécanismes pour délimiter les zones non constructibles : les zones « rouges » incluses dans les plans de prévention des risques naturels prévisibles (PPRNP). L’Etat est tenu de créer ces plans, qui contiennent notamment des plans de préventions des risques d’inondation et de submersion (inondation par la mer). A la différence des zones noires, les plans de prévention des risques naturels prévisibles sont élaborés à partir d’une concertation avec les communes et la population, notamment via des enquêtes publiques. Et il est possible de les élaborer en urgence.

Eviter les traumatismes d’une action à la hussarde
« Face à des décisions aussi sensibles, pourquoi l’Etat a-t-il préféré créer un nouvel outil, plutôt que de s’appuyer sur ceux existants ? », s’étonne Christian Garnier,
« Si ces outils ont été inventés, c’est entre autre pour éviter le traumatisme lié à une action martiale.»

L’information la plus large et la plus exhaustive permet de responsabiliser les personnes exposées aux risques et s’avère indispensable face à l’oubli des catastrophes.

Et le reste des côtes ?
Benoit Hartmann, coordinateur du pôle Aménagement Durable du Territoire de FNE, pointe une autre faille : « La tempête Xynthia aurait pu frapper 10 kilomètres plus au Nord ou plus au Sud. Traiter les seules zones sinistrées n’est pas suffisant, il faut anticiper les dégâts humains et matériels tout le long du littoral, et également dans les zones de submersion moins évidentes, plus à l’intérieur des terres ! »


Deux ans pour prendre nos responsabilités et prévenir plutôt que de tenter vainement de guérir
FNE, par la voix de son président Bruno Genty, demande aux députés et au Gouvernement de tirer toutes les conséquences du drame et de profiter du vote du Grenelle II en mai pour prendre deux mesures :

1. Intégrer dans la loi Littoral un troisième pilier, la prévention des risques naturels en élargissant la bande des 100m inconstructibles
2. Généraliser les plans de prévention des risques d’inondation d’abord sur le littoral, puis le long des voies d’eau, chenaux et étiers sur la bande littorale et enfin sur l’ensemble du territoire, DOM-COM compris, dans un délai de deux ans, faute de quoi des sanctions financières devraient être prises, assorties d’un retrait de compétence en matière d’urbanisme et d’aménagement.

(Texte utile à la réflexion, non? En particuliers pour celles et ceux qui continuent à ignorer le rapport du BRGM!)