Palavazouilleries

Ce blog s'est voulu éphémère. Il rebondit. Avec pour mission d'éclairer, d'informer sur ce qui se passe à Palavas. Donc d'enquêter, de mettre à nu un système qui repose sur le népotisme.

13 novembre 2009

Assauts de la mer

Ce blog est revenu plusieurs fois sur les risques dits naturels (inondations, montée des eaux de la mer, tsunami) susceptibles de mettre en péril la commune de Palavas et ses habitants.
Ce vendredi 13 novembre, l'émission Thalassa (FR3 20h35), abordera le dossier de la montée des eaux de la mer. Depuis Copenhague  (où se tiendra du 7 au 18 décembre la conférence de l'ONU sur les changements climatiques), Georges Pernoud ouvrira, entre autres, le dossier: "Marée haute sur la France: la montée du niveau de la mer, qui pourrait augmenter d'un mètre d'ici 2010, modifiera le littoral français de manière inquiétante."
Je greffe à cette succincte présentation un article (Les Infos Vertes jeudi 12 novembre 2009) dont la lecture est édifiante:

Le Languedoc-Roussillon sous la menace grandissante des assauts de la mer
HPIM4387

80 000 personnes, 140 000 logements, 10 000 entreprises dans une zone à risque pour des dégâts estimés entre 15 et 30 milliards d'euros à l'horizon 2100

Le magazine Thalassa (France 3) consacre demain son émission aux risques que l'élévation du niveau de la mer, due au changement climatique, fera courir aux côtes françaises.

Un sujet porte sur la situation du Languedoc-Roussillon, une région qui sera de plus en plus menacée par le risque de submersion marine : en clair, l'inondation du littoral par la mer, notamment lors de violentes tempêtes.

Le Languedoc-Roussillon en première ligne
Comme vient de le rappeler le dernier rapport de l'Observatoire national des effets du réchauffement climatique, le Languedoc-Roussillon risque de subir des dégâts considérables.

Sous l’hypothèse d’une élévation du niveau marin d’1 mètre, 140 000 logements et 80 000 personnes (contre 15 000 logements aujourd’hui) ainsi que  10 000 établissements (employant 26 000 salariés) sont situés dans une zone affectée par un aléa submersion définitive ou érosion d’ici 2100 dans la région Languedoc-Roussillon

"En l’absence d’une politique de gestion du trait de côte  le coût des dommages liés aux aléas « submersion permanente » et érosion est estimé entre 15 et 35 milliards d’euros pour la seule région Languedoc-Roussillon", écrivent les experts de l'Onerc.

230 km de littoral régional
Le littoral régional s'étale sur 230 km de côte, indique l'Observatoire régional des risques naturels en Languedoc-Roussillon, créé par le conseil régional :

  • 52 % de rivage, constitués de sable, sont plus particulièrement exposés à l'érosion (24% actuellement non traité, 28% géré),
  • 16% de rivage, formé de falaises, sont exposés à 'érosion dans une moindre mesure,
  • 7% de rivage sont en accrétion (en croissance),
  • 25% de rivage sont en équilibre ou indéterminé.

Deux départements sont plus particulièrement affectés par l'érosion, il s'agit en premier lieu de l'Hérault, puis du Gard.

Des tempêtes dévastatrices
Plusieurs tempêtes (novembre 1982, décembre 1997, novembre 1999, décembre 2003) ont vu la mer pénétrer violemment dans les zones urbanisées avec des surcotes de 1,50 m à 1,70m.

On imagine les dégâts causés avec une élévation future du niveau de la mer d'un mètre sur les stations balnéaires et les zones urbanisées construites à proximité immédiate de l'eau.

Jusqu'ici, la prise en compte de ce risque a été défaillante dans la région. Faute d'approche globale, chaque commune se défend comme elle peut contre l'attaque de son littoral : digues, enrochement, épis apportent une protection provisoire mais qui ne fait souvent qu'aggraver le problème un peu plus loin.

Une approche globale s'impose peu à peu
Les choses sont en train d'évoluer.
Les communes menacées sont aujourd'hui contraintes d'intégrer le risque de submersion marine dans leurs plans de prévention des risques (PPR), ce qui devrait désormais empêcher d'urbaniser dans les zones les plus exposées.

Mais que faire pour protéger ce qui a déjà été construit ?
La Région s'est engagée dans une approche globale des risques naturels.
D'ici 2013, 150 millions d'euros seront consacrés à la protection des zones urbanisées.

Faudra-t-il évacuer Palavas ?
Mais il est certain que tout le littoral ne pourra pas être protégé, la mer regagnera du terrain, les habitants devront reculer.
Déjà, l'opération d'aménagement du lido de Marseillan a été marquée par le recul de la route plus loin dans les terres.

A l'avenir, des choix douloureux devront être faits et l'Observatoire régional des risques naturels évoque la perspective de futurs "déplacements de populations".

Faudra-t-il évacuer en partie Palavas, Valras ou Argelès ?
Qui prendra en charge les coûts liés à l'abandon des logements, des entreprises, des commerces, des infrastructures qu'entraînera inévitablement l'aggravation du phénomène ?

Même si cette perspective semble encore lointaine, la question devrait déjà être à l'ordre du jour.

Pour en savoir plus, le rapport de l'Onerc et le dossier de l'Observatoire régional des risques naturels.

 


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